Le 12 mai, en clôture de sa grand-messe The Android Show, Google a officialisé ce qui bruissait dans les couloirs de l’industrie depuis des mois. L’entreprise ne veut plus se cantonner aux ordinateurs d’entrée de gamme : elle compte désormais s’imposer comme une alternative haut de gamme crédible face à macOS et Windows.
Pour concrétiser cette ambition, la firme a annoncé les Googlebook : des machines dotées de leur propre système d’exploitation autrefois appelé « Aluminium OS », qui est en réalité une déclinaison d’Android pensée pour les PC. Fenêtre de lancement, grille tarifaire, constructeurs et configuration : voici tout ce que l’on sait déjà sur la grande contre-offensive de Google.
Quand pourra-t-on acheter un Googlebook ?
Google a confirmé une fenêtre de lancement pour l’automne 2026 sur son site officiel. C’est le timing classique pour profiter de la rentrée des classes et, surtout, des fêtes de fin d’année. Cependant, il ne faudra pas attendre cette période pour en apprendre davantage sur les Googlebook.
Des démonstrations de prise en main sont attendues dès la Google I/O le 19 mai, où la rédaction de Numerama sera présente.
Quels constructeurs proposent les Googlebook ?
Pour ce lancement, la firme de Mountain View reprend exactement la même stratégie de distribution qui a fait le succès des Chromebook il y a quinze ans. Elle s’appuie sur cinq partenaires historiques chargés de construire ces nouvelles machines et ne construira pas son propre ordinateur :


- Acer ;
- Asus ;
- Dell ;
- HP ;
- Lenovo.
Mais pourquoi Google fait-il ce choix ? Contrairement à Apple qui maîtrise désormais toute la chaîne (du processeur Apple Silicon au logiciel macOS en passant par le châssis du MacBook), Google opte ici pour une autre approche.
On peut légitimement se demander pourquoi Google ne va pas jusqu’au bout de sa logique en proposant son propre ordinateur, à l’image de ce qu’il fait avec les smartphones Pixel. Alors que la marque conçoit ses propres terminaux mobiles : le Googlebook n’est pas un ordinateur unique produit par Google, mais une catégorie certifiée. Il n’y a d’ailleurs pas de caractéristiques obligatoires, Google précise que les Googlebook peuvent avoir des puces ARM ou x86.

Cette stratégie qui sonne comme un aveu de prudence lui assure aussi une présence massive et immédiate en rayon, sans endosser le gouffre financier des lignes de production — fortement impactées par la crise de la RAM. C’est un coup intéressant à jouer sur le papier à condition que son cahier des charges ultra-strict suffise réellement à maintenir le niveau de qualité sur toutes les machines et à lui faire un nom sur ce marché. En cas de succès, un Pixelbook est néanmoins possible.
À quoi s’attendre niveau prix ?
C’est ce positionnement tarifaire qui décidera, en fin de compte, de la capacité des Googlebook à s’imposer face à une concurrence déjà solidement installée comme les MacBook — qui malgré la crise qui entoure le marché de l’informatique, réussi à baisser les couts malgré la hausse de la RAM.
Comme précisé plus haut, il n’y aura pas de tarification unique puisque la fabrication est déléguée à différents géants de l’industrie. Selon la fiche technique — notamment la quantité de RAM et le type de processeur — les prix fluctueront forcément d’une marque à l’autre : un Googlebook conçu par Acer ne sera pas affiché au même montant qu’une machine signée Lenovo.
Pour encadrer cette diversité et garantir l’aspect haut de gamme, Google impose néanmoins des critères de certification, comme l’utilisation de matériaux premium (aluminium, finitions soignées) et une puissance de calcul minimale indispensable pour faire tourner l’IA Gemini en local.
Compte tenu de ce que l’on sait aujourd’hui et des sérieux atouts que le Googlebook doit faire valoir face à ses rivaux, on peut raisonnablement tabler sur une fourchette de prix oscillant entre 700 € et 1 200 €, voire davantage selon la configuration choisie. De tels tarifs les placeraient en confrontation directe avec les MacBook Air et la gamme des MacBook Neo sortis plus tôt cette année, qui dominent très largement le marché aujourd’hui.
Les Google Chromebook toujours dans la course
L’arrivée du Googlebook ne signe cependant pas l’arrêt de mort du Chromebook. Si les deux partagent une partie de leur ADN, ils ne boxent clairement pas dans la même catégorie. Pour faire simple : les Chromebook continueront d’occuper l’entrée de gamme, quand les Googlebook visent plutôt un placement milieu, voire haut de gamme.
Ces derniers disposent également d’une grande flexibilité matérielle déjà annoncée par les partenaires comme Intel.
Google a fixé des règles pour que les fabricants puissent aussi utiliser des puces issues de chez Qualcomm ou MediaTek.
D’un côté, avec les modèles équipés de puces Intel, Google vient chasser sur les terres des gros PC portables traditionnels. Il cible ici les utilisateurs qui ont besoin de puissance pour travailler sur des logiciels lourds et le multitâche intensif. Ces Googlebook Intel viendront directement concurrencer les PC sous Windows, avec la promesse d’une expérience plus fluide grâce à l’intégration de Gemini. Reste toutefois à savoir si l’écosystème d’Aluminium OS — le système d’exploitation de ces machines — sera suffisamment complet pour accueillir les applications indispensables, qui font parfois encore défaut aux Chromebook sous Chrome OS.
De l’autre côté, en validant les puces ARM (Qualcomm, MediaTek), Google s’attaque frontalement au segment des appareils fins et très endurants, à l’image des Surface de Microsoft ou des MacBook. Google veut séduire ceux qui cherchent une machine capable de rester allumée toute la journée, tout en offrant une intégration avec le smartphone dans un contexte où Apple a pris du retard sur le déploiement de l’iPhone Mirroring en France.
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