L'ARMT constate son inutilité avant de devenir l'HADOPI (MAJ)
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 18 Décembre 2008 à 10h00 -
posté dans Société 2.0
![]() L'Autorité de Régulation des Mesures Techniques (ARMT) créée par la loi DADVSI pour réguler l'utilisation des DRM a présenté jeudi matin son premier rapport annuel, le dernier avant sa transformation en Haute autorité de diffusion et de protection des oeuvres sur Internet (HADOPI), en cas d'adoption de loi Création et Internet. En vingt mois de fonctionnement, l'Autorité n'a rendu aucune décision, et a constaté que les dispositions pénales de protection des DRM n'ont jamais été mises en oeuvres devant les tribunaux. Mise à jour 17h07 : quelques imprécisions s'étaient glissées dans notre article : les deux décisions prises concernent l’élection du Président et la nomination du Secrétaire Général (et non d’un Vice-Président). L’ARMT ne s’est pas seulement « rendue » aux colloques, elle y est intervenue - les interventions sont présentes sur le site Internet de l'autorité. Concernant les systèmes informatiques, l’ARMT n’a pas « commencé à mettre en œuvre », elle a élaboré le cahier des charges. Enfin le budget de 184.000 € était destiné à couvrir les trois derniers trimestres de l’année 2007, le montant de dépenses n’aura été atteint qu’à la fin du premier semestre 2008 (personnel, locaux, autres frais de fonctionnement : évaluation en coût complet). En créant un cadre juridique pour la protection des DRM, la loi DADVSI du 1er août 2006 avait souhaité confier à une autorité administrative le soin de veiller à l'équilibre des intérêts entre le respect des mesures techniques de protection et le respect des exceptions légales (en particulier la copie privée) reconnues aux utilisateurs. Installée le 6 avril 2007, l'Autorité de Régulation des Mesures Techniques (ARMT) s'est réunie 23 fois en séance plénière, a auditionné 12 personnes dans le cadre de sa mission d'observation des mesures techniques, et participé à 12 colloques, tables rondes ou séminaires. Mais elle n'a pas rendu une seule décision - sauf les nominations de son Président et Secrétaire Général, faute de saisine. Personne ne lui a demandé de trancher un problème d'interopérabilité ou d'abus de DRM pour lesquels la loi lui donnait compétence. C'est donc un rapport (.pdf) particulièrement pauvre qu'elle a remis ce jeudi au gouvernement. "Faute d’avoir été saisie par les personnes habilitées à le faire, l’ARMT n’a rendu de décision ni en matière d’interopérablitié ni en matière d’exceptions ", se doit ainsi de reconnaître en préambule l'autorité, qui cherche des explications à son inutilité. "La problématique des mesures techniques de protection qui avait occupé une place centrale dans les débats de la loi DAVDSI a perdu une part de son acuité depuis que, dans le secteur de la musique spécialement, apparaissent de nouvelles offres libres de [DRM]", constate d'abord l'ARMT. "D’autres résultent de difficultés inhérentes à l’application des textes, à la complexité de la procédure de saisine ou, encore, au risque pécuniaire que pourrait encourir le demandeur en cas de rejet de sa demande".
"La courte vie de l’ARMT n’aura pas été vaine s’il s’avère qu’elle a contribué, dans le cadre de ses attributions, à préparer le terrain à une stratégie plus ambitieuse des pouvoirs publics, inspirée par la volonté d’introduire un principe de régulation dans la dynamique de développement de l’internet en vue de concilier l’accès du plus large public aux oeuvres de l’esprit avec le respect des droits des créateurs et des valeurs de la culture", estime ainsi M. Musitelli. Pas d'abandon souhaité des DRM Bien que la question des DRM ait moins d'intensité en 2008 du fait de son abandon partiel par les maisons de disques, l'Autorité tient à nuancer le propos. "D’abord, le phénomène ne s’étend pas à l’ensemble des industries culturelles mais concerne essentiellement le secteur de la musique", rappelle à raison l'ARMT. "Ensuite, ce ne sont, au-delà des effets d’annonce, que certaines formes de mesures techniques particulièrement restrictives ou intrusives qui sont délaissées. Les ayants droit continuent de recourir en pratique à des mesures techniques, ne serait-ce que pour protéger l’accès à des services distants de téléchargement ou de diffusion à la demande". Toutefois au moins pour l'industrie musicale, l'ARMT reconnaît que "la mise en oeuvre de systèmes de protection contraignants et non interopérables a constitué un obstacle manifeste au développement de l’offre légale, directement concurrencée par les réseaux de pair-à-pair sur lesquels circulent illégalement les mêmes contenus sans DRM". Mais elle se refuse à faire le même constat, pourtant évident, sur l'industrie cinématographique. Elle estime que les DRM sur les films jouent "un rôle déterminant dans le respect de la chronologie des médias", alors-même que les films sans DRM pullulent sur les réseaux quelques jours ou quelques semaines après la sortie en salle des films. L'autorité assure que l'abandon des DRM sur les services de vidéo en ligne n'est pas à l'ordre du jour. Concernant les jeux-vidéo, l'ARMT préconise d'informer clairement les utilisateurs de la présence de systèmes anti-copie, et de limiter leur action à ce qui est "nécessaire à l'effectivité des droits". Constatant par ailleurs que les mesures pénales adoptées pour protéger les mesures techniques de protection n'ont pas été utilisées devant les tribunaux, deux ans après l'adoption de la loi DADVSI, l'ARMT préconise de mieux préciser "la notion de mesure technique efficace", "l’articulation entre exceptions et mesures techniques", et "l’interopérabilité des mesures techniques"... c'est-à-dire l'ensemble des notions qui fondent le socle de la loi DADVSI. Autant de notions qui avaient été fortement critiquées lors du débat parlementaire, pour leur imprécision. Appelée à devenir la future Hadopi, l'ARMT a élaboré le cahier des charges des systèmes de traitements informatiques requis par le dispositif de la riposte graduée. Il faut que "la saisine qui incombe aux ayants droit, la correspondance entre l’adresse IP et le titulaire de l’abonnement qui incombe aux FAI, et ce processus, soient opérationnels de façon synchronisée et dans les meilleurs délais possibles", note ainsi l'autorité. La société MC2i a été choisie le 15 octobre pour réaliser l'informatisation du processus, mais n'a semble-t-il pas encore commencé ses travaux. Lors de la création de l'ARMT, le ministère de la Culture avait prévu un budget de 184.000 € pour les neuf derniers mois de l'année 2007. Le rapport ne dit pas si l'enveloppe a été dépassée, mais les dépenses informatiques réalisées pour préparer la mise en route de l'Hadopi dès la transformation effective de l'autorité n'avaient pas été prévues au budget initial. L'Hadopi, quant à elle, est dotée d'un budget de près de 7 millions d'euros. Sur le même sujet
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Commentaires à propos de L'ARMT constate son inutilité avant de devenir l'HADOPI (MAJ)
![]() flob
Le 18 Décembre 2008 à 10h10
Dire que les 7 millions auraient pu servir à autre chose de plus utile....:-/
![]() ![]() Scipion
Le 18 Décembre 2008 à 10h30
Comme loger des SDF par exemple, mais je ne sais pas si le Monarque a entendu parler de ces choses là ....
![]() ![]() Gaffiste
Le 18 Décembre 2008 à 10h34
Payer des gens à ne rien faire d'utile et ne feront rien non plus sous hadopi, Über!
![]() ![]() fcna2005
Le 18 Décembre 2008 à 10h41
à scipion : a ce moment la, toute forme de soutien à la culture, de lutte contre la délinquance, de tout ce qui n'est pas d'aide à ceux qui ont faim n'ont pas de raison d'etre... c'est une facçon de voir les choses.
![]() ![]() LordVenom
Le 18 Décembre 2008 à 10h48
fcna2005 participe aux concours des commentaires les plus hors sujet, ne faites pas attention....
Le constat est sans appel: 1 an à payé à ne rien faire, voilà tout le resultat de DADVSI. Et les mecs ont le culot de dire "Nan mais faut qu'on reste, on fera mieux l'année prochaine"... Ouais mieux que rien c'est pas compliqué.... ![]() ![]() flob
Le 18 Décembre 2008 à 10h55
'fcna2005', le 01/01/1970 - 01:00 à scipion : a ce moment la, toute forme de soutien à la culture, de lutte contre la délinquance, de tout ce qui n'est pas d'aide à ceux qui ont faim n'ont pas de raison d'etre... c'est une facçon de voir les choses.C'est bien quand ces budgets profite à faire avancer le pays, c'est mieux quand ca aide une bonne partie de la population. Là c'est 9 millions pour que quelques groupes commerciaux (meme pas là en France je crois bien) puissent aller mieux devant leurs actionnaires. ![]() ![]() golem
Le 18 Décembre 2008 à 10h56
a tien , le troll me semble bien actif en ce moment.
va t'acheter un sapin ... ![]() Metallizer
Le 18 Décembre 2008 à 11h03
"la mise en oeuvre de systèmes de protection contraignants et non interopérables a constitué un obstacle manifeste au développement de l’offre légale, directement concurrencée par les réseaux de pair-à-pair sur lesquels circulent illégalement les mêmes contenus sans DRM"
Ha merci de préciser cela, ça montre clairement que le recours au P2P illégal est bien l'oeuvre des DRM... pas sûr en revanche que le gouvernement (et à plus forte raison les majors) le comprenne bien. ![]() ![]() CounterFragger
Le 18 Décembre 2008 à 11h22
Mais elle se refuse à faire le même constat, pourtant évident, sur l'industrie cinématographique. Elle estime que les DRM sur les films jouent "un rôle déterminant dans le respect de la chronologie des médias" Tout l'art de répondre à côté ! Je ne vois absolument pas le rapport entre les DRM et la chronologie des médias ! Rien n'empêche de sortir un film en téléchargement définitif VOD sans DRM quelques mois après en respectant la chronologie des médias ! Les DRM ne sont utiles que pour la location de films, et c'est tout ! alors-même que les films sans DRM pullulent sur les réseaux quelques jours ou quelques semaines après la sortie en salle des films. Ou quelques jours avant... Concernant les jeux-vidéo, l'ARMT préconise d'informer clairement les utilisateurs de la présence de systèmes anti-copie, et de limiter leur action à ce qui est "nécessaire à l'effectivité des droits". Ou de supprimer purement et simplement ces systèmes anti-copie qui n'ont fait que prouver leur inefficacité totale en pénalisant uniquement ceux qui ont acheté le jeu... Constatant par ailleurs que les mesures pénales adoptées pour protéger les mesures techniques de protection n'ont pas été utilisées devant les tribunaux, deux ans après l'adoption de la loi DADVSI, l'ARMT préconise de mieux préciser "la notion de mesure technique efficace" Par exemple, reconnaître qu'une protection comme CSS cassée depuis 10 ans n'est en rien une mesure technique efficace... Et faire bientôt la même chose pour AACS et BD+... Protection cassée => outils diffusés => protection inefficace => crackage légal => CQFD ![]() ![]() Kad Redal
Le 18 Décembre 2008 à 11h28
CounterFragger > dans son rapport l'ARMT dit que justement non, une mesure technique doit être réputée efficace s'il n'y a pas besoin d'outil de contournement pour la contourner.
![]() ![]() CounterFragger
Le 18 Décembre 2008 à 11h40
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00 CounterFragger > dans son rapport l'ARMT dit que justement non, une mesure technique doit être réputée efficace s'il n'y a pas besoin d'outil de contournement pour la contourner.Dans le cas de CSS, contournée de manière transparente par nombre d'outils (l'excellent DVD Shrink par exemple), on peut quand même se demander s'il n'est pas hypocrite de la considérer comme "efficace". Ce n'est pas la Suède qui avait rendu un jugement remettant en cause l'efficacité de CSS ? ![]() ![]() Darksol
Le 18 Décembre 2008 à 11h41
lordvenom
ton commentaire me fait un peu penser a certaines équipes de foot... ![]() Blastm
Le 18 Décembre 2008 à 11h50
Peu on parler d'autorité indépendante quand on vois sa composition et dans quel domaine officient la plupart de ses membres?
![]() ![]() enter
Le 18 Décembre 2008 à 12h21
Et dire que certains ici ou chez ODEBI annonçaient sans rire que la loi DAVSI était l'instauration d'une dictature en France.
Citation : "Ce document d'une douzaine de pages présente le projet de loi DADvSI dont les conséquences seraient dramatiques pour les français du point de vue de l'accès à la culture, du respect de la vie privée, ou même de la sécurité économique nationale." Bravo les gars, quelle perspicacité ! ![]() Gjallarhorn
Le 18 Décembre 2008 à 12h39
@enfer
L'accès à la culture n'a effectivement au final pas été vraiment entaché, du fait du développement massif des réseaux de téléchargement illégal vers lesquels les gens se sont réfugiés pour éviter les DRM. Donc oui les DRM ont attaqué l'accès à la culture, en tout cas d'un côté légal, en conséquence de quoi, les ventes de musique (par exemple) via le net n'ont pas décollé comme prévu malgré des investissements, les sites de ventes ont donc au final perdu de l'argent ... Ce qui a eu des conséquences économiques sur ces industries. Et maintenant que leur modèle des DRM est installé (même s'il tend à disparaître) et qu'on a vu les conséquences que cela a eu il est évidemment plus simple de taper sur les doigts des gens qui ont préféré une liberté d'utilisation, quels que soient leurs plateformes de lecture (les P2P'eurs) plutôt que sur ces DRMs à la mord moi le noeud qui au final on le dit enfin n'ont servi à rien ! ![]() ![]() CounterFragger
Le 18 Décembre 2008 à 14h04
'enter', le 01/01/1970 - 01:00 Et dire que certains ici ou chez ODEBI annonçaient sans rire que la loi DAVSI était l'instauration d'une dictature en France. Citation : "Ce document d'une douzaine de pages présente le projet de loi DADvSI dont les conséquences seraient dramatiques pour les français du point de vue de l'accès à la culture, du respect de la vie privée, ou même de la sécurité économique nationale." Et où dans cette citation est-il annoncé que DADVSI était l'instauration d'une dictature en France ? 'enter', le 01/01/1970 - 01:00 Bravo les gars, quelle perspicacité !Ahhh, heureusement que le forum de Numerama cache un trolleur si perspicace nommé enter... ![]() ![]() enter
Le 18 Décembre 2008 à 16h10
eh oui, cher CounterFragger, dès que quelqu'un n'est pas d'accord avec la pensée unique, c'est aussitôt et obligatoirement un "trolleur".
C'est celà ta conception de la démocratie et du débat ? Mais tu sais, parfois je préfère mieux me sentir trolleur que mouton ![]() Gourmet
Le 18 Décembre 2008 à 16h15
@enter : le contexte était bien différent en 2006. Les DRM étaient légion, la pression des lobbies de la musique était très forte.
Ils ont mis progressivement de l'eau dans leur vin au cours de 2007 et 2008. La ligue avait raison dans le contexte de 2006. Tout comme aujourd'hui Hadopi biaise la démocratie (une fois de plus). On verra ce qu'il en sera dans 2 ans. Bref, ARMT, HADOPI, SNEP, SACD, etc pour moi ce sont là des "machins" qui n'ont plus d'existence légitime de nos jours avec la dématérialisation des supports. Car, enfin, peut-on encore parler d'édition phonographique en 2008. Mais non, ces "entités" hébergent des privilégiés qui s'aggripent à leur bâton et s'aggriperont encore dans 100 ans ... au frais du contribuable bien entendu. A partir du moment où un "machin" est né il devient "intemporel". ![]()
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