Avec Sword Art Online, Overlord est l’autre référence incontournable des animés Isekai. Les deuxième et troisième saisons diffusées cette année sur la plate-forme Anime Digital Network l’ont définitivement confirmé.

La série est tirée d’un light novel de Kugane Maruyama (texte) et so-bin (illustrations) qui a débuté en 2012. Treize volumes sont disponibles à ce jour dont les six premiers en France sous la forme de doubles volumes parus chez Ofelbe. Overlord existe aussi en manga avec les huit premiers tomes (sur dix) édités chez Ototo. Les ventes cumulées des deux supports atteignent les 7 millions d’exemplaires. Même si nous sommes encore loin des scores d’un Sword Art Online, Overlord est un titre sur lequel il faudra compter.

Le roman vient tout juste de terminer l’année 2018 en tête des ventes au Japon avec plus de 800 000 exemplaires vendus, soit le double de l’année précédente. Un succès qui s’explique en partie par la diffusion de la suite de l’animé dont la première saison remonte à 2015. Le studio Madhouse (No Game No Life) a produit, non pas treize nouveaux épisodes mais le double, découpés en deux parties (ou « saisons ») couvrant les tomes 4 à 9 du light novel. En tête d’affiche, nous retrouvons bien sûr le réalisateur Naoyuki Itô (Kanon), Yukie Sugawara (SAO) au scénario et Takahiro Yoshimatsu (A Place Further than the Universe) en tant que directeur de l’animation et chara-designer.

Madhouse Studios/via ADN

En 2138, le jeu de rôle massivement multijoueur Yggdrasil s’apprête à fermer ses portes après douze années d’existence. Momonga, l’un des joueurs les plus puissants, décide de rester connecté jusqu’à ce que le serveur ferme ses portes. Or, une fois l’heure fatidique passée, Momonga est toujours dans le jeu, sans possibilité de se déconnecter ou de contacter un administrateur. Plus surprenant, les PNJ semblent dotés d’une conscience et de sentiments. N’ayant ni amis ou famille dans la vraie vie, le jeune homme va alors vite se faire à sa nouvelle condition. Il décide de partir à la conquête de ce nouveau monde sous la nouvelle identité de Ainz Ooal Gown, le terrible sorcier mort-vivant…

Overlord reprend l’idée de Log Horizon (paru à partir de 2010) où des joueurs se retrouvent dans un autre univers ressemblant trait pour trait à leur jeu favori. Sauf que c’est bien réel cette fois. Dans SAO, Kirito était bloqué dans un univers virtuel et il existait un moyen de s’en échapper. Dans Overlord, comme dans Log Horizon ce n’est pas le cas. Les héros acceptent leur sort et profitent de leur expérience du jeu pour façonner le monde à leur guise. À la base, Momonga souhaite juste chercher si d’autres joueurs d’Yggdrasil sont aussi présents dans ces lieux. Mais l’immense pouvoir qu’il détient va rapidement lui faire changer son objectif initial.

Madhouse Studios/via ADN

L’Homme qui voulut être roi

Momonga, ou plutôt désormais Ainz Ooal Gown, est un personnage passionnant car ambivalent. Bien que l’on n’échappe pas au stéréotype du gamer sans vie sociale, il connaît sa force et va s’en servir pour faire ce que bon lui semble. Dans la première saison, il protège par exemple le village de Carne d’une attaque de chevaliers fanatiques. Malgré son apparence de mort-vivant, Ainz Ooal Gown reste humain (du moins au début). Il suffit de voir comment il traite avec respect tous les membres du grand tombeau de Nazarick, son quartier général. Mais comme tout dirigeant, Ainz est aussi manipulable. Ses Gardiens, protecteurs de Nazarick, sont aussi ses conseillers. Les extrapolations récurrentes faites par Demiurge sur les plans de notre liche préférée prêtent souvent à sourire. Mais en réalité, ce dernier passe son temps à l’influencer en lui soufflant à l’oreille qu’il pourrait mettre à genoux les royaumes environnants.

Durant la première saison, Ainz Ooal Gown découvre le monde et expérimente ses pouvoirs. Il se crée aussi un antagoniste sous la forme d’un guerrier en armure intégrale nommé Momon. Avec ce dernier, il infiltre la guilde des aventuriers dans le but de devenir un héros connu dans tous les royaumes. Lors des deuxième et troisième saisons, Ainz est en retrait et il perd de plus en plus son humanité. Ainsi, plusieurs arcs sont centrés sur des personnages secondaires : des tribus d’homme-lézards s’unissant pour lutter contre les hordes de Nazarick (en vain, forcément), le majordome Sebas se lançant dans une vendetta contre les agresseurs d’une jeune femme ou encore des aventuriers aguerris infiltrant Nazarick à leurs risques et périls (paix à leurs âmes).

Madhouse Studios/via ADN

How Not to Summon a Demon Lord, le copycat

À l’instar de SAO, Overlord propose une réflexion sur les jeux vidéo, notamment sur les choix moraux auxquels le joueur peut être souvent confronté. Ces procédés narratifs influencent grandement sur le déroulement de l’intrigue et surtout, permettent de renforcer l’implication du joueur. Les jeux vidéo sont l’un des médium où il est possible d’incarner quelqu’un d’autre. Ce dernier devra obligatoirement faire des choix pour avancer dans le jeu. Ils peuvent être bons, comme mauvais. Les Isekai comme Overlord reprennent ce principe et poussent le champ de réflexion à la vie réelle. Nous faisons souvent des choix en fonction de notre éthique ou bien pour expérimenter des horizons plus obscurs. Le gentil employé sans histoire Satoru est une toute autre personne dans Yggdrasil. En devenant Ainz, l’égal d’un dieu, il choisit d’imposer sa vision du monde aux habitants des royaumes. Toutefois les répercussions seront irrémédiables.

Le hasard du calendrier a voulu que deux autres titres similaires soient diffusés aussi cette année : Moi, quand je me réincarne en Slime (en cours de diffusion) et How Not to Summon a Demon Lord. Dans les deux cas, les héros disposent d’une puissance inimaginable. Mais contrairement à Overlord, les principaux protagonistes sont nettement plus positifs. Dans How Not to Summon a Demon Lord, le héros prend la forme de son avatar : Diablo, un sorcier d’alignement mauvais comme Ainz. Avec une différence importante puisqu’il a gardé une apparence humaine (même ses cornes sont factices). Diablo se force à jouer les méchants. C’est en réalité un rôle qu’il se donne pour cacher sa phobie sociale. Même si la série est bien en-dessous de Overlord et que son aspect racoleur ne joue pas forcément en sa faveur, How Not to Summon a Demon Lord parle au fond d’un véritable problème sociétal au Japon : lanthropophobie.

Ajiadō Animation Works/via Crunchyroll

Comme complément de débat sur les Isekai, je vous conseille cette vidéo (les sous-titres français sont disponibles). Sauf surprise How Not to Summon a Demon Lord ne connaitra sûrement pas de seconde saison. En revanche, nous reverrons certainement Overlord. D’abord en support physique l’an prochain. En effet, lors d’un récent Facebook live, Kana Home Video a annoncé, entre autre, la sortie prochaine des saisons 2 et 3. De quoi prolonger l’aventure en attendant une prochaine saison (il y a déjà matière à en faire une). Gloire au Roi Sorcier Ainz Ooal Gown !

Les trois saisons de Overlord sont disponibles sur ADN. La première saison se trouve également sur Netflix et en coffret DVD/Blu-ray sur Anime-Store.

Les 12 épisodes de How Not to Summon a Demon Lord sont disponibles sur Crunchyroll.

Article publié initialement le 23 décembre 2018

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