Fin août, une fuite d'oxygène a été détectée à bord de l'ISS. Bien que l'incident ait pu être encadré à temps, la Russie enquête activement sur l'origine de cette brèche, n'écartant aucune piste.

Le 30 août 2018, les équipes au sol alertaient l’équipage de la Station spatiale internationale (ISS) sur la dépressurisation de l’appareil. L’origine de cette fuite d’oxygène a été causée par une minuscule faille (2 mm) localisée sur le module orbitale russe Soyouz MS-09.

Bien que le problème ait rapidement été réglé, la Russie continue de s’interroger et d’enquêter sur cette défaillance.

La Station spatiale internationale // Source : Nasa

Erreur technique ou sabotage ?

Que s’est-il passé dans la Station spatiale internationale ? C’est ce qu’étudie Roscosmos, l’agence spatiale russe. Dans une déclaration du 3 septembre 2018 pour l’agence de presse russe TASS, Dmitri Rogozine — CEO de Roscosmos — a indiqué que l’agence envisageait « toutes les théories. » La première, qui impliquait l’impact d’une météorite, a finalement été rejetée. Les recherches ont pu démontrer que la coque avait, en effet, été abîmée de l’intérieur.

Des proportions diplomatiques et financières considérables

Roscosmos penche plutôt pour l’œuvre d’une main humaine, une erreur technique. Mais RKK Energia, concepteur du module Soyouz, ne compte pas abandonner l’étude cet incident. Pour le constructeur, c’est une affaire « d’honneur » de trouver le responsable de cette brèche et de comprendre si elle a été faite de manière délibérée ou accidentelle, sur Terre ou dans l’espace. « Et nous trouverons, sans faute », prévient Dmitri Rogozine.

Ce qui n’apparaît que comme une faille de 2 mm prend donc des proportions diplomatiques et financières considérables. L’idée d’un sabotage est lourde d’implications. Roscosmos a convoqué une commission d’Etat afin d’investiguer la brèche. De son côté, la Nasa n’a pas souhaité faire plus de commentaire sur l’enquête, se contentant d’affirmer auprès de The Verge qu’elle soutenait le travail de la commission russe.

Jonathan McDowell, un astrophysicien de l’université d’Harvard et expert en vol spatial, envisage lui aussi l’erreur technique commise sur Terre comme il l’explique à The Verge : « Peut-être qu’ils ont tenté de le réparer mais que cela n’a pas fonctionné sur le long terme après plusieurs mois dans l’espace.  » Il estime que le sabotage devrait être la dernière des hypothèses à considérer, d’autant plus que la faille se trouvait derrière un panneau d’isolation, déplacé au cours du voyage.

Le trou a été rebouché le jour-même à l’aide d’un film de polyimide et l’activité de la station est retournée à la normale le vendredi 31 août 2018. Ce qui est sûr, c’est que Roscosmos ne compte pas s’arrêter à la seule théorie de l’erreur technique.

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