Google ne souhaite plus partir de Chine. Vendredi dernier, Serguey Brin a déclaré vouloir réfléchir à une solution intermédiaire qui permettrait de d'alléger la censure chinoise afin de proposer aux internautes chinois un accès correct à l'information. Après les déclarations intempestives, place aux négociations en coulisse ?

Finalement, Google devrait rester encore quelques années dans l’Empire du Milieu. C’est du moins ce qu’a souhaité le co-fondateur de Google, Serguey Brin, lors de la conférence annuelle du TED (Technology Entertainment Design) qui s’est déroulée vendredi dernier à Long Beach, en Californie.

Google aurait-il mis de l’eau dans son vin ? Il y a un mois, le moteur de recherche avait pourtant menacé de mettre un terme à ses opérations en Chine, en fermant bureaux et nom de domaine. Pour marquer sa détermination, l’entreprise avait même fait le pari de défier la censure chinoise en retirant temporairement les filtres du moteur de recherche. Pendant quelques temps donc, les internautes chinois ont pu accéder à des contenus sensibles ou indésirables.

Pour comprendre les raisons de cette défiance, il faut remonter en décembre dernier. À cette époque, Google fut ciblé (ainsi qu’une trentaine d’autres entreprises occidentales) par une attaque massive, surnommée opération Aurora. Cette vague de piratage a été particulièrement critique pour l’entreprise, puisque certains secrets industriels auraient été volés, tandis que plusieurs comptes Gmail appartenant à des dissidents politiques ont été compromis. Sans surprise, c’est vers la Chine que tous les regards se sont tournés, d’autant qu’une enquête menée en interne à révélé que les attaquants étaient basés en Chine.

« Je veux trouver un moyen de travailler au sein du réseau chinois afin d’apporter l’information aux internautes » a ainsi déclaré l’actuel directeur technique de la firme américaine. Se voulant résolument « optimiste« , Serguey Brin a estimé pouvoir trouver une solution « d’ici un an ou deux« . De longues négociations sont donc attendues entre la firme américaine et le gouvernement central pour permettre à un accès correct à l’information, sans sombrer ni dans la censure la plus complète tout en prenant en compte la « sensibilité » chinoise. Une sorte de troisième voie en quelque sorte.

Toutefois, avec « seulement » 31,5 % de parts de marché (loin derrière les 64 % de Baidu, un moteur de recherche chinois), Google risque de se heurter face à un mur. En effet, Pékin n’a pour l’heure aucune raison d’entendre les « propositions » d’un moteur de recherche étranger dont les parts de marché ne le placent absolument en position de force.

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