Shareaza, Limewire et Vuze seront jugés en France

Guillaume Champeau - publié le Mardi 04 Novembre 2008 à 12h00 - posté dans Peer-to-Peer

Il y aura bien un procès des éditeurs de logiciels de P2P en France. La Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF), qui représente les labels indépendants, annonce que le Tribunal de grande instance de Paris a rejeté l'exception d'incompétence territoriale qu'avaient soulevé les sociétés Vuze (anciennement Azureus), Sourceforge/Shareaza, et LimeWire. Les sociétés, qui avaient été assignées en 2007, pourront donc être jugées en France, suite à trois ordonnances rendues les 10 septembre, 15 octobre et 29 octobre 2008.

La SPPF s'appuit pour son action sur l'amendement Vivendi. Voté par le Parlement dans le cadre de l'examen de la loi DADVSI, et retranscrit à l'article L.335-2 du Code de la Propriété Intellectuelle, cet amendement fait un délit pénal le fait "d'éditer, de mettre à la disposition du public ou de communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés". La justice française devra donc dire si ces logiciels de P2P américains ont été "manifestement" conçus dans le but de diffuser des fichiers piratés.

Si l'argument peut éventuellement se défendre pour Vuze et Limewire, l'affaire paraît bien plus mal embarquée pour Shareaza. Se rendant compte que le logiciel open-source a été créé par un particulier et par une communauté de développeurs diffuse, la SPPF a assigné Sourceforge, qui est simplement hébergeur du logiciel.

Par ailleurs, poursuivi pour les mêmes faits aux Etats-Unis par la RIAA, sur la base d'une jurisprudence aux critères relativement proches, Limewire n'a toujours pas été condamné... et semble même en passe de gagner son procès. Quant à Azureus, il a changé de nom pour Vuze en ouvrant une plateforme légale de VOD, ce qui rend son assignation assez incongrue.

"Les juges Français ont considéré qu'ils étaient pleinement compétents dans la mesure où la SPPF avait démontré un lien substantiel entre les faits dommageables allégués et le dommage subi en France par ses membres, par la production de procès-verbaux constatant que des phonogrammes relevant de son répertoire étaient échangés par des Internautes situés en France grâce à ces logiciels P2P", indique la SPPF.

Mais le plus dur reste à faire, puisqu'il faudra non plus seulement démontrer un dommage éventuel sur le territoire français, mais démontrer que le dommage a véritablement résulté d'une volonté manifeste et certaine de faciliter l'échange de fichiers piratés. Il faudra des preuves tangibles qui incriminent non pas seulement les utilisateurs, mais les éditeurs de ces logiciels.

Un procès passionnant en perspective, qui peut soit libérer les éditeurs de P2P français en cas de victoire de leurs homologues américains... ou totalement brider l'innovation française dès lors qu'une invention touche au droit d'auteur.

Publié par Guillaume Champeau, le 4 Novembre 2008 à 12h00
 
 
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Commentaires à propos de «Shareaza, Limewire et Vuze seront jugés en France»
 

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'ragebang', le 01/01/1970 - 01:00
l'amendement Vivendi mais quel connerie
bientot la loi carla burni ?
ou la taxe pascal negre veut une nouvelle voiture
C'est clair !
Et qu'on arrête de dire que le gouvernement dirige et que les lobbies n'existent pas ! !

Député bnp paribas, ministre vivendi, président tf1..... :ptdr:

Non, en fait, c'est pas drôle ! :vomi:
ils ont oublié gigatribe, logiciel de p2p crypté, qui plus est édité par une entreprise française...
Qu'ils interdisent les couteaux, voiture, et autres tasers qui servent manifestement à tuer, et qurtout les ordinateurs qui servent manifestement à pirater.
On aurai presqu'envie d'en rire si ce n'était pas aussi grave de voir des débiles mentaux vouloir faire la loi.
'Hybrid, le 01/01/1970 - 01:00
Attaquer Sourceforge, c'est assez scandaleux.
+1 !
Reste que tout ceci commence à me saouler grave.
Hadopi, le sénat, le PS, Artistes, Majors, SACEM, SPPF... Terminé pour moi ! Que l'industrie de la musique ne se leurre pas : Je n'attends plus que son déclin !
Et par chance, une bonne crise arrive. Je vais certainement en chier comme beaucoup de français, mais cette industrie à vraiment du mouron à se faire !

Je vous propose la conjugaison de ce verbe très intéressant : boycotter !
je boycotte
tu boycottes
il boycotte
nous boycottons
vous boycottez
ils boycottent
le temps qu'il y est la cassation,ces logiciels seront démodés ou bien des centaines de clones seront disponible
oh puis qui respecte l'amendement vivendi au fait?
L'histoire parle.. tous les logiciels et protocoles propriétaires de P2P ont fini par se casser la gueule, parce qu'ils appartenaient à une entreprise en particulier.

La nouveauté, c'est de s'attaquer à sourceforge..
Mais même si sourceforge est condamné à ne plus héberger d'applications de P2P, leur distribution se fera par d'autres moyens: le logiciel libre difficilement être attaqué par la loi, car il ne dépend de personne en particulier.
'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00
'Hybrid, le 01/01/1970 - 01:00
Attaquer Sourceforge, c'est assez scandaleux.
+1 !


-1

:non: :non: :non:

Source Force: çapusépalibre
Vive Savannah !!!


Hey, les gens, suivez un peu l'actualité du libre: SourceForge a honteusement volé le code développé librement par toute une communauté open source en déposant des brevets sur ce code.

Allez lire: La dérive de SourceForge


un extrait choisi:
Appropriation du travail des contributeurs

Voici ce qui m'est arrivé peu de temps avant l'annonce que SourceForge utiliserait et développerait du logiciel non libre. Etant reconnu comme contributeur au logiciel SourceForge (dans les sources et la documentation) , VA Linux m'a adressé une requête afin que je leur cède mes droits. Je n'étais ni surpris ni fâché par cette demande; de nombreux projets Logiciel Libre demandent aux contributeurs de céder leurs droits à l'auteur principal. La cession de droits à une personne unique est une stratégie pour défendre la licence GNU GPL plus efficacement. J'aurais été heureux de coopérer de cette façon.

Cependant, lorsque j'ai lu les détails de la cession de droits, j'ai décelé plusieurs problèmes majeurs. On me demandait de céder les droits de mon travail qui "est, ou pourrait être dans l'avenir, utilisé dans la plateforme de développement collaboratif SourceForge". La cession de droits n'était pas limitée à mes contributions au code de SourceForge, elle couvrait potentiellement tout mon travail passé et futur pour autant qu'il présente un intérêt dans le cadre de SourceForge.

Je m'attendais également à la promesse que mon travail serait publié sous licence GNU GPL, mais la cession de droits ne disait rien sur le Logiciel Libre. VA Linux aurait la possibilité de publier le logiciel dont j'étais l'auteur sous une licence non libre, interdisant complètement à la communauté d'en disposer. Cependant, à cette époque, je n'étais pas certain que cela soit un vrai problème car VA Linux produisait et utilisait exclusivement du Logiciel Libre. Deux semaines plus tard, ils ont décidé d'introduire du logiciel non libre dans SourceForge, ce qui a entrainé une nouvelle lecture des faits

VA Linux m'a affirmé n'avoir envoyé la cession de droits qu'à deux personnes, dans l'espoir de l'améliorer. Nous avons engagé une longue discussion qui a duré deux mois. Je supposais que l'objectif était de rendre cette cession de droit plus amicale à la communauté du Logiciel Libre et j'ai donc fait tous les efforts possibles pour être constructif. Finalement, le département légal a produit un document de cession de droits qui m'a été envoyé. Je le cite ici dans son intégralité:

[...]

Il s'agissait là d'une prise de pouvoir encore plus forte que dans le premier brouillon. "Vous nous donnez un contrôle complet, nous ne promettons rien". Dès lors, j'ai su que les tentatives pour clarifier le document de cession de droits étaient une perte de temps; VA Linux n'était clairement pas dans l'optique de collecter des cessions de droits en vue de défendre la licence GNU GPL.


Et puis arrêtez d'utiliser LimeWire (bourrez de système de Filtrage aujourd'hui): utilisez plutôt FROSTWIRE , un clone libre.
Je me demanade bien pourquoi ont ne s'attaque pas aussi a notre Mule adorer, suremment car ce logiciel intégre un brouillage de protocole qui empêche les FAI de savoir ce que vous télécharger vraiment !!!

Dans tous les cas tous ce ci ne rime a rien, car un pirate c'est quelqu'un qui case du code... Nous somme en fait de banale reséleur...
'Ben314', le 01/01/1970 - 01:00
Je me demanade bien pourquoi ont ne s'attaque pas aussi a notre Mule adorer, suremment car ce logiciel intégre un brouillage de protocole qui empêche les FAI de savoir ce que vous télécharger vraiment !!!

Dans tous les cas tous ce ci ne rime a rien, car un pirate c'est quelqu'un qui case du code... Nous somme en fait de banale reséleur...

coucou !

faux .
le brouillage évite juste que les fai brident vos débits .....
Je propose d'interdire également le protocole FTP, le protocole NNTP (newsgroups), le HTTP et le mail, qui peuvent tous permettre d'échanger des fichiers copyrightés. Et tant qu'à faire le protocole IP. Puis pourquoi pas revenir aux pigeons voyageurs et aux signaux de fumée...

je suis tout à fait d'accord avec vous!

Cela devienne dantesque, surtout si l'on sais qu'uen adresse IP, n'est vraiement pas fiable, qu'elle peut être piraté, les "gens bien pensant" du gouvernement et du parlement, nous sorten ADOPI, qu'elle idiotie plus grande, et du surcroit ces gens là, font le ridicule devant la communauté international. Belle image de France!

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