Le ministère de la Culture juge "prématurée" une réforme des éditeurs

Guillaume Champeau - publié le Lundi 03 Janvier 2011 à 18h15 - posté dans Société 2.0

Alors que le droit des contrats d'édition est totalement dépassé par l'évolution des technologies, le gouvernement refuse pour le moment d'envisager une réforme législative.

Dépêchons-nous d'être en retard sur l'évolution technologique, et de nous laisser dépasser par les pratiques avant de réagir, peut-être. C'est en substance le message adressé aux auteurs par le ministère de la Culture, qui a répondu à de nombreuses questions posées ces derniers mois par différents députés, au nom du Syndicat national des auteurs et compositeurs. Ces députés s'inquiétaient du contrat d'édition, encadré par la loi en France depuis 1957, et qui n'a jamais évolué depuis, alors qu'il est totalement inadapté à l'édition numérique. 

En effet, la section du code de la propriété intellectuelle consacrée aux contrats d'édition paraît aujourd'hui totalement anachronique. Il oblige par exemple l'éditeur à "fabriquer ou faire fabriquer des exemplaires de l'oeuvre", à "indiquer le nombre minimal d'exemplaires constituant le premier tirage", à communiquer à l'auteur un état des ventes avec "le nombre d'exemplaires fabriqués en cours d'exercice et précisant la date et l'importance des tirages et le nombre des exemplaires en stock", etc.

En signant un contrat d'édition, l'auteur cède à l'éditeur les droits sur son oeuvre, mais en contrepartie l'éditeur doit "assurer à l'oeuvre une exploitation permanente et suivie et une diffusion commerciale". Ainsi si l'éditeur n'assure pas son travail d'éditeur, l'auteur peut casser le contrat et aller voir ailleurs.Cette faculté est consacrée par l'article L132-17, qui dispose que "la résiliation a lieu de plein droit lorsque, sur mise en demeure de l'auteur lui impartissant un délai convenable, l'éditeur n'a pas procédé à la publication de l'oeuvre ou, en cas d'épuisement, à sa réédition".

Mais dans l'univers numérique, quand est-ce que l'éditeur est réputé avoir "publié l'oeuvre" et assuré une "exploitation permanente et suivie" du livre électronique ? Sachant que l'éditeur ne peut "apporter à l'oeuvre aucune modification", cela interdit-il aussi les liens hypertextes ou l'ajout de bannières publicitaires ? L'éditeur a-t-il le droit de proposer ses livres sous forme d'abonnement à son catalogue plutôt que par vente à l'exemplaire ?

En guise de réponse, le ministère de la Culture botte en touche et donne un répit aux éditeurs. Il juge que les principes fixés en 1957 "sont toujours d'actualité et doivent conduire tout particulièrement l'éditeur à (...) respecter son obligation d'exploitation de l'oeuvre afin de lui donner toutes ses chances de succès auprès du public".

"Ces principes sont adaptables aux évolutions technologiques par le simple fait d'ajustements des pratiques contractuelles existantes. Il serait prématuré de faire évoluer ce cadre légal sans avoir de connaissance précise des modèles économiques qui caractériseront l'exploitation du livre numérique", ajoute-t-il. Le cabinet de Frédéric Mitterrand dit souhaiter "laisser sa chance à la négociation interprofessionnelle", avant toute régulation. Des discussions doivent d'ailleurs s'engager avec le Syndicat national de l'édition dans les prochaines semaines.

Publié par Guillaume Champeau, le 3 Janvier 2011 à 18h15
 
 
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Commentaires à propos de «Le ministère de la Culture juge "prématurée" une réforme des éditeurs»
 
Mouais, il était plus convaincant en tant que romancier... :siffle:
normal un bon vieux procès rapportera plus et pourrait même les relancer ! alors pourquoi changer pour gagner moins ? forcément...on garde les vieilles lois pour les vieux cons qui se savent meme pas ouvrir un Reader... afin de proteger 40 générations de baltringues qui feront la fetes a Ibiza avec les sous que ca rapporte.

ayant droit, voilà ce que vais demander a mes enfants de faire plus tard, un metier d'avenir !
Erreur dans le titre "Le ministère de la Culture jugé "prématurée" une réforme des éditeurs" "à jugé prématurée" ou "juge prématurée".

Sinon le cabinet du ministère de la culture on l'a connu beaucoup plus actif notamment dans des domaines ou il aurais pu botter en touche et qu'il ne l'a pas fait. Et personnellement je sent qu'il va y avoir des procès avant qu'un gouvernement se prononce à ce sujet, peut être attende ils cela avant de se prononcer.

ps: un peu d'humour, mais Mitterrand était plus actif quand il écrivais et je dirais même doublement plus actif au niveau de la Thaïlande ...
caline012, le 03/01/2011 - 19:49
Erreur dans le titre "Le ministère de la Culture jugé "prématurée" une réforme des éditeurs" "à jugé prématurée" ou "juge prématurée".
"a jugé", et pas "à jugé".
Excellent ce besson : "Il serait prématuré de faire évoluer ce cadre légal sans avoir de connaissance précise des modèles économiques qui caractériseront l'exploitation du livre numérique"

Remplacer "du livre" par "de la musique" pour pleurer encore un coup
EDU, le 03/01/2011 - 18:21
normal un bon vieux procès rapportera plus et pourrait même les relancer ! alors pourquoi changer pour gagner moins ? forcément...on garde les vieilles lois pour les vieux cons qui se savent meme pas ouvrir un Reader... afin de proteger 40 générations de baltringues qui feront la fetes a Ibiza avec les sous que ca rapporte.

ayant droit, voilà ce que vais demander a mes enfants de faire plus tard, un metier d'avenir !

Ah non,un métier qui n'a plus d'avenir,au contraire...^^
quel rapport avec besson ?

à mon avis, il a raison de favoriser la négociation interprofessionnelle d'abord. un texte législatif donnerait une chance aux vieilles maisons d'édition croulantes. Là les entrepreneurs ont la main.
à mon avis, il a raison de favoriser la négociation interprofessionnelle d'abord. un texte législatif donnerait une chance aux vieilles maisons d'édition croulantes. Là les entrepreneurs ont la main.


Moi je vois pas ça comme ça.

Quand tu vois ce que les "négociations inter-professionnelles" ont donnés dans le cadre des sites musicaux vs. les majors , avec les énormes dérives dont numérama s'est fait l'écho, et qui ont abouti a la situation actuelle ou la situation n'est profitable pour personne sauf les avocats des majors....

Le problème de dire: "On ne fait pas de lois, les gens vont s'entendre" , ca suppose que les gens en question sont de bonne composition et qu'ils essayent d'avancer ensemble. Or, là, on est, dans le domaine culturel, avec des gens qui regrettent très très fort les années 1980 et qui font tout pour y revenir. Et ces gens sont un rouage de l'ensemble, autant nécessaire que les autres.
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