Anti-piratage : le directeur de l'OMPI s'y oppose, mais pour de mauvaises raisons

Julien L. - publié le Samedi 14 Novembre 2009 à 15h29 - posté dans Peer-to-Peer

Dans une interview, le directeur général de l'OMPI, une instance onusienne chargée de la propriété intellectuelle, a déclaré ne pas être convaincu des méthodes utilisées pour lutter contre le piratage. Selon lui, cela ne fait que tendre les relations avec la population civile. Pour marginaliser ce phénomène, il faut aussi remporter "la bataille des coeurs"...

Les poursuites judiciaires et les sanctions trop sévères contre les utilisateurs des réseaux peer-to-peer seraient-elles contre-productives ? C'est ce que croit le directeur général de l'OMPI, l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, une institution spécialisée des Nations-Unies. Pour Francis Gurry, s'il faut continuer la lutte contre le piratage et les infractions au droit d'auteur, certaines approches doivent être rapidement reconsidérées.

Alors en déplacement en Inde, il a expliqué que des fortes amendes assorties parfois d'une peine de prison ne sont pas forcément les réponses les plus adéquates pour enrayer le piratage. "Je ne crois pas que nous allons remporter cette victoire en mettant des jeunes en prison" a indiqué Francis Gurry, citant en particulier le cas de cet étudiant américain condamné à verser 675 000 dollars pour avoir partagé trente titres sur Kazaa.

"Je pense que cela ne va pas nous aider à gagner la sympathie du public" a-t-il poursuivi, ajoutant par la suite qu'"une partie de la bataille est de sensibiliser le public sur le réel problème que constitue le piratage aujourd'hui. Ce n'est pas un simple crime sans victimes...".

Faut-il donc s'attendre à une nouvelle approche de la part de l'OMPI, en s'orientant par exemple sur la prévention et l'éducation ? Cela reste tout à fait envisageable, à ceci près que ces pistes ne sont absolument pas efficaces et particulièrement contestables dans certaines situations. La RIAA, qui a principalement développé sa stratégie autour des poursuites judiciaires, a également exploré la voie éducative pour essayer de convaincre les gens que l'échange de fichiers engendre de graves dommages au secteur du divertissement. Sans succès.

Parmi les nombreuses raisons expliquant les défaites successives de l'industrie du divertissement face au peer-to-peer, il y a en particulier la justification économique. Lorsqu'une technologie peut dupliquer à l'identique et à l'infini un élément, ce n'est pas un problème de moralité ou de justice. C'est un problème de modèle économique. La révolution numérique permet de transformer des "biens rivaux" en "biens non rivaux". Et puisque le contenu culturel en question n'est plus rare, il devient alors plus difficile de lui appliquer une valeur marchande et de la justifier.

Ce n'est pas une quelconque éducation ou prévention qui va sauver l'industrie culturelle. Ce sont de nouveaux modèles économiques plus en phase avec la réalité qui s'en chargeront.

Publié par Julien L., le 14 Novembre 2009 à 15h29
 
 
14
Commentaires à propos de «Anti-piratage : le directeur de l'OMPI s'y oppose, mais pour de mauvaises raisons»
 
Il faudrait commencer à s'interesser au business model des entreprises qui font des bénéfices tout en utilisant des licences autorisant la duplication.
"Je ne crois pas que nous allons remporter cette victoire en mettant des jeunes en prison"
"Je pense que cela ne va pas nous aider à gagner la sympathie du public"

Un semblant de réflexion, on dirait...un peu tard non?
Donc il veut remplacer "voleur de musique, va en tôle petit con" par "regarde petit con, Johnny Hallyday va devoir renoncer au levier de vitesse plaqué or sur sa nouvelle Porsches à cause de toi" et "A chaque album piraté, c'est un 1 artiste qui n'est pas découvert par une maison de disque qui ne lui donne pas sa chance".

On y a déjà eu droit en France, ça nous à fait pleurer... de rire.
Bonjour quand je parlais d'un mea culpa général à l'approche des fêtes.....

A croire qu'ils se sont tous passé le mot...d'ordre.

Je vois déjà pour début 2010: " Ho ! les pauvres internautes victimes d'HADOPI ! "

Face au marché économique que nous, nous le conglomérat des industries du disque/film/jeux ne voulons surtout pas perdre face à une bande de vandale, saccageant le net en nous volant nos oeuvres, notre argent, notre créativité.....

Encore en 2010 : " les pirates empalés par la loi HADOPI, la SACEM désapprouve !"

Bref, il faudrait être soit dupe, soit stupide pour ne pas voir le jeux de com. que nous font ces larrons, à moins que quelque milliers d'euros en moins sur leur chiffre d'affaire ultra optimiste ne leur font prendre conscience que la bataille contre le P2P est déjà perdu d'avance...

Au combien même dans un pur élan de folie ils reverraient leur stratégie marketing, rien ou presque n'y changera !

Aujourd'hui c'est le début d'une ère et la fin d'un règne au combien exploité pour ne pas dire sur-exploité.

And good bless piracy :D
le problème de gagner les c?urs pour l'industrie de la musique c'est qu'elle gagne trop et ne reparti pas assez ses gains aux artistes. Et comme je doute qu'elle voudra un jour le faire pour moi les éditeurs de musiques resteront tjrs des multinationales trop avides d'argent.
effectivement comme le dis avec raison l'auteur de l'article c'est a cette industrie d'évoluer en fonction du changement de son environnement!
Modern Warfare 2 a fait 1,23 million d'exemplaires au Royaume-Uni le premier jour de vente.
En termes de chiffre d'affaires, c'est là encore colossal puisque MW2 a rapporté au total, toujours pour ce seul premier jour de vente, pas moins de 52 millions d'euros.

Pourtant le jeu est deja sur les reseaux P2P quand on fait de la qualité les gens achetent alors pourquoi depensé 20 euro pour un cd moyen ou 70 pour un jeu pourrie ???
"Lorsqu'une technologie peut dupliquer à l'identique et à l'infini un élément, ce n'est pas un problème de moralité ou de justice. C'est un problème de modèle économique. La révolution numérique permet de transformer des "biens rivaux" en "biens non rivaux". Et puisque le contenu culturel en question n'est plus rare, il devient alors plus difficile de lui appliquer une valeur marchande et de la justifier."

Voila. C'est exactement ça. Tu as tout dit Julien. Maintenant.

1) Il faut l'expliquer aux majors
2) Il faut trouver ce modèle économique permettant de valoriser le bien non rival.
Au moins Un, chargé de la propriété intellectuelle, qui a tout compris.
A nos trolls d'en prendre exemple !
La « voie éducative » c'est une formule vraiment trop polie je trouve. Il ne s'agissait ni plus ni moins de propagande, par définition partielle et partiale, faite avec l'argent des contribuable et sans aucune mention des travaux librement redistribuables. Le titre de l'article lié le dit d'ailleurs bien, c'est juste que l'expression « voie éducative » m'a fait sursauter.
"Ce n'est pas un simple crime sans victimes..."

ouf ! on a bien cru un moment que le piratage n'allait pas égaler le génocide palestinien !

non le piratage est un crime, un crime odieux, équivalent à hiroshima et nagasaki, équivalent au darfour et au rwanda réunit, équivalent à bhopal, presque équivalent à la shoah.

heureusement, l'onu est là pour ça ! défendre le droit de la propriété intellectuelle et surtout surtout pas, sur les crimes de guerre israéliens, les crimes américains en irak - afghanistan, ni les crimes des firmes et la corruption des élus locaux en inde, brésil et autres pays producteurs d'ogms, les graves problèmes de déportation des populations liées au réchauffement climatique etc etc...

non, l'onu a de VRAIES interrogation sur notre futur, notre bien universel et on peut être certain que là, les moyens seront au rendez-vous.
- Ils veulent sauver la face,se refaire une beauté...face à leur discrédit dans l'opinion. L' OMPI essaie surtout de noyer le poisson dans l'eau pour justifier son autisme, tous les égarements de la cabale du Copyright, face à l'apparition du web !
- S'ils ont des remords ; qu'ils demandent officiellement par écrit, à des Gouvernements comme le nôtre...à abroger les lois répressives en vigueur, à abolir certaines taxes injustifiées et leur volonté de créer un flicage sur la Toile....et d'organiser enfin les Etats Généraux de la Culture, dans ces pays-là !
- S'ils veulent sortir de la crise, qu'ils arrêtent de donner une fin de non recevoir à la Licence Globale ou aux licences L.A.L ou CC déjà en application sur certains sites ou dans certaines entreprises . Le Copyright date des 30 Glorieuses....est antinomique aux nouvelles echnologies....corporatiste....et favorisant l'uniformisation contre la diversité ( 1% de la musique est diffusé par 97% des médias ) et la concentration excessivedes gains, sur 1 happy-few du show-bizz !
-"puisque le contenu culturel en question n'est plus rare, il devient alors plus difficile de lui appliquer une valeur marchande et de la justifier". Encore 1 sophisme énorme et cousu de fil blanc des Majors !
L'abondance ne nuit pas...Quand dans les 70'S; il existait + de créativité + de productions qu'aujourd'hui; les pris n'ont jamais baissé...c'était le contraire ! Quand ils ont baissé la TVA sur les CD; ils ont augmenté leurs prix d'autant sinon plus !
La paupérisation de la création et la fonte de leurs bénefs , n'est pas due au téléchargement... mais aux politiques désastreuses conduites par leur cupidité, dont ces gens refusent d'assumer la responsabilité !
- Maintenant; c'est au pied du mur que l'on voit le maçon ! Mais la confiance n'est plus en ces intermédiaires parasitaires et onéreux, qu'il faudrait plutôt évincer du paysage culturel & du web !
Cela va être le "soft power", ils vont faire une guerre froide, sans violence, contre le P2P et les pirates.
"Je pense que cela ne va pas nous aider à gagner la sympathie du public"
C'est un euphémisme ca...
ingenys, le 14/11/2009 - 19:39
Au moins Un, chargé de la propriété intellectuelle, qui a tout compris.
Attention aussi de les juger sur leurs actes, et a ne pas se faire endormir par quelques belles paroles.

Il y a encore des procès qui donnent des peines de tueur en série à des particuliers, des procès qui mettent en danger des boites, et des lois liberticides qui poussent joyeusement un peu partout dans le monde.

Pour moi, quelques paroles, ca ne signifie rien.
Télécharger
Kastor free audio extractor
Capture et enregistrement - Pour extraire les pistes audio de vos vidéos.
 
HDClone Free Edition
Sauvegarde - Copier un disque dur sur un autre
 
Handy Recovery
Restauration - Récupérez gratuitement vos fichiers supprimés
 
MSN Messenger 7 & 8 Polygamy
Communication - Ouvrir plusieurs comptes en même temps sur MSN Messenger
 
Novembre 2009
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
26 27 28 29 30 31 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 1 2 3 4 5 6
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC