Ainsi donc a tranché Viviane Reding. La commissaire européen en charge du Paquet Télécom souhaite faire plaisir à la France, dont elle cherche le soutien pour sa reconduction après les élections du 7 juin prochain, et explique contre toute logique juridique que l’amendement adopté par 88 % des députés européens ne sert à rien. S’il était aussi inutile que cela, la France n’aurait pourtant pas été jusqu’à provoquer un retard de 6 mois dans le Paquet Télécom dans l’espoir d’obtenir sa suppression.

« C’est précisément ce genre d’attitude bureaucratique qui nuit à l’image de l’Europe. Les propos de Mme Reding ne font qu’empirer l’image de la Commission européenne caractérisée par son déficit démocratique et son manque d’indépendance vis-à-vis du Conseil« , condamne l’eurodéputé Guy Bono, à l’origine avec Daniel Cohn-Bendit de l’amendement 138.

« Le Code de conduite des commissaires exige qu’un commissaire candidat aux élections européennes prenne congé pendant la période de la campagne électorale. A entendre Mme Reding aujourd’hui, on est en droit de se demander : « Est-ce la candidate tête de liste d’un parti-frère de l’UMP aux élections européennes qui parle, ou bien la commissaire gardienne de l’esprit des Traités ?« , demande le député.

Lui-même n’est pas en campagne, puisqu’il n’a pas été investi par le Parti Socialiste pour les élections européennes.

Lui reprochant de « faire délibérément le jeu de l’abstentionnisme« , Guy Bono conseille à Mme Reding de « directement dire aux citoyens que le Parlement européen compte pour des prunes et que cela ne sert à rien d’aller voter le 7 juin prochain : ça irait plus vite !« .

« Nous savons tous ici à Bruxelles que Barroso ménage Sarkozy et la France au maximum en vue de sa réélection (…) Mme Reding a elle aussi dû recevoir un coup de fil du cabinet Albanel« .

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