Acer a levé le voile sur un nouveau laptop orienté gaming : un monstre de puissance baptisé Predator Helios 500 qui embarque néanmoins quelques choix douteux.

C’est à l’occasion de la conférence next@acer qu’Acer a levé le voile sur un nouveau laptop gaming : le bien nommé Predator Helios 500. Un monstre de puissance dont la facture pourra grimper jusqu’à 3 000 euros, qu’il devra de facto justifier avec des performances dignes de ce nom. Nous l’avons approché quelques minutes à New York, ce qui ne fut pas suffisant pour se forger un avis définitif, mais assez pour se faire une première idée de la bête pesant quand même quatre kilogrammes sur une balance. Un poids que l’Helios 500 ne cherche même pas à cacher derrière son look digne des produits gaming de ces dernières années. En un mot : kitsch.

Le nouveau mammouth transportable d’Acer

Mais avant tout de chose, il convient d’aborder ce point qui fâche. En lisant la fiche technique du mammouth, plus spécifiquement la ligne liée à la partie graphique, on se rend compte que toutes les versions du Predator Helios 500 seront équipées d’une GTX 1070 8 Go. Pas de 1080, donc. Un non-sens compte tenu de la nature du produit, pensé comme étant sans concession et carrément obèse par rapport aux alternatives Max-Q. Un choix encore plus étonnant quand on le rapproche des dalles 17,3 pouces compatibles G-sync proposées dans les configurations : soit une Full HD 144 Hz, soit une Ultra HD. Une GTX 1070 pour alimenter de la 4K en jeu ? On a le droit de ne pas être convaincu.

En revanche, Acer a mis le paquet sur le CPU et les plus fortunés auront ainsi la possibilité d’opter pour un Intel Core i9 8950HK overclockable. Un processeur qui, lui aussi, se serait bien vu couplé à une GTX 1080. Quoi qu’il en soit, on a pu faire tourner le dernier épisode de la saga DOOM sans problème, avec tout à fond : c’est beau, c’est fluide. En bref, les performances sont là. Mais on demande quand même à creuser.

En matière d’ergonomie, on peut faire mieux : le matériau, qui ne respire pas le très haut de gamme, est doux, mais le clavier apparaît un poil rigide. Sur ce point, on ne destinera pas l’Helios 500 à des phases intensives de traitement de texte. Naturellement, le trackpad est petit et n’a pas le droit au Gorilla Glass — car les vrais utilisent une souris.

Le design cliché

Comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, l’Helios 500 ne cherche pas à être élégant. C’est même tout le contraire. Encore en 2018, Acer estime que les joueurs se contrefichent du design. Un poncif qu’on aimerait bien voir disparaître et qui tranche avec le discours de Jason Chen durant la conférence, le CEO n’ayant eu que le mot design à la bouche. Vous vous voulez voir les bords de l’écran disparaître ? Eh bien ce n’est pas ce PC qu’il vous faut.

Ici, on parle d’un objet anguleux au visage agressif, équipé d’un clavier RGB qui fait tout plein de couleurs. Astucieusement, certaines touches sont mises en valeur (celles qu’utilisent le plus les gamers). Hélas, ce n’est pas suffisant pour rendre les lignes davantage attrayantes. En toute franchise, on ne comprend pas pourquoi Acer a loupé le coche du blanc, auquel a droit l’Helios 300 à la faveur d’une édition limitée. Peut-être pour nourrir une future conférence ? Au moins, on ne mettra pas en doute sa robustesse ni sa qualité de finition. Heureusement.

Pour éviter la surchauffe au regard des promesses de performance, Acer mise sur des ventilateurs AeroBlade 3D conçus par ses soins, associés à cinq caloducs distribuant de l’air frais aux composants. Dans les faits, il est vrai que la chauffe a l’air plutôt maîtrisée. Même avec trois écrans supplémentaires grâces aux moult ports à sa disposition (un duo de Thunderbolt 3, un DisplayPort et un HDMI 2.0) ? Nous n’avons pas pu tester. En parlant d’immersion, l’Helios 500 assure visiblement sa partie du côté du rendu sonore, quand bien même l’environnement bruyant ne permettait pas de bien s’en rendre compte, sinon de l’affirmer une bonne fois pour toutes. 

Finalement, il ne manque qu’une GTX 1080 à ce monstre de puissance pour vraiment asseoir son positionnement et faire dire aux gamers exigeants que c’est bel et bien le notebook qu’il leur faut pour jouer et streamer sans jamais se poser de question. Là, en l’état, Acer leur offre malheureusement le luxe d’hésiter.

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