Dans un document transmis aux employés, Facebook explique que de nouvelles règles s'appliquent aux discussions entre employés et employées. Ils n'ont plus le droit de tenter d'influencer quelqu'un en parlant politique.

Au lendemain de la campagne présidentielle américaine de 2016, Facebook a été accusé d’avoir laissé se diffuser sur sa plateforme des messages de propagande politique. Le réseau social a depuis pris des mesures qui vont jusqu’à s’appliquer à ses employés. Ces derniers ont été sommés, d’après un document interne publié par Business Insider mardi 15 janvier, de ne plus trop parler de politique entre eux au bureau.

Une ouverture d’esprit, mais pas de discussions qui pourraient fâcher

Le document interne est signé par Mike Schroepfer, le directeur des technologies chez Facebook. Il y explique que de nouvelles règles vont être appliquées aux discussions en interne.

Un stand Facebook au marché de Noël de Strasbourg. // Source : Facebook

Parmi ces nouvelles règles, le fait de ne pas insulter ou harceler ses collègues, mais aussi de ne pas les «  contrarier » et de ne pas «  essayer de changer les opinions politiques ou la religion de quelqu’un ». Elles concernent Workplace, une application de messagerie utilisée entre autres par les employés du réseau social, mais aussi les échanges par email, chat, les panneaux d’affichages, et les conversations en face à face.

« En 15 ans, nous avons construit une culture de l’ouverture d’esprit, écrit Mike Schroepfer. Que ce soit en personne, sur Workplace ou par d’autres canaux, nous soutenons le fait que les gens puissent exprimer leur vraie nature et leurs pensées. Notre ouverture est notre super-pouvoir. »

Il regrette pourtant que cela soit « risqué », dans le sens où des personnes qui ont des opinions différentes de celles de leurs collègues pourraient se sentir mal ou non respectées. « Elles ne peuvent pas être elles-mêmes. Elles ne peuvent pas faire le travail qu’elles sont venues faire ici », argumente Mike Schroepfer. Il s’agirait, selon lui, d’un retour fait par des employées et employés.

Un modérateur chargé de vérifier les discussions sur Workplace

Pour s’assurer que ces derniers respectent bien les règles, Facebook va investir. Il va notamment travailler grâce aux ingénieurs à rendre plus facile le signalement de commentaires ou publications sur Workplace. Les signalements seront envoyés à un modérateur spécialement dédié à cette tâche.

Selon un porte-parole interrogé par Business Insider, Anthony Harrison, les nouvelles règles n’ont pas pour objectif de restreindre la liberté d’expression des personnes travaillant chez Facebook. Ce serait davantage pour éviter les contenus problématiques. Jusqu’à présent, aucune règle ne disait explicitement qu’il fallait respecter ses collègues sur Workplace.

Au mois d’août, des employés de chez Facebook s’étaient insurgés contre la « monoculture libérale » qui règne selon eux dans l’entreprise. Le New York Times racontait que Workplace était devenu à l’époque un espace privilégié pour discuter de politique. Des centaines d’employés avaient rejoint un groupe nommé FB’ers for political diversity (les employés de Facebook pour la diversité politique). Des posters avaient été placardés dans les locaux de l’entreprise en ce sens.

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