Digital Intelligence Centre, société québecoise spécialisée dans la surveillance des réseaux P2P, nous inonde de chiffres tous plus intéressants les uns que les autres. Les données sont précises et très instructives, on y apprend par exemple la répartition géographique des utilisateurs de P2P, mais surtout très exactement ce qui est piraté actuellement sur les réseaux. Une lecture que l'on conseille à tous.

L’étude IT Innovations & Concepts menée par Digital Intelligence Centre est réellement impressionnante de précision et d’exhaustivité. Classés méthodiquement, les chiffres nous renseignent aussi bien sur l’état général du piratage que sur les éditeurs de livres les plus piratés actuellement.

On apprend ainsi et sans grande surprise que les américains représentent plus de 50 % des utilisateurs du réseau FastTrack de Kazaa, mais bien plus bizarrement que les suédois (grands consommateurs de connexions haut-débit) arrivent deuxième avec près de 25 % de la population du logiciel. Quasi derniers, les utilisateurs français formeraient uniquement 1,22 % des utilisateurs de Kazaa (chiffre à réévaluer cependant pour inclure les utilisateurs d’AOL, sans doute « américanisés »).

Musique : le MP3 n’est plus ce qui attire les utilisateurs de P2P

Alors que l’on ne cesse de parler toutes les semaines des nouvelles actions de la RIAA contre le piratage des disques, la musique ne représenterait que 13,9 % du piratage, contre 46 % pour les films et, surprise de cette étude, 20,4 % pour les livres. On apprend ainsi que les livres sur les technologies sont très demandés sur le réseau (72 % de la demande littéraire) ; Addison Wesley, Oreilly, et Sams étant les premiers éditeurs victimes du piratage de leurs livres.

Curieusement les genres musicaux les plus piratés se calquent relativement mal sur ceux qui passent le plus souvent sous le rayon laser des caissières. Si le rock est autant piraté qu’il est acheté, la musique classique est elle particulièrement bien épargnée par le phénomène, preuve sans doute que les mélomanes amateurs de Mozart et de Beethoven tiennent encore à la qualité CD (mais ils ont sans doute aussi un rapport différent à l’œuvre, plus charnel, qui les pousse à consacrer une part de leur budget à l’achat d’une sonate). Le Blues semble connaître également le même traitement de faveur, alors que le newage et le reggae sont particulièment piratés en proportion de leur score de vente. Les artistes les plus piratés actuellement seraient Eminem, John Kuindji, Dido, Judas Priest, et Backstreet Boys (un classement qui nous semble toutefois étrange…).

Films : Le porno plaît plus que Disney

Côté films, S.W.A.T gagne la palme d’or du film le plus piraté la semaine dernière, devant Matrix Reloaded et Seabiscuit. On remarquera particulièrement que Finding Nemo, le film qui a rapporté le plus à l’industrie du cinéma la semaine passée, n’apparaît que 11e au classement du piratage, chiffre que l’on peut rapprocher de « Pirates des caraïbes », seulement 21e alors qu’il apparaît en seconde place dans les sources de revenus de l’industrie. Les films pour enfant sont-ils épargnés par le piratage ? Apparemment. Le porno lui se porte bien sur Kazaa, avec 17 % des transferts de films (il est tellement plus simple et discret de double-cliquer sur un moteur de recherche que d’entrer au sex-shop du coin…).

Jeux-vidéo : d’Internet à la console…

Microsoft, Electronic Arts, LucasArts et EA Sports sont les quatre éditeurs de jeux les plus piratés actuellement sur les réseaux P2P, mais il est sans doute plus intéressant de constater que seuls 63 % des transferts de jeux sont dédiés au PC. 11,8 % des jeux piratés sont des jeux Playstation 2, tandis que la Xbox et la PS1 se tiennent la main avec 4,91 % des fichiers. L’émulation semble en bonne forme également puisque plus de 10 % des transferts concernent des plateformes qui ne sont plus en circulation dans le commerce.

Logiciels : Microsoft et Adobe loin devant

Data Intelligence Centre a capturé le nombre de logiciels offerts au téléchargement à un moment précis (le 14 octobre à 18:00:00 EST). Le grand vainqueur : Microsoft Office XP, devant Photoshop 7.0, Nero 6 et Norton Antivirus 2004. Si l’on traduisait le manque à gagner des 14 premiers éditeurs de logiciels les plus piratés, on arriverait à la somme astronomique de 12 milliards de dollars, dont 7 milliards rien que pour Microsoft, et 4 milliards pour Adobe. Chiffres bien sûr totalement fictifs puisque un logiciel piraté n’est pas forcemment (loin de là dans le cas de Photoshop par exemple) un logiciel qui aurait été acheté.

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