Le logiciel libre ne connait pas la crise. Pour 2010, une étude souligne que le Vieux Continent bénéficie d'une croissance de plus de 40 % dans ce secteur. Une hausse avant tout portée par les pays les plus en retards dans ce domaine, alors que la France est en tête du peloton européen.

Un marché de 5,1 milliards d’euros en 2009 et une croissance qui ne montre aucun signe de faiblesse. Non décidément, le secteur du logiciel libre n’a vraiment pas l’air d’avoir subi les soubresauts économiques de la crise. Et l’avenir n’en est pas moins radieux : selon une étude menée par le cabinet Pierre Audoin Consultants et publiée hier, la croissance européenne du marché du logiciel libre devrait flirter avec la barre des 44 %.

Et dans cette affaire, la France tient son rang : « la France est le plus gros marché en Europe » et « le plus mûr » a souligné à L’AFP Mathieu Poujol, consultant chez Pierre Audoin Consultants. D’ailleurs, le marché français pèse pas moins de 1,47 milliard d’euros. Un bémol toutefois, la croissance du logiciel libre en France est moins soutenue que dans d’autres pays : 33 % l’année dernière et 30 % cette année, selon les projections du cabinet.

Une situation qui n’est nullement dramatique. En réalité, ce sont les pays dont le marché du logiciel libre est encore embryonnaire qui sont les véritables moteurs de la croissance européenne. En France, avec un marché bien développé, il n’est pas étonnant d’avoir une croissance plus mesurée. « Le logiciel libre ne s’est quasiment jamais aussi bien porté et reste un mode de consommation du logiciel particulièrement utilisé en France. C’est d’ailleurs le pays le plus intensif en logiciel libre » a d’ailleurs expliqué le cabinet dans un communiqué de presse.

Sans surprise, surtout en période de crise économique, c’est avant tout l’avantage financier du logiciel libre qui a été l’une des raisons majeures pour migrer vers ces solutions alternatives. Rappelons toutefois une chose : si bien souvent, les logiciels libres sont gratuits (en plus de voir leur utilisation être libre), il existe des situations où le libre n’est pas forcément gratuit. C’est d’ailleurs tout le paradoxe du libre : chacun a le droit de commercialiser un logiciel libre, même si le projet initial était disponible gratuitement.

Cependant, le succès du logiciel libre n’est pas qu’à mettre au crédit de son faible coût. « La rançon de ce succès est que le logiciel n’est plus vu comme un concept novateur, mais comme une technologie mature, proposée et utilisée par tous les acteurs du marché » analyse Pierre Audoin Consultants. »Le logiciel libre est devenu de moins en moins communautaire et de plus en plus professionnel« .

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