On peine à le croire, et pourtant la source est des plus sérieuses. Global Voices, qui réunit des blogueurs du monde entier souvent militants pour le respect des droits de l’Homme, a publié un article sur la situation des femmes en Arabie Saoudite. Il rapporte les informations, confirmées par d’autres témoignages, de la blogueuse Eman Al Nafjan. Sur son blog anglophone, elle raconte que désormais l’Arabie Saoudite envoie un SMS au « gardien masculin » dès lors qu’une femme dite « dépendante » passe la frontière. Les « gardiens » sont d’abord les père et maris, ou les frères.

« Je passe en ce moment des vacances en famille en Italie, mais il fallait que je mette en ligne ce que le Ministère des Affaires étrangères a envoyé à mon mari. Apparemment ils ont un nouveau service qui envoie au gardien masculin un texto chaque fois qu’une ‘dépendante’ sort du pays. Ils ne précisent pas dans quel pays est allée la dépendante mais indiquent simplement qu’elle est partie. Mon mari me dit qu’il a reçu le même message quand je suis allée en Allemagne« , raconte ainsi la blogueuse.

Global Voices a traduit certains des très nombreux commentaires, dont un qui critique l’orientation prise justement par les commentaires. « Ce qui me sidère, c’est le fait que si la plupart des commentaires à cet article laissent entendre que l’idée mise en œuvre par l’administration saoudienne leur déplaît (et bien d’autres avec), elles s’abstiennent de montrer la moindre contestation des autorités ou de manifester une quelconque forme de protestation« , constate Vick. « Où sont les militantes des droits des femmes ou les mouvements de droits des musulmanes dans cette affaire« , demande-t-il avec une certaine naïveté. Il est sans doute beaucoup plus facile pour les femmes occidentales de s’opposer au pouvoir et de manifester leur demande d’égalité qu’en Arabie Saoudite. Rien que le fait que l’une d’elle puisse témoigner est en soi un progrès et une chance, qui pose la première pierre d’une évolution positive.

Il faut se rappeler qu’en France, le mari a été très longtemps considéré « seigneur et maître de la communauté ». Il a fallu attendre 1938 pour que la loi reconnaisse enfin aux femmes l’autonomie juridique, 1965 pour qu’elles aient enfin le droit d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari, et 1985 pour qu’elles puissent administrer les biens communs.

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