Monsieur Laurent Petitgirard,
Je déplore qu'il n'exista pas sur ce forum de personnes capables de vous répondre correctement.
Moi aussi j'évite d'y poster concernant le caractère trop peu impartial de celui-ci.
Néanmoins je m'inscris pour répondre à votre message afin que vous puissiez constater que tout les lecteurs de ce site ne sont pas des réactionnaires extrémistes anti-SACEM incapable d'écouter.
Concernant le regret de la SACEM de ne pas adopter la licence globale optionnelle :
- Vous avez dit
=> Il est donc faux comme le dit l'article qu'elle aurait été payée par les FAI, elle l'aurait été par les seuls internautes.
Vous jouez ici hypocritement sur les mots. Il est bien évident que vous n'aviez pas l'intention de taxer directement les impôts, mais bien les FAI, qui auraient répercuté cette taxe sur le prix de l'abonnement, faisant ainsi payer l'internaute.
Le jour du DADVSI, cette initiative a valu à l'UMP une tape sur les doigts, je me souviens encore d'un député UMP disant "Vous ne toucherez pas aux FAI".
Le FAI et le consommateur sont liés. Taxer le FAI, c'est taxer le consommateur, et presque vice versa pourrait-on dire puisque l'argent de cette réumnération, si elle était versée via impôts, se répercuterait sur le pouvoir d'achat des français à payer leur FAI.
Donc tout d'abord, cessez donc de séparer FAIs et consommateurs et de jouer sur l'un ou l'autre selon ce qui vous arrange. Séparer FAI et consommateurs est une aberration lorsque l'on connait la structure en étoile d'internet concernant le raccord FAI-Terminal.
=> La raison principale pour laquelle elle a été rejetée par les sociétés d'auteurs (pas seulement la Sacem) c'est qu'elle était apparentée à de la Copie Privée
Encore heureux.
On ne taxe pas les gens pour de la musique qu'ils s'échangent par internet pour les empêcher de partager cette musique.
Si vous taxez les échanges, il faut aussi autoriser ces échanges.
Je me souviens, lors du DADVSI, que la copie de musique-DRM ou DVD était autorisée, le nombre étant fixé par les producteurs, et ce nombre pouvant être de 0. Et 0 copies autorisées, ce n'était pas interdire la copie. C'était très fort ça.
Vous voulez taxer les FAI pour quoi ? Pas parce qu'ils transportent de la musique, c'est complètement stupide comme raisonnement, la poste ne paye pas de droits d'auteur lorsque l'on envoi un CD piraté à un ami. En réalité, vous voulez taxer les pirates via leurs FAI. Soite. Mais dans ce cas, autorisez le piratage.
Quand on cherche à (sur)taxer les gens pour un droit qu'on leur refuse, on appelle ça avoir "le beurre, l'argent du beurre, le cul de la crémière et le sourire du crémier", et c'est ce que la SACEM et autres sociétés de productions cherchent à faire précisément en ce moment.
=> l'abandon du droit exclusif des auteurs sur leurs oeuvres, ce qui plaçait la Sacem dans une situation juridique impossible vis à vis des autres sociétés d'auteurs internationales
C'est justement la lourdeur de cette organisation incappable de s'adapter assez vite à internet qui provoquera sa chute.
Inutile de discuter ce point, contentez-vous d'attendre et d'observer, c'est aujourd'hui inéluctable.
=> que le partage de la copie privée sonore est de 50% auteurs - 25% interprètes - 25% producteurs et que nous savions très bien que même si cela semblait très profitable aux auteurs à première vue, le résultat aurait été que plus un seul producteur n'aurait investi dans la production de musique.
Justement, tant mieux. Le but de cette taxe aurait été d'encourager le développement de musique sans producteurs.
Vous ne comprenez pas la finalité de cette évolution, voyez la fin de mon commentaire pour vous éclairer.
Concernant votre dernière réponse :
=> C'est inoui de vous voir ainsi tous transformés en défenseurs des FAI, alors que ce sont les seuls qui se sont enrichis d'une façon colossale depuis des années...
Ne mélangez pas 2 problèmes distincts.
Nous sommes parfaitement conscients du monopole des FAIs et de leurs prix abusifs en France, situation de monopole limite-illégalement maintenue par le gouvernement actuel afin de garder mainmise sur ce marché, avec chantages à la clé.
Les FAIs, même s'ils ont des tarifs élevés, ce sont contentés jusqu'ici de faire leur travail, eux.
Un simple travail de postier, de transferts de paquets.
La poste paye-t-elle des droits quand j'envois un CD illégalement gravé à un ami ? Non.
Pourtant cette pratique était très répandue avant le téléchargement.
En réalité, votre organisation perd tellement d'argent qu'elle cherche tous les prétextes pour en pomper ailleurs, qu'importe si cela entraîne la pire des mauvaises foi.
Pour finir, Monsieur Laurent Petitgirard, je vais vous expliquer ce que sera l'avenir.
Pas MA vision de l'avenir, mais LA vision de l'avenir, telle qu'il sera en réalité, que vous le vouliez ou non.
Dans l'avenir, le CD aura complètement disparu, ainsi que tout support matériel à la musique.
La musique sera distribuée gratuitement par internet directement via le site de l'artiste, sans DRM, et à très bas prix ou gratuitement.
Alors, me direz-vous, comment vivra l'artiste ?
Simple, il vivra comme tous les artistes ont vécu avant lui, des représentations.
Car la beauté de l'art musical, en opposition avec la sculpture ou autres arts millénaires, voit son paroxysme d'intensité s'exprimer dans l'éphémère. C'est ça que les gens recherchent, assister à une version de la musique unique au moment. C'est pour cela que les gens vont aux concerts. Et cette filaire est bien trop sous-exploitée.
Un artiste a toujours été un saltimbanque avant tout, bien avant que les sociétés de production s'emparent du monopole ultra-lucratif de la diffusion, temps aujourd'hui révolu.
Je vous prédie donc un avenir dans lequel les majors de l'organisation des concerts seront bien plus développées et où les gens iront assister à de plus petites et plus nombreuses représentations.
Les majors y gagneront (pas 80% des revenus de l'artiste, certes moins), et l'artiste y gagnera beaucoup plus d'argent.
Seulement, la mise en place de ce système bénéfique à tout le monde impose l'élimination du parasite principal de la chaîne : la major de production, grosse tique inutile qui pompe 80% des revenus de l'artiste pour lui offrir quoi en échange ? Un moyen de diffusion périmé. Donc plus grand chose en somme.
C'est pour cette raison, Monsieur Petitgirard, que je télécharge et que je ne m'en cache pas, afin de faire évoluer correctement le système pour le bien de tous les maillons (utiles) de la chaîne artistique.
La loi création et internet me fait bien rire étant donné que je télécharge sur des réseaux anonymes et cryptés (Stealthnet) totalement invulnérables à cette pseudo-loi.
Les mesures que vous pourrez prendre pour persister dans le contrôle total de la distribution sont dors-et-déjà toutes vouées à l'échec, et c'est pour cette raison que pas seulement ce site mais l'internet tout entier se moque des choix que vous faîtes, ce qui vous donne un sentiment de non-impartialité, complexe de la victime en somme.
Je vous laisse donc à vos problèmes, qui sont à l'heure actuelle à un niveau supercritique, c'est le moins que l'on puisse dire.
Cordialement.