Interrogé ce mercredi midi par RMC au sujet de la loi Hadopi, le dessinateur de BD et désormais cinéaste Joann Sfar s’est montré en accord total avec la riposte graduée. Sans aucun complexe. « La culture est une marchandise comme les autres qu’il faut acheter« , a ainsi défendu le réalisateur de Gainsbourg, vie héroïque.

L’auteur de nombreux tomes de Donjon et de la série Le Chat du rabbin s’est aussi dit « pour que l’on donne du blé aux créateurs« . Et ça tombe bien, c’est le cas.

Son film est coproduit par Studio 37, la filiale de production cinématographique de l’opérateur de télécommunications Orange. Le même qui déconnectera ses abonnés s’ils téléchargent le film illégalement, mais qui n’aurait pas pu produire le film sans les milliards d’euros générés chaque année par les abonnements à Internet.

Son film est aussi coproduit par France 2, qui n’aurait pas pu produire le film sans la redevance audiovisuelle payée probablement par les mêmes abonnés à Internet que ceux que le réalisateur veut passer sous la guillotine numérique.

Au moins ces deux sources de financement devraient inviter à moins de manichéisme, sans parler des aides attribuées par le CNC et autres crédits d’impôts accordés aux industries cinématographiques grâce aux contribuables. C’est bien cela entre autres qui fait que non, la culture n’est pas une marchandise commes les autres.

« Plutôt Jack Lang ou Frédéric Mitterrand ?« , lui demandaient enfin les journalistes. « J’aime beaucoup les deux« , a-t-il répondu avec plein de sincérité dans la voix.

Preuve supplémentaire que l’on n’a pas, mais vraiment pas, les mêmes valeurs.

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