Les études se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Tandis que l’OMS a requalifié le risque des champs électromagnétiques de radiofréquence, une étude danoise conduite depuis 1990 sur plus de 350 000 sujets n’a pas trouvé de lien causal entre le risque de tumeurs et l’utilisation d’un téléphone portable.

Le téléphone portable constitue-t-il un risque pour la santé des individus ? Depuis de nombreuses années, la nocivité réelle des champs électromagnétiques de radiofréquence divise la communauté scientifique. Plusieurs études ont déjà été publiées dans de nombreux pays et les incertitudes sont loin d’être levées autour de l’impact des ondes sur la santé humaine.

Une nouvelle expertise, publiée jeudi dans le British Medical Journal, vient à son tour apporter de l’eau au moulin. Conduite au Danemark, l’étude est remarquable par sa durée et par le nombre de sujets suivis par l’équipe conduite par Patrizia Frei, de la Société danoise du cancer. Elle a duré dix-sept ans, de 1990 à 2007, et a concerné 358 403 Danois abonnés à un opérateur de téléphonie mobile.

Les conclusions des travaux danois indiquent qu’il n’y a aucun risque accru de tumeurs du système nerveux central, remettant ainsi en cause une association causale entre une utilisation d’un téléphone portable et le développement d’une tumeur au niveau du cerveau (gliomes et méningiomes). En effet, le taux d’apparition de tumeurs chez les utilisateurs de mobiles est sensiblement le même que celui des autres Danois.

Rien de significatif, donc ? Pour une utilisation normale, oui. L’étude ne tient compte en effet que des personnes abonnées à titre privé, sans prendre en compte les individus disposant d’un téléphone portable dans le cadre professionnel. Or il existe des cas de figure où un téléphone mobile peut être très souvent utilisé dans le cadre professionnel.

La durée quotidienne d’utilisation du portable n’est pas non plus connue, les sujets n’ayant pas été interrogés sur ce point précis. Un oubli regrettable, car cela aurait sans doute permis de dégager des tendances en fonction du temps passé au téléphone. Le risque de voir apparaître une tumeur chez les très gros utilisateurs est en effet mal connu. Une exposition prolongée a peut-être un impact.

Rappelons que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a annoncé début juin que les champs électromagnétiques de radiofréquence sont peut-être cancérogènes. Selon la classification OMS, ces champs sont désormais dans la catégorie 2B. Cela signifie que les mobiles sont potentiellement dangereux pour la santé humaine, mais que la nocivité n’est pas encore formellement prouvée.

Nul doute que de nouvelles études seront conduites à l’avenir.

Source : Numerama

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