Extension des droits d'auteur à 95 ans : vers un rejet ? (MAJ)
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 24 Mars 2009 à 13h04 -
posté dans Société 2.0
![]() Face au risque d'un vote en majorité hostile à la proposition de la Commission, le vote de l'extension de la durée de protection des droits des artistes interprètes et des maisons de disques a été repoussé d'un mois au Parlement européen, dans l'espoir de rassembler les troupes. Mais c'est un compromis qui pourrait être trouvé, pour étendre la durée de protection à 70 ans.
La proposition d'étendre la durée de protection des droits des artistes-interprètes et des producteurs de musique à 95 ans après l'enregistrement de l'oeuvre fait beaucoup moins de bruit que la riposte graduée, alors qu'elle devrait soulever encore plus d'indignation. Contrairement à la lutte contre le piratage, qui restera sans effet, l'extension de la durée de protection - actuellement fixée à 50 ans - a un effet immédiat et très difficilement réversible, l'appauvrissement du domaine public. Le rapport Gowers commandé par la Grande-Bretagne en 2006 avait conclu qu'une extension de la durée de protection aurait pour effet d'augmenter le prix de l'accès aux oeuvres pour les consommateurs, de freiner la concurrence, et d'avantager ceux qui possèdent les plus gros fonds de catalogue, c'est-à-dire les majors du disque. Les conclusions étaient cinglantes. Mais la Commission européenne a pourtant décidé d'ignorer ce rapport, et d'autres, qui préconisent de ne pas augmenter la durée de protection, voire de la réduire. Le commissaire Charles McCreevy, à l'origine de la proposition, s'est basé sur un unique rapport... fourni par la British Phonographic Industry (BPI), le lobby de l'industrie musicale britannique. Selon Bruxelles, la proposition doit permettre aux interprètes de gagner 150 à 2 000 euros de plus par an. Mais elle permet surtout aux maisons de disques d'exploiter beaucoup plus longtemps leurs catalogues, et de gagner des millions d'euros supplémentaires chaque année sur des oeuvres qu'elles sont enregistrées il y a près d'un siècle. Selon les propres données de la Commission, 90 % des bénéfices financiers tirés de l'extension des droits iront aux maisons de disques, 9 % aux 20 % des artistes les plus diffusés en Europe, et seulement 1 % aux 80 % des artistes les moins diffusés. Surtout, on prend de l'argent aux vivants pour le donner aux morts. Plus il y a d'oeuvres protégées par le droit d'auteur, plus la rémunération collective (en particulier la taxe pour copie privée) est diluée entre une multitude d'ayants droit, avec une part d'autant plus importante de morts que la durée de protection s'allonge. Les seuls à ne jamais mourir sont les majors, qui rachètent des fonds de catalogue à bras le corps. Mais le Parlement européen ne semble pas disposé à se laisser faire. Alors que les députés des Commission culture et Commission des affaires juridiques du Parlement Européen ont approuvé la proposition de Bruxelles, le mouvement Sound Copyright qui se bat contre le projet indique que le vote en séance plénière a été repoussé. Les maisons de disques ont fait pression, sentant que la proposition risquait d'être rejetée. "Après une rencontre entre les présidents des groupes politiques du Parlement européen mardi, et avec la controverse et le manque de consensus qui entoure la proposition, les eurodéputés ont repoussé le vote jusqu'au mois d'avril, juste avant les élections européennes", indique ainsi Sound Copyright. Le Conseil, la Commission et le Parlement doivent désormais se mettre d'accord, fin mars, pour voir si la proposition est maintenue. Déjà le mois dernier, la Commission européenne a accepté de ne pas faire voter le rapport Medina, qui était favorable à la riposte graduée et au filtrage du net. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Extension des droits d'auteur à 95 ans : vers un rejet ? (MAJ)»
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Darksol
le 24/03/2009 à 13:12
le lobbiyng en perte de vitesse???
Le compromis à surtout l'avantage de pouvoir jouer le coup en deux fois.
Première fois extension 50 à 70 ans en faisant croire qu'il y a un effort. Puis après avoir laissé passé quelques années une seconde extension de 70 à 95 ans. 95 ans après le décès d'un artiste, il n'y a plus personne pour acheter ses chansons, il est passé de mode. à l'exception de qq'uns comme Brel - il était déjà un classique de son vivant - les Beatles, etc.. je dirai 15 à 20 artistes que l'on continuera d'écouter ou d'acheter (?) Cette amendement vise plutôt Disney qui ne veut pas que sa star Mickey passe dans le domaine public
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_amé...ts_d'auteur avez-vous pensé aux frais du pensionnat suisse de la petite Halliday, de sa maserati décapotable pour ses 16 ans, ses séjours en clinique privée de désintox, ses premières retouches esthétiques, etc...
vous êtes sans coeur! Le piratage a encore de baux jours devant lui merci les politiques de nous donner une bonne raison pour ne plus respecter des lois manifestement destinées a nuire a tout le mondes car comme l'alcool l'abus de propriété intellectuelle nuit gravement a la démocratie, a la culture et a l'innovation.
haaa on parle enfin du vrai problème du piratage : les droits d'auteurs !
Ca devrait favoriser la création, ça ne fait que créer une caste de rentiers, qui ont produit un jour et ne font pratiquement plus rien après... se contentant d'empocher leurs rentes... Ca m'a l'air d'être une grande caractéristique de cette décennie : se goinfrer un maximum sans avoir à lever le petit doigt.
Attention, il ne s'agit pas ici du droit d'auteur, qui s'éteint 70 ans après la mort de celui-ci, mais des droits de production et d'interprétation, qui ne sont pas liés à une Å“uvre mais à un enregistrement particulier et qui s'éteignent actuellement 50 ans après la date de première publication de l'enregistrement en question.
Par exemple, si j'enregistre aujourd'hui une version de "Madame rêve", les droits d'auteur iront aux héritiers de Bashung jusqu'en 2079. Mais les droits liés à mon enregistrement s'éteindront en 2059. Après cette date, n'importe qui pourra commercialiser cet enregistrement sans avoir à me verser ces droits (que je sois interprète ou producteur). On comprend mieux l'origine de la proposition de porter la durée de ces droits de 50 à 70 ans quand on songe qu'à partir de 2010 ce sont tous les enregistrements des années 1960 (au premier rang desquels on trouve la discographie des Beatles) qui tomberont dans le domaine public. Les producteurs n'auront alors plus de fondement à agir en justice pour empêcher leur libre diffusion (mais les auteurs, si). Pardon de la longueur du post, mais la nuance est de taille... Que il soit d'auteur ou voisin l'abus de ces divers droits est manifeste est doit être corrigé par le législateur a défaut c'est le peuple qui réprimera lui-même ces divers abus de droits. (il a deja commencé a le faire).
'furaxxx', le 01/01/1970 - 01:00 Attention, il ne s'agit pas ici du droit d'auteur, qui s'éteint 70 ans après la mort de celui-ci, mais des droits de production et d'interprétation, qui ne sont pas liés à une Å�uvre mais à un enregistrement particulier et qui s'éteignent actuellement 50 ans après la date de première publication de l'enregistrement en question. Par exemple, si j'enregistre aujourd'hui une version de "Madame rêve", les droits d'auteur iront aux héritiers de Bashung jusqu'en 2079. Mais les droits liés à mon enregistrement s'éteindront en 2059. Après cette date, n'importe qui pourra commercialiser cet enregistrement sans avoir à me verser ces droits (que je sois interprète ou producteur). On comprend mieux l'origine de la proposition de porter la durée de ces droits de 50 à 70 ans quand on songe qu'à partir de 2010 ce sont tous les enregistrements des années 1960 (au premier rang desquels on trouve la discographie des Beatles) qui tomberont dans le domaine public. Les producteurs n'auront alors plus de fondement à agir en justice pour empêcher leur libre diffusion (mais les auteurs, si). Pardon de la longueur du post, mais la nuance est de taille... Oui nuance de taille, il s'agit de l'extension de la durée des droits voisins. ( Editeurs et Producteurs - les Majors, en fait - ) Il n'est pas du tout certain que Bruxelles se laisse faire pour cette extension des droits voisins. Qui serait scandaleuse, alors que si un laboratoire venait à découvrir un vaccin contre le sida ses droits seraient limités à la durée du brevet, c'est à dire 20 ans. Ce qui me paraîtrait être un découverte, beaucoup plus importante pour l'humanité, que les droits des editeurs et producteurs de musique, qui risquent de voir la production des anciens enregistrements des Beatles et des Rolling Stones tomber prochainement dans le domaine public. La dérive on la connait.
Toujours les memes qui protège leurs interets,l'industrie du disque se fou bien de combien gagne un de ces artistes,mais de combien ceux-ci peuvent leur rapporter. Il y a vraiment des fois ou la stupidité l'emporte sur la raison,ou les lois sont crées pour les uns au détriment des autres,tout en leur faisant croire que ces meme lois les protègent. 'Natasha', le 01/01/1970 - 01:00 Qui serait scandaleuse, alors que si un laboratoire venait à découvrir un vaccin contre le sida ses droits seraient limités à la durée du brevet, c'est à dire 20 ans. Ce qui me paraîtrait être un découverte, beaucoup plus importante pour l'humanité, que les droits des editeurs et producteurs de musique, qui risquent de voir la production des anciens enregistrements des Beatles et des Rolling Stones tomber prochainement dans le domaine public.Tout ça pour dire que les firmes pharmaceutiques ne valent pas forcément mieux que les maisons de disques... Merci furaxxx (j'espère que n'ai pas oublié un x ;-) ) pour cette précision.
Je dois avouer que je ne connaissais ce type de droit d'auteur.... Je croyais que ce genre "d'exclusivité" était créées par les contrats privés entre l'éditeur et l'auteur, et non par une loi. Quelqu'un a des arguments pour justifier cette loi permettant à une entreprise purement commerciale de profiter de telles rentes ? Que deviennent les auteurs dans ce cadre ? Des esclaves des producteurs ? Ont-ils encore des droits sur leurs oeuvres ? Au moins celui de changer de producteur dès qu'ils le veulent ? Un brevet c'est plus restrictuf que cela, tes 20 ans c'est pas d'office que tu les obtient de plus tu doit payer tout les ans sur toute la durée que l'office des brevets te donne en fonction de divers parametres autres point les états peuvent invoquer la licence obligataire en cas de force majeur et obliger d'une firm a rendre son brevet copiable par les autres ou tout simplement a outrepasser le brevet bref un brevet c'est plus restrictif et c'est payent le loyer n'est pas donnée pour un brevet international.
@bigpiou: voilà un post d'un avocat qui explique plutôt bien les choses:
http://www.maitre-eo...r-pour-les-nuls Et pour les détails, il y a le Code de la propriété intellectuelle, consultable en ligne sur legifrance.gouv.fr - que du bonheur ;-) 'CounterFragger', le 01/01/1970 - 01:00 Tout ça pour dire que les firmes pharmaceutiques ne valent pas forcément mieux que les maisons de disques...Au moins ils ont la décence de ne pas demander l'extension de la durée de leurs brevets. Et pour moi même si ce ne sont pas des anges, ils sont plus utiles pour l'humanité ...
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