Interrogé jeudi midi sur la radio RMC, l’ancien patron de la FNAC et l’actuel direction du Nouvel Observateur Denis Olivennes, a vivement critiqué les réformes de la presse et de l’audiovisuel public souhaitées par Nicolas Sarkozy et défendues par Christine Albanel. Il a attaqué en particulier le déficit d’indépendance de la presse que la suppression des lois anti-concentration devrait accentuer, la possibilité pour le Président de la République de nommer lui-même le président de France Télévisions, et regretté le fait que la disparition des publicités soit financée par une taxe de 0,9 % sur les FAI.

« Je ne vois pas au nom de quoi les internautes ou les utilisateurs de téléphones mobiles devraient payer pour l’audiovisuel public« , a indiqué en substance Denis Olivennes. Il aurait préféré qu’une taxe sur les FAI puisse « financer la production du cinéma et de la musique en France« , dont il a redit qu’elle était menacée par le piratage.

Il faut dire que pour convaincre Free de signer son accord sur la riposte graduée, Denis Olivennes avait agité en coulisse la promesse de l’accès à la quatrième licence 3G. Puis Nicolas Sarkozy a demandé à Free d’accepter une taxe sur ses bénéfices destinée à financer la suppression de la publicité sur le service public en agitant la même carotte de la licence 3G… avant de la retirer subitement suite aux pressions des trois opérateurs en place. Résultat, Free condamne désormais la méthode Olivennes, en assurant qu’il n’a signé qu’une feuille blanche.

Sur le projet de loi Création et Internet et la riposte graduée, Denis Olivennes a assuré qu’il n’avait « pas du tout changé d’avis« , mais reconnu que « le Nouvel Observateur n’a pas du tout le même avis » (à propos, on se félicite que le site du Nouvel Obs ait parlé de notre opération 60 secondes contre Hadopi, contrairement à l’un de nos confrères en ligne qui a refusé d’en faire mention alors qu’il a beaucoup d’impact sur Internet). Franc-jeu, Denis Olivennes a rappelé à juste titre que le Nouvel Obs « avait été à la pointe du combat contre DADVSI« . Mais à titre personnel, « je me sens en accord avec le projet de loi« , a-t-il indiqué en expliquant que le fait de suspendre l’accès « quelques jours » (en fait plusieurs mois) après avertissement était « un progrès » par rapport au droit actuel.

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