Google a baissé le prix de son forfait AI Ultra à la I/O 2026. Au même moment, l’entreprise a discrètement durci les quotas de Gemini Pro, au point qu’un seul prompt complexe peut désormais grignoter 13 % de l’allocation hebdomadaire. Un utilisateur en a fait l’expérience.

À l’I/O 2026, Google a déroulé un tapis rouge marketing autour de son offre IA : baisse de 50 dollars sur le forfait AI Ultra, nouveau palier intermédiaire à 100 dollars par mois, fonctionnalités agentiques à la pelle. En parallèle, la firme bascule l’ensemble de ses abonnés Gemini sur un système de quotas, que toutes les autres entreprises de l’IA pratiquent déjà. Si vous utilisez Claude, notamment, vous savez à quel point l’usage de tokens des forfaits normaux va vite.

Selon Android Authority, Google abandonne le décompte par nombre de prompts au profit d’un système basé sur le compute, c’est-à-dire la puissance de calcul réellement consommée. Trois variables entrent en jeu : la complexité du prompt, les fonctionnalités sollicitées (génération vidéo, recherche approfondie, raisonnement étendu) et la longueur de la conversation. Le quota se recharge toutes les cinq heures côté demande quotidienne, avec en plus un plafond hebdomadaire au-dessus.

Sur le papier, l’argument tient : une requête vidéo coûte effectivement plus cher à faire tourner qu’un « résume-moi ce texte » ou « traduis cette citation ». En pratique, plusieurs utilisateurs cités par 9to5Google rapportent que la limite saute beaucoup plus vite qu’avant, parfois en cinq prompts pour épuiser la moitié de l’allocation.

Le compute, nouvelle Google money

Le chiffre qui circule sur Reddit et sur X depuis l’I/O : un seul prompt complexe peut grignoter jusqu’à 13 % du quota d’un abonné AI Pro, certaines fonctions atteignant les 30 %. Un utilisateur a publié une démonstration : un prompt vidéo (raté) lui a coûté tout son quota et a lancé le compteur pour 5 heures.

Google n’a pas publié de barème en jetons ou en crédits, ce qui laisse les abonnés naviguer à vue depuis le tableau de bord Usage limit intégré à l’app. La communication officielle insiste sur un point : AI Pro offre désormais quatre fois la limite du tier gratuit. Sauf que la comparaison pertinente, ce n’est pas le tier gratuit, c’est l’ancienne offre Pro, qui plafonnait au nombre de messages… une donnée évidemment absente.

Comme on l’a évoqué, ce glissement n’est pas propre à Google. Anthropic facture déjà Claude sur des fenêtres de cinq heures, OpenAI multiplie les paliers tarifaires depuis le lancement de GPT-5.2. Le coût d’inférence d’un modèle de la classe de Gemini 3.1 Pro reste vertigineux, malgré les optimisations récentes comme l’algorithme TurboQuant qui divise par six l’empreinte mémoire des modèles. Les éditeurs cherchant un modèle économique qui ne soit pas l’abonnement à tout-faire vendu trop cher au lancement, le passage au compute-based est, à terme, sans doute le bon arbitrage technique. Avant, peut-être, de retourner vers l’illimité quand les coûts d’utilisation auront baissé avec l’amélioration des technologies.

Face aux plaintes massives sur Reddit et les forums développeurs, Varun Mohan, qui dirige l’équipe Antigravity chez Google, a annoncé sur X un triplement permanent des limites côté Antigravity et un reset des quotas hebdomadaires.

L’app grand public Gemini, elle, garde son nouveau plafond. Pour qui paie 19,99 dollars par mois, si l’usage se résume à du chat texte court, rien ne change. Pour les utilisateurs qui font tourner Gemini sur du code, des fichiers longs ou de la génération vidéo (soit précisément les cas d’usage mis en avant par Google dans ses keynotes à destination des professionnels), l’abonnement Pro vaut sensiblement moins qu’il y a une semaine. La nouvelle option, pour payer des quotas en plus, boucle la boucle : ce qui était inclus devient un complément payant.

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