Le DVD d'Avatar ramène les spectateurs dans les salles
Julien L. -
publié le Mardi 27 Avril 2010 à 17h52 -
posté dans Société 2.0
Le débat sur la chronologie des médias est constamment électrifié par les exploitants de salles, qui craignent qu'une commercialisation précoce des films en DVD, Blu-Ray ou VOD dissuade les spectateurs de venir en salle. Mais dans le cas d'Avatar, sa sortie en vidéo a au contraire convaincu les spectateurs de retourner voir le film au cinéma.
Or, ce succès phénoménal a évidemment poussé les gérants des salles de cinéma et les sociétés exploitantes à maintenir aussi longtemps que possible Avatar à l'affiche (comme en France, où le film est encore joué dans certaines salles parisiennes notamment). Et à mesure que les semaines se sont écoulées, une interrogation a fini par apparaitre : la sortie DVD allait-elle affecter d'une façon ou d'une autre les excellentes entrées que le film continuait à enregistrer ? Cette problématique n'est en réalité pas vraiment nouvelle. Depuis toujours, la profession lutte pour éviter une chronologie des médias trop défavorable pour leur activité, estimant qu'une sortie DVD trop proche de la diffusion en salles aurait un impact forcément négatif sur la fréquentation du public. Selon eux, la compétition contre la fameuse projection privée, chez soi, confortablement installé dans son canapé, était courue d'avance. Et le résultat serait défavorable. Dès lors, pas question de se tirer une balle dans le pied en programmant un film qui aurait l'outrecuidance de sortir le même jour en DVD, ou même dans les semaines qui suivent l'exploitation. Or, l'expérience du cinéma est avant tout une expérience sociale. C'est une activité collective : on y va en famille, entre amis ou en couple. Bien sûr, voir un film sur sa platine DVD ou Blu-ray est certainement très agréable, mais cela ne reproduit définitivement pas la magie des salles obscures. C'est d'ailleurs ce qu'avait déclaré en substance James Cameron le mois dernier, lors de la conférence CTIA - The Wireless Association. Selon lui, la lutte contre le piratage des contenus numériques passe inévitablement par l'expérience inégalée qu'offre le cinéma. Ainsi, celle-ci ne peut pas être reproduite par un banal DVD Screener, comme la trois dimensions. Du moins, en l'état actuel des choses. Sans doute que les gérants de salles obscures ne seront pas convaincus. Ce serait pour eux une vraie révolution copernicienne d'imaginer qu'un DVD commercialisé en même temps ou à quelques jours de la sortie cinéma n'affecte pas la fréquentation du public, et donc les recettes engrangées. Or, une enquête menée par Mike Masnick, de Techdirt, a mis en lumière que pour Avatar, non seulement la sortie DVD ne gène pas l'audience attendue, mais en plus relance l'intérêt du public pour voir ou revoir le film au cinéma. Tout d'abord, les premiers jours de la commercialisation d'Avatar ont démarré sur les chapeaux de roues. En effet, en à peine quatre jours, pas moins de 6,7 millions d'exemplaires du film ont trouvé un acheteur (2,7 millions pour le Blu-ray et 4 millions pour le DVD). Au total, les ventes ont dépassé les 130 millions de dollars. Selon le studio américain, il s'agit-là de la plus vente de Blu-ray la plus rapide de l'histoire. Cela rappelle au passage que si le film a été largement piraté, cela n'a pas affecté le succès du film aux Etats-Unis ou dans le monde. Car les versions pirates sont pourtant disponibles depuis de longs mois sur les réseaux d'échange peer-to-peer et sur les serveurs spécialisés dans l'hébergement. Doit-on comprendre que le partage illicite ne détruit pas le marché du DVD ? En tout cas, il y a encore 6,7 millions d'individus qui sont encore disposés à acquérir des galettes optiques. Mais le plus intéressant dans l'analyse de Mike, c'est bien l'impact qu'a eu la sortie du film dans le commerce, alors qu'il était encore à l'affiche. Selon Techdirt, Avatar a généré en moyenne 2 006 dollars au box office par cinéma pour la période du 16 au 18 avril. Le 22, le DVD était mis dans les rayons. Le week-end suivant, Avatar a engrangé en moyenne 2 186 dollars au box office par cinéma, soit une différence de 180 dollars par rapport à la précédente période. Mieux encore. La sortie du film dans le commerce a forcément incité de nombreux cinéma à précipiter la déprogrammation du film, pour éviter de bloquer une salle avec un film qui ne ferait plus d'entrée. Pour avoir une vision plus nette, Mike s'est intéressé cette fois à la période du 9 au 11 avril, qui est moins proche de la sortie DVD, sans pour autant être dans le pic d'engouement du film. À ce moment-là, 454 salles de cinéma ont joué Avatar aux États-Unis, pour une moyenne de 1 860 dollars par cinéma (844 651 dollars au total). Si on reprend les chiffres du week-end dernier, le film était à l'affiche dans moins de cinéma, 421, avec - comme cela a été noté plus haut - 2 186 dollars au box office par cinéma, pour un total de plus 920 000 dollars. Donc, entre ces deux semaines, avec pourtant mois de cinémas, il y a eu un bond notable de fréquentation pour le film Avatar, alors que le DVD était sorti entretemps. Qu'en conclure ? Évidemment, il faut se garder de dresser des généralités à partir de cas particuliers. Car Avatar est inévitablement un cas particulier dans le cinéma et il faudra vérifier ce phénomène pour d'autres films. Mais c'est déjà un signe que la théorie imaginée par les gérants de salles ou les ayants droit n'est pas définitive et immuable. Et ce n'est pas la première fois que les faits viennent contredire et démystifier les propos des studios. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Le DVD d'Avatar ramène les spectateurs dans les salles»
Pour moi, le premier raisonnement est biaisé, je m'explique, avec des chiffres faux, mais pour faire comprendre le principe de l'erreur de raisonnement :
1 - Semaine "N" : Il y avait encore 1 000 000 personnes qui désiraient voir Avatar dans 1000 salles le programmant, soit une moyenne de 1000 spectateurs par salle, 2 - Sortie du DVD + Blu-Ray (le Week-End) : Sur les 1000 salles de cinéma, 200 le déprogramment, "dégoutées" ! 3 - Semaine "N+1" : 900 000 personnes désirent voir le film, programmé dans 800 salles, soit une moyenne de 1125 spectateurs par salle ! ! ! La sortie a plus dégouté les gérants de salle que dissuadé les spectateurs => La fréquentation par cinéma augmente, alors que globalement elle peut très bien baisser ! ! ! Raisonner sur la moyenne par cinéma est faux si le nombre de cinéma change . . . obé. Comme le dit le dernier paragraphe de l'actualité, il ne faut pas faire d'Avatar une généralité. Il est et restera une exception. Car rare sont les films qui auront eu autant de succès et qui auront fait autant de bénéfices. Oui, il ne faut pas tirer de conclusion hative. Car, personnellement, je pense qu'"Avatar" n'a pas plus incité les gens à aller au cinoche. Le film, je l'ai dit, est une exception, avec tout ce que cela entend. Comme "Tora ! Tora ! Tora !" en son temps (1970, une production qui a duré deux ans et un film qui a coûté 25 millions de dollars, c'est alors le deuxième film le plus cher de l'histoire). La publicité qui a été faîte autour de ces deux films, puis, les gens qui sont allés les voir, puis le bouche à oreille, ont fait le succès de ces deux films. Pour "Avatar", la 3D stéréoscopique n'a, j'en mettrais ma main à brûler, qu'une faible part de responsabilité dans son succès.
Concernant maintenant la chronologie des médias, je suis un partisan pour que le délai entre la sortie du film au cinéma et la sortie du film dans les bacs soit toujours plus réduite. C'est un peu égoïste de ma part. A vrai dire, je ne vais pas tous les jours au cinéma. Je ne fréquente les salles obscures que quatre ou cinq fois par an, parfois moins. Je préfère regarder les films chez moi, quand bien même ma chambre ne peut pas rivaliser, et de loin, avec une salle de cinéma. Mais je préfère le confort du chez soit que celui du cinéma. Et puis, le prix d'une place de cinéma n'est pas donné. Quand j'y réfléchit bien, en achetant le film à sa sortie en DVD ou blu-ray, je m'y retrouve financièrement. Bref, quand le délais entre la sortie du film au cinéma et la sortie du film dans les bacs a été porté de 6 mois à 4 mois, je me suis réjouis. Enfin, j'allais pouvoir profiter plus rapidement des films sorti en salle. Et si la France pouvait copier les Etats-Unis, c'est à dire raccourcir ce délai à trois mois, ce ne serai que mieux, lol ! Mais la colère des exploitants de salle se ferait entendre ! Nicobi, le 27/04/2010 - 20:11
Yap, le 27/04/2010 - 18:20 Qui nous dit que les fréquentations n'auraient pas été doublées sans le piratage ? Alors là tu as tout faux : le sophisme est justement de sortir le pseudo-argument préféré des mous du bulbes : "Mais c'est du BON SENS, pardieu !". C'est l'argument du "bon sens" qui est sophiste pour le coup (précisément, tu ne démontres rien en apportant une assertion subjective et abstraite, telle que le "bon sens"). Vu au ciné pour 6,5 euros en petite salle 3D et téléchargé récemment en 1080p pour chez moi.
Mon téléchargement n'est donc pas une perte pour l'industrie du cinéma puisque. 1. je ne compte pas acheter le dvd/bluray. 2. toutes les personnes autour de moi ont aussi vu (payé au ciné donc) le film. En gros c'est pour le revoir en bonne qualité sur mon plasma dans quelques temps, de la même manière qu'il passera sur Tf1 dans qq années. levaj, le 27/04/2010 - 20:01
Déjà que même avec la 3D, c'est le navet le plus cher de l'histoire du cinéma (pour le spectateur j'entends: 13 euros la place, on n'a jamais vu ça sur Lyon !). Mais pousser le sadisme à l'acheter en DVD...Oui, éventuellement pour une soirée "mauvais goût" Au moins avec Avatar, on sera sûr d'une une chose: les gens qui l'achetent en DVD ne sont pas ceux qui sont allés le voir en salle Avatar un navet ? C'est à dire un film bâclé, sans intérêt ou ne répondant pas aux attentes des spectateurs ? Tu plaisantes j'espère, parles pour toi en tout cas. Des millions y sont allés et en sont ressortis content, et un certains nombre le téléchargeront / l'achèteront. Un réel exemple de navet: Waterworld. Différence saisie ? ;-) "Waterword", un navet... en son temps. Ce fut un film à gros budget, puisqu'il a coûté 175 millions de dollars, mais qui fut un échec commercial. De plus, la presse ne s'est pas gêné de commenter tous les déboires que le film a connu pendant le tournage.
Et pourtant, aujourd'hui, le film de Kevin Reynolds est désormais un film culte ! Comme quoi ! D'un navet, le temps l'a transformé en succès.
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Ensuite, évoquer le seul exemple d'Avatar, alors qu'il y a justement d'autre exemples à diposition (la journée de la jupe, diffisé sur Arte avant l'exploitation en salle par exemple, dans un autre ordre d'idée, Home diffusé en même temps sur tous les canaux de diffusion possible, etc...). Bref je trouve un peu fallacieux, de prendre un exemple qui arrange bien et de conclure "certe on ne peut pas tirer de géneéralité, mais quand même..."
C'est domage cela dessert votre propos...