Une lettre ouverte signée par des centaines d'employés demandent à Google de laisser tomber son projet Dragonfly, qui consiste à fournir une version censurée de son moteur de recherche à la Chine.

La grogne ne faiblit pas chez Google au sujet du très controversé projet Dragonfly, qui consiste à développer une version censurée du moteur de recherche américain pour plaire à la Chine. Alors qu’une rare levée de boucliers a eu lieu au sein de l’entreprise dans les jours qui ont suivi les premières révélations, parues cet été, voilà qu’une nouvelle lettre ouverte vient d’apparaître.

Publiée sur Medium le 27 novembre et signée par plus de 410 employés, la missive prie encore une fois le groupe californien de renoncer à ce projet. « Notre opposition à Dragonfly n’a rien à voir avec la Chine : nous nous opposons aux technologies qui aident les puissants à opprimer les plus vulnérables, où qu’ils se trouvent », lancent les signataires, qui invitent les autres salariés à les rejoindre.

« Nous nous opposons aux technologies qui aident les puissants à opprimer les plus vulnérables »

« Le gouvernement chinois n’est certainement pas le seul à être prêt à étouffer la liberté d’expression et à utiliser la surveillance pour réprimer la dissidence », admettent les contestataires. Cela dit, « Dragonfly en Chine créerait un dangereux précédent à un moment politique instable, un précédent qui rendrait plus difficile pour Google de refuser des concessions similaires à d’autres pays ».

«  Beaucoup d’entre nous ont accepté un emploi chez Google en ayant en tête les valeurs de l’entreprise, y compris sa position antérieure sur la censure et la surveillance chinoises, et en comprenant que Google était une entreprise prête à placer ses valeurs avant ses profits. Après un an de déceptions […] , nous ne pensons plus que ce soit le cas. C’est pourquoi nous prenons la parole », ajoutent-ils.

google pc
Le moteur de recherche Google.

Google campe sur ses positions

Depuis sa médiatisation, l’affaire Dragonfly a largement débordé de l’enceinte de l’entreprise américaine. Plusieurs organisations de défense des libertés ont appelé Google à reconsidérer ses priorités. Même la Maison-Blanche s’en est mêlée, avec un discours du vice-président américain Mike Pence conseillant vivement à la firme de Mountain View de renoncer à cette initiative.

Sauf que ce renoncement ne semble pas du tout à l’ordre du jour. Mi-octobre, Sundar Pichai, le patron de Google, expliquait que la version en cours de développement du moteur de recherche donne satisfaction. En outre, ajoutait-il, si Google est conscient des activités de Pékin sur le web, le PDG estime que la population a tout intérêt à avoir un Google censuré que pas de Google du tout.

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