On savait que l'industrie du disque n'en avait que faire d'être populaire, mais nous avions peut-être sous-estimé à quel point. Le MIPI, la branche anti-piratage de la RIAA australienne, a annoncé qu'elle pourrait bientôt porter plainte contre la Croix Rouge...

« Ca serait incroyablement décevant si l’on avait à porter plainte contre [la Croix Rouge]« .

Et pourtant Michael Speck, de l’association australienne de l’industrie du disque, pourrait en arriver là. Wired News rapporte en effet que la MIPI a l’intention de demander à l’organisation mondiale de geler un fonds fiduciaire dont elle est bénécifiaire, sous prétexte qu’il serait contrôlé par Sharman Networks, l’éditeur de Kazaa. Un tel fonds est une organisation totalement légale, formée par différentes parties qui se réunissent comme des associés d’une société, mais au bénéfice d’un ou plusieurs tiers désignés. La Croix Rouge est le seul bénéficiaire spécifiquement désigné par le fonds fiduciaire dénoncé, ce qui a été confirmé par Sharman.

Speck voudrait que la Croix Rouge gèle le fonds jusqu’à ce que le résultat du procès qui s’est fermé vendredi soit connu, c’est-à-dire au mieux jusqu’au 22 mars, s’il n’y a pas d’appel d’interjeté. Pour le MIPI, l’argent obtenu par ce fonds serait obtenu en violation des droits d’auteur de ses membres, et donc ne pourrait être accepté par l’ONG. « Je crois que tout ça sera comme une surprise pour eux et nous les approchons uniquement pour les arrêter avant qu’ils ne disposent des sommes« , ajoute le responsable du MIPI.

Surpris, il y a de quoi l’être. Même si l’on doute que le fonds monté dans le pacifique sur l’île de Vanuatu soit un acte purement philantrope, menacer de porte plainte contre la Croix Rouge parce qu’elle bénéficie indirectement des revenus publicitaires de Kazaa (et, soit dit en passant, des ventes de contenus indépendants réalisés par leur partenaire Altnet) a de quoi laisser pour le moins songeur…

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