On connaît la devise olympique qui encourage les athlètes à aller plus vite, plus haut, plus fort. Chez les drones, on dirait plutôt plus vite, plus loin, plus fort. Preuve en est la présentation, ce mardi 6 octobre, d’un nouveau drone conçu par la start-up française Harmattan AI. Son nom ? IRIFI. Sa portée annoncée ? 2 000 kilomètres.
Une telle distance équivaut à deux fois la traversée de la France métropolitaine, du nord au sud. C’est aussi ce qui sépare Paris d’Athènes. Sur un terrain plus opérationnel, un tel engin tiré depuis l’est de l’Ukraine pourrait atteindre l’essentiel de la Russie européenne, s’il n’est pas intercepté avant. C’est un engin fait pour la frappe en profondeur, en somme.

Harmattan AI le destine aux frappes contre des infrastructures critiques loin du front : dépôts, sites industriels, aérodromes, postes de commandement et centres logistiques. L’entreprise mise aussi sur le nombre, avec des tirs groupés capables de saturer les défenses, à une échelle que les missiles classiques ne peuvent pas suivre.
Si le prix de fabrication d’IRIFI n’est pas donné, le sujet est évoqué de façon indirecte par Mouad M’Ghari, CEO et cofondateur de Harmattan AI.
À l’entendre, il s’intercale entre le Shahed, ce drone iranien que la Russie lance en masse sur l’Ukraine, bon marché mais « imprécis et facile à abattre », et les missiles de type Tomahawk ou Storm Shadow, ultra précis, mais très coûteux et longs à produire. Un engin sans pilote comme IRIFI pourrait ainsi combler l’écart entre ces deux types d’armes.
Une fois lancé, plus personne aux commandes
Comment IRIFI est-il mis en œuvre ? Avant le tir, des officiers désignent les cibles autorisées et fixent les paramètres de la mission. Ensuite, le drone vole jusqu’à destination sans aucun contrôle humain. Le drone doit voler assez bas pour passer sous les radars, avec une précision annoncée au mètre près.
En raison de la guerre électronique qui fait désormais rage sur les champs de bataille modernes, la navigation embarquée d’IRIFI se passe du GNSS (le GPS et ses équivalents). Pour l’approche finale, un guidage par caméra prend le relais. Harmattan AI rappelle cependant que « le choix des cibles est validé » par un opérateur humain.

Toujours selon Harmattan AI, un seul commandant est en mesure de lancer des dizaines de frappes avec des drones IRIFI, épaulé par une intelligence artificielle qui trie des images satellitaires. L’entreprise ne donne cependant pas plus de précisions sur les caractéristiques de vol de l’engin ni les charges militaires qu’il pourrait embarquer.
Pour l’instant, IRIFI existe surtout sur le papier. Un premier client s’est pourtant engagé : ce mercredi 7 octobre, à l’ouverture du Marrakech Air Show, l’Administration de la défense nationale marocaine a signé avec la filiale marocaine de Harmattan AI une lettre d’intention pour acheter, développer et produire IRIFI dans le pays. Comme le développement n’en est qu’à ses débuts, il faudra attendre fin 2027 pour voir les premières unités sortir.
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