La consommation légale de contenus et le piratage ne sont pas nécessairement antinomique. La récente enquête menée par Valve à propos des logiciels installés sur les machines des joueurs tend à le confirmer. Près d'un joueur sur trois dispose d'un logiciel P2P.

Le 12 mai dernier, Valve lançait officiellement Steam sur Mac OS X. Un mois plus tard, le studio publiait une enquête sur l’équipement matériel moyen des joueurs sous Windows et sous Apple. À l’époque, les conclusions avaient fait couler beaucoup d’encre. En effet, les statistiques tendaient à donner un léger avantage matériel aux joueurs sous Mac, par rapport aux joueurs PC.

Dans une nouvelle étude conduite en juillet auprès de joueurs volontaires, Valve a révélé cette fois des statistiques liées aux logiciels installés sur les machines. Si Steam est définitivement hors-concours dans la mesure où l’enquête s’est tournée exclusivement vers les joueurs fréquentant la plate-forme de contenus de Valve, d’autres résultats sont assez intéressants.

À commencer par la forte popularité de µTorrent chez les joueurs. Selon les données de Valve, 29,41 % d’entre eux ont le logiciel installé sur leur poste. Si d’autres solutions sont représentées dans le classement, elles sont largement moins populaire que µTorrent. Nous retrouvons notamment BitTorrent (5,28 %), Vuze (4,37 %) et BitComet (2,44 %).

Bien entendu, nous ne savons pas en détail quels sont les contenus principalement échangés avec µTorrent (ou des autres logiciels de P2P). Certains sont peut-être tout à fait légaux. Toutefois, nous pouvons raisonnablement estimer qu’une partie de ces utilisateurs utilise le logiciel pour échanger du contenu protégé par le droit d’auteur.

Cela peut paraitre contradictoire avec le fait d’utiliser une plate-forme propriétaire sur laquelle les joueurs peuvent acheter du contenu supplémentaire ou de nouveaux titres. Mais bien souvent, le pirate et le consommateur légal se confondent dans une seule et même personne, et cohabitent très bien dans une ère de contenus dématérialisés.

L’utilisation du P2P dans un cadre illicite répond également à un manque au niveau de l’offre légale. En France, il y a certainement des joueurs qui utilisent Steam pour consommer des jeux en toute légalité, mais qui sont contraints de passer un logiciel P2P pour accéder à des séries TV ou des blockbusters américains. Autant de contenus encore terriblement absents du paysage français de l’offre légale.

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