Le responsable technologique de Sharman Networks, Phil Morle, a confié ses vues sur le P2P dans une interview accordée à TechNewsWorld. Concernant la vie privée, le développeur de Kazaa a assuré que le fait de n'être identifiable que par une adresse IP est une garantie suffisante.

Créer des réseaux anonymes est un défi technique de plus en plus convoité par les créateurs de réseaux Peer-to-Peer. Un petit nouveau, MUTE, cherche par exemple à se faire une place (mais nous avons été dans l’incapacité de le faire fonctionner, comme nombre de testeurs sous Windows). Pour Kazaa, pas question. « Je ne crois pas que les utilisateurs aient quelque chose à cacher », précise Phil More. « Créer des ‘darknets’ via la technologie définit la raison d’être du réseau comme illégale et encourage un certain type d’activité. Nous ne sommes pas ici pour ça parce que le P2P est une technologie d’ouverture pour tous et ne doit pas être cachée quelque part ».

Le fait de divulguer l’IP de l’utilisateur n’est pas pour Sharman Networks un problème, la RIAA ayant perdu le droit de demander au fournisseur d’accès l’identité du possesseur de l’adresse. Cependant comme le prouve les 532 actions intentées mercredi sur la base des adresses IP, ce n’est qu’un obstacle mineur pour l’association qui devra maintenant, au préalable, passer par un juge.

Si Sharman Networks ne souhaite pas plus que ça protéger l’anonymat des utilisateurs, c’est peut-être aussi et surtout parce qu’ils n’ont pas, à long terme, d’intérêt à laisser grimper le piratage. Son partenaire AltNet propose en effet du contenu payant sur Kazaa qui séduit les utilisateurs menacés par le risque de poursuites, et Sharman Networks sait très bien qu’il s’agit là d’une manne potentielle que ne doit pas venir ruiner un réseau trop sécuritaire pour les pirates.

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