Le SNEP aussi veut croire au maintien de la riposte graduée

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 25 Septembre 2008 à 12h18 - posté dans Société 2.0

Sans surprise, le Syndicat National de l'Edition Phonographique (SNEP) qui représente les majors du disque s'est fendu d'un communiqué pour contester la portée juridique de l'amendement voté mercredi par le Parlement Européen. Pour rappel, le texte voté dispose qu'aucune "restriction aux droits et libertés fondamentales des utilisateurs finaux ne doit être prise sans décision préalable de l'autorité judiciaire en application notamment de l'article 11 de la charte des droits fondamentaux, sauf en cas de menace à la sécurité publique où la décision judiciaire peut intervenir postérieurement".

Contrairement à la ministre de la Culture qui a nié en bloc le fait que l'amendement pouvait modifier quoi que ce soit à la mise en oeuvre de la riposte graduée prévue dans son projet de loi Création et Internet, le SNEP reconnaît d'abord que le Parlement européen a voté "un amendement destiné à garantir aux internautes l'intervention du juge en cas de mesure visant à restreindre leur accès à Internet". Le projet de loi, en l'état, ne prévoit de contrôle du juge qu'a posteriori, en cas d'appel ; la sanction étant prononcée non pas par le juge mais par une autorité administrative. Tel qu'il a été voté, l'amendement impose une intervention préalable de l'autorité judiciaire, ce qui sera sans doute le point d'achoppement des débats en seconde lecture.

Car comme Christine Albanel, le SNEP veut encore croire que "le texte voté n'a aucun caractère définitif". Comme nous l'anticipions mercredi, le gouvernement veut tenter de faire sauter l'amendement à l'occasion de son renvoi au Conseil de l'union européenne, obligatoire dans le processus de codécision. A cet égard, le SNEP rappelle que "la Commission Européenne qui, au travers de Mme Redding, s'est montrée favorable au système de réponse graduée proposée par le projet de loi 'Création et Internet', puis le Conseil auront le dernier mot". Juridiquement, c'est exact. Politiquement toutefois, de quelle légitimité pourrait arguer l'Union Européenne auprès des peuples européens si les organes exécutifs de l'Union font disparaître une disposition adoptée par les députés européens à une écrasante majorité proche de 85 % des voix ?

De plus, comme l'indique très justement le SNEP, "le texte en lui-même n'interdit pas un système de réponse graduée". Il en change simplement les règles, en protégeant les droits les plus élémentaires des citoyens, à commencer par le droit à un procès équitable.

Donc si le SNEP reconnaît que le texte voté mercredi n'empêche pas la poursuite du projet de loi Création et Internet, et si Christine Albanel maintient que l'amendement "se borne à rappeler un principe général qui n'apporte rien au droit existant", il n'y a aucune raison de s'agiter et de demander son retrait ou sa correction en deuxième lecture. Non ?

Publié par Guillaume Champeau, le 25 Septembre 2008 à 12h18
 
 
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Commentaires à propos de «Le SNEP aussi veut croire au maintien de la riposte graduée»
 
Aveuglement ,bétise ou prédiction ?
Fanatisme, incompétence,jusqu'au boutisme et bientôt démission...
deux versions qui différent
Albanel dit que internet n'est pas un droit fondamental alors que le SNEP suit la directive du parlement de Avril 2008 qui dit que couper internet est contraire aux droits de l'homme.
Qui est le pire?
[mode humour]
je crois que j'ai compris ^^
dans prison break le general à la charge de la companie qui dirige le monde et joue avec les lois ce ne serait pas pascal negre (ou un de ses potes) ?!?
[/mode humour]
humour mais bien adapté^^ la ALBANEL=CAROLINE REYNOLDS espérons la même fin pour elle
"proche de 85 % des voix", c'est plutôt proche des 90% (88.56)
Sinon c'est bien d'avoir des gens qui passent leur temps à vouloir nous faire régresser, que ce soit par leur mesure absurde ou leur entêtement, France quand tu nous tiens...
elle peut croire ce qu'elle veut, si elle persiste comme cela, elle s'atirera la colère de 85 % de votant, pourquoi tant d'acharnement à contester la démocratie ?
Tout simplement parce que pour votre président l'Europe doit rester aux pieds de la France et que la France n'est pas une démocratie
Bien vu bile666 et plus même une belle ploutocratie .
A ma connaissance il n'existe pas de démocratie sur la planête, seulement des régimes politiques ayant un projet démocratique (la France en fait-elle partie ?)
Tout dépend de ce que tu entends par démocratie. Sans tomber dans le chauvinisme, je considère la Suisse comme un pays démocratique car il offre la possibilité à ses citoyens de contester démocratiquement les décisions prisent par les politiques.
Certes ce système de contestation par pétition en Suisse est original mais aussi de référendum national, encore faut-il pouvoir le mettre en pratique pour 60, 80 ou 250 millions d'habitants d'un pays.

Et puis bon la Suisse aussi a ses moutons noirs.
En vrac: opacité du système bancaire et financier, l'UDC raciste avec sa naturalisation à la tête du client, les droits de l'homme à la carte défendus à l'ONU, le baissage de froc diplomatique devant Kadhafi etc... :)
En même temps, l'opacité du système bancaire n'a rien à voir avec la démocratie. :)
C'est un choix historique, avec ses défauts mais aussi ses avantages (et pas que pour la Suisse).
Ce n'est pas parce que maintenant il pose un problème (comme la plupart des paradis fiscaux) à une certaine frange de la population (qui sont les premiers à en tirer parti depuis des années d'ailleurs pour leurs magouilles) et qu'ils le critiquent quand ça les arrangent que ça a changé. :D

Faut pas déconner, le secret bancaire des paradis fiscaux c'est bien quand nos élus et Hommes d'affaires s'en servent pour planquer leur thune, mais c'est mal quand des terroristes font pareil parce qu'on peut pas les chopper ?
Voilà la cohérence. :)

Et accessoirement, la Suisse est effectivement un des seuls pays au Monde qui s'approche autant de la démocratie directe (quoique certaines évolutions en amérique du Sud genre au Brésil sont pas mal non plus).
Sur le papier la France pourrait l'être aussi mais le système est gangrainé par du corporatisme (aaah l'ENA), du copinage, une corruption gallopante et une totale déconnexion du monde réel. C'est dommage. :(
acrosomia, le 01/01/1970 - 01:00
Certes ce système de contestation par pétition en Suisse est original mais aussi de référendum national, encore faut-il pouvoir le mettre en pratique pour 60, 80 ou 250 millions d'habitants d'un pays.

Et puis bon la Suisse aussi a ses moutons noirs.
En vrac: opacité du système bancaire et financier, l'UDC raciste avec sa naturalisation à la tête du client, les droits de l'homme à la carte défendus à l'ONU, le baissage de froc diplomatique devant Kadhafi etc... :)

C'est quoi ce système par pétition ?? ici on parle de referendum et initiative. Je ne vois pas de problème à leur introduction pour 250 millions de personnes.

Opacité du système bancaire ?? alors là tu parles à la bonne personne, je travaille dans une banque. Le système n'est pas opaque du tout, mais il ne permet pas aux autorités fiscales par exemple de demander des informations directement sans levée du secret bancaire par un juge. On parle ici de vie privée et ici on ne consulte pas les comptes comme un annuaire téléphonique. Par contre, on applique les règles sur la lutte contre le blanchiment qui sont parmi les plus strictes du monde.

L'UDC raciste montre ses limites, j'ai eu très peur au début des années 2000 quand l'UDC est montée en puissance, mais là ce parti est au maximum et devrait baisser. De toute facon, aucun parti n'a la majorité dans le système politique suisse ce qui garantit la recherche d'un accord commun. Même les referendums de l'UDC ont du mal à passer signe que le peuple n'ai pas dupe.

Le baissage de froc devant Kadhafi ?? si les plaignants signent des accords à l'amiable avec la famille Kadhafi et retire leur plainte ce n'est quand même pas la faute à la Suisse. Je te rappelle au passage que l'on est un des seuls pays au monde à avoir arrêté le fils de Kadhafi ce que la France n'a jamais fait malgré les nombreux débordements de ce monsieur.

Certes on n'est pas parfait, loin de là, mais je ne renoncerai pas au système de démocratie direct pour une République qui ressemble de plus en plus à une République bannière.
Quelques définitions :

DÉMOCRATIE
Régime où tout le monde a le droit de dire que l’on est en dictature.

DICTATURE
Régime où tout le monde doit dire que l’on est en démocratie.

(Georges Hahn)

Cela dit, il est indéniable que la Suisse est plus démocratique que notre France, et que des trucs intéressants se passent en amérique du sud.
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