CDiscount a lancé ce mercredi son offre de VOD gratuite, la première en France. Mais avec seulement quatre films par semaine et un processus alourdi par les DRM, l'offre pourra-t-elle séduire le grand public ?

Comme nous vous l’indiquions hier, Cdiscount a lancé aujourd’hui son offre de vidéo à la demande (VOD) gratuite, financée par la publicité. Ce qui permet enfin d’en connaître les détails exacts, et de constater qu’il reste du chemin à faire avant de réussir à détourner les pirates vers les offres légales, même si l’effort est louable. En effet, même gratuite, l’offre de Cdiscount reste plus contraignante que le téléchargement illégal.

Tout d’abord, l’offre est extrêmement limitée en quantité. Seuls quatre films sont proposés, qui sont renouvelés chaque semaine. Pour l’ouverture, il s’agit des films Raining Stones (1993), Scream 3 (2000), A Very British Gangster (2007) et La Véritable Histoire du Chaperon Rouge (2006). Il s’agit essentiellement donc de vieux films, ou de films qui n’ont pas connu de grand succès commercial. Ce qui peut être aussi l’occasion de les redécouvrir. Bien que plébiscité par la critique, A Very British Gangster n’avait rassemblé que 11.500 entrées en salle en France. On notera également, dans les bons points, qu’il est possible de regarder les films en VO sous-titrée.

En revanche, pour pouvoir regarder l’un de ces films, il faut obligatoirement disposer de Windows 2000 ou supérieur, Internet Explorer 5.5 ou supérieur avec ActiveX activés, et Windows Media 9 ou supérieur. Les utilisateurs de Mac ou de Linux sont exclus, faute d’utilisation d’un format vidéo adapté à l’interopérabilité. Bien que déjà présents sur les réseaux P2P, les films (en 720 x 576px) sont « protégés » par un DRM au format Windows Media 9, pour une durée de visionnage de 15 jours. Sans surprise, les fichiers ne peuvent pas être gravés sur un DVD pour une lecture plus confortable sur le téléviseur du salon. Une restriction que n’ont pas les fichiers pirates.

De plus, avant de bénéficier du service, il est obligatoire de s’inscrire sur le site. Le procédé pourrait encore passer s’il s’agissait uniquement de communiquer une adresse e-mail, seule donnée véritablement utile dans l’univers numérique. Mais quand bien même la VOD est entièrement dématérialisée, le service exige nom, prénom, adresse postale et même date de naissance. La faute à un formulaire commun avec la boutique CDiscount, où l’adresse est nécessaire pour l’expédition des produits commandés. Tant pis pour la spontanéïté ou la confidentialité.

Côté pub, le sponsor NRJ qui diffuse son spot avant le visionnage du film est omniprésent. Le logo est affiché à de multiples reprises, le site officiel de la station s’ouvrant même en pop-under. Une présence bien légitime puisqu’elle permet la gratuité du service. Mais NRJ n’ayant pas un budget illimité, CDiscount ne l’a convaincu de financer que 30.000 visionnages par film. Au delà, le film est désactivé.

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