Le smartphone pliable est encore un rêve. Même si on ne saisit pas bien ses usages potentiels, Samsung souhaite dévoiler son modèle d'ici la fin de l'année.

Cela fait des années que l’on en parle : le smartphone pliable est l’une des arlésiennes du petit monde de la tech qui ne cesse de fasciner. C’est à Samsung qu’on prête le plus d’intention sur ce format — même si d’autres constructeurs asiatiques semblent lancés dans la course. Et c’est Samsung qui pourrait aussi dégainer le premier : le CEO de la firme coréenne a confié à CNBC qu’un premier modèle de smartphone pliable pourrait être présenté dès le mois de novembre 2018 à la conférence pour les développeurs du géant.

DJ Koh a estimé que c’était « le moment de tenir les promesses  », même si le projet est difficile. En effet, Samsung n’est pas dupe : si le fait de plier un objet technologique n’est qu’un gadget, le format ne percera jamais. Si le smartphone déplié n’est qu’une tablette, il n’aura aucun intérêt. Si le smartphone plié n’est qu’un smartphone, ce sera simplement un smartphone trop épais. Tout le challenge, pour le constructeur, est donc de créer une expérience au service des usages qui pourront tirer partie des deux formes du smartphone. Avec une idée finale : « Qu’on puisse se dire ‘wow, c’est donc pour ça que Samsung a pensé à ce format’  ».

Il s’agit d’une belle profession de foi, mais les défis sont nombreux. Au-delà de la nouveauté côté format, il va falloir faire un système d’exploitation efficace et performant — deux adjectifs qui ne correspondent pas vraiment à ce que Samsung propose aujourd’hui sur Android, le constructeur ayant la réputation de surcharger ses appareils. Mais il va falloir également penser à tout l’écosystème autour : les applications maison pourront suffire pour une preuve de concept, mais ne sauront pas remplacer une véritable place de marché avec des milliers d’apps conçues pour le format.

Et comme souvent avec la nouveauté radicale, on ne sait jamais vraiment où commencer : les développeurs n’auront pas d’intérêt à créer des applications pour une plateforme qui n’a pas de client et les clients n’achèteront pas un objet qui n’a pas d’utilité. C’est pourquoi une annonce lors d’une conférence dédiée aux professionnels est intéressante : Samsung a tout intérêt à fournir les outils bien en amont aux développeurs, voire à financer des programmes de développement pour garantir un marché d’applications conséquent.

Une fois cela acquis, il restera au Coréen à trouver le juste prix pour un produit commercial et compte tenu de la tendance à l’augmentation du tarif des smartphones haut de gamme, on ne peut que parier sur un engin dépassant les 1 000 €.

Réponse avant la fin de l’année — et nous pourrons enfin avoir d’autres images que le concept de 2014 utilisé des milliers de fois.

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