À partir du mois prochain, Wakanim diffusera en exclusivité la troisième saison de Sword Art Online. Profitons-en pour revenir sur cette série phénomène à l’origine de la profusion d’animés Isekai de ces dernières années.

La réalité virtuelle a souvent été exploitée dans la culture populaire ces dernières décennies, principalement dans les histoires de science-fiction. Que ce soit dans la littérature (Neuromancien), le cinéma (Matrix), les mondes virtuels ont toujours fasciné. Avec les dernières avancées technologiques, le fantasme devient réalité. Bien qu’en plein essor, le marché de la réalité virtuelle reste encore et toujours très confidentiel. Tant que l’utilisateur n’aura pas un confort total, elle pourra difficilement arriver dans tous les foyers, comme la 3D au cinéma.

Dans Sword Art Online, elle fait déjà partie du quotidien de tous. Il suffit de brancher son casque pour se retrouver projeté dans un autre monde aussi vrai que nature. Reiki Kawahara fait partie de ces auteurs passionnés par la réalité virtuelle et les multiples possibilités qu’elle offre. Ses deux principales œuvres, Sword Art Online et Accel World se déroulent dans des univers virtuels. « SAO » est à ce jour le light novel le plus populaire à la fois au Japon et dans le monde avec plus de 20 millions d’exemplaires vendus depuis 2009.

La série de romans compte aujourd’hui 20 volumes mais l’œuvre se décline aussi dans différents spin-off écrits par Kawahara lui-même (Sword Art Online : Progressive) ou d’autres auteurs (Gun Gale Online, Clover’s Regret), sans compter les nombreuses adaptations en manga. En 2012, Reiki Kawahara voit ses deux titres adaptés en série animée. D’abord Accel World chez Sunrise, qui ne connaîtra qu’une saison et un long-métrage. Puis, Sword Art Online chez A-1 Pictures (Fairy Tail).

A-1 Pictures/via Wakanim

Ready Player One

Sword Art Online est un MMORPG révolutionnaire qui se joue avec un NerveGear, un casque de réalité virtuelle. Le jour de la sortie du jeu, 10 000 joueurs se connectent pour la première fois et se retrouvent piégés à l’intérieur. Pour pouvoir quitter le jeu, il faut que quelqu’un franchisse les 100 paliers. Si un joueur perd tous ses points de vie, il mourra aussi dans la réalité. Kazuto Kirigaya, connu sous le pseudonyme de Kirito, est un ancien bêta-testeur de Sword Art Online. Il débute l’aventure en solo avec la ferme intention de la terminer…

Sword Art Online est la deuxième réalisation de Tomohiko Itô après Occult Academy en 2010. Avec Shingo Adachi (directeur de l’animation et chara-designer), ils forment les deux principaux artisans de la réussite de cette adaptation. Pourtant, outre son high-concept ludique, l’histoire ne propose rien de révolutionnaire. Ce n’est pas la première fois que des espaces virtuels sont explorés dans l’animation japonaise. Au début des années 2000, la saga hack (trois séries TV) se déroulait déjà dans un gigantesque jeu en ligne multijoueur.

A-1 Pictures/via Wakanim

Second Life

Bien qu’il s’agisse d’une formidable série d’aventures, riche en rebondissements et dotée de personnages crédibles auxquels on peut facilement s’identifier, SAO propose aussi une réflexion passionnante sur les jeux vidéo, notamment sur la dimension sociale des jeux en ligne. Kirito est décrit au début comme un loup solitaire. Mais il va vite s’apercevoir que dans le monde hostile, il lui faudra des alliés pour survivre et réussir à franchir les paliers. Les liens d’amitiés se forgent rapidement, surtout lorsque Kirito se rapproche d’Asuna. Il deviendra même un leader et un exemple à suivre pour les autres. Sword Art Online va encore plus loin en montrant que ces liens dépassent les frontières pour se poursuivre ensuite dans la réalité.

Inversement, le monde virtuel est aussi un moyen pour se retrouver. Dans la deuxième saison, Asuna est séparée de ses amis. L’espace virtuel est un réseau qui lui permet d’être en contact avec eux instantanément. Reiki Kawahara a commencé à écrire son roman en 2002 alors que les MMORPG étaient encore à leurs balbutiements. D’une certaine façon, son œuvre était avant-gardiste car elle apportait déjà des réponses sur le pouvoir de socialisation des jeux en ligne. Mais tout n’est pas positif : l’auteur évoque aussi les dérives transgressives comme ces joueurs qui s’adonnent au meurtre pour de l’argent ou juste pour le plaisir (les fameux membres de la guilde Laughing Coffin).

A-1 Pictures/via Wakanim

120 battements par minute

Dans l’arc Phantom Bulllet qui occupe toute la première moitié de la saison 2, Kirito est engagé pour enquêter sur des morts mystérieuses dans un nouveau VRMMO. En effet, un joueur, nommé Death Gun, aurait la capacité de tuer ses adversaires du jeu dans le monde réel. Une des forces de la série est d’avoir réussi à se renouveler pour la deuxième saison diffusée en 2014. Celle-ci est divisée en trois arcs. Le premier nous place dans l’univers futuriste et post-apocalyptique de Gun Gale Online. SAO délaisse alors le récit de fantasy pour le thriller avec une chasse au tueur en série dans un jeu de tir à la première personne.

Le deuxième arc, Calibur, ne présente que peu d’intérêt avec une quête quelconque dans ALfheim Online étalé sur trois épisodes. En revanche, l’émouvant Rosario’s Mother qui clôt la saison, aborde de manière frontale la fin de vie. Asuna intègre un groupe d’aventuriers sur demande de leur leader, Yûki, surnommée L’Épée absolue. Ensemble, ils souhaitent marquer de leur empreinte le jeu en battant le boss du palier, avant de dissoudre leur guilde. Cette histoire marque clairement un tournant dans la saga en s’intéressant davantage à la psychologie de ses personnages. En particulier Asuna, qui se remet en question et reprend sa vie en main grâce aux enseignements d’une jeune fille pleine de vie mais condamnée à mourir.

A-1 Pictures/via Wakanim

D’ici quelques jours vous pourrez découvrir la nouvelle saison démarrant l’arc le plus long et surtout le plus ambitieux de la saga : Alicization. Cette histoire étalée sur neuf volumes du light novel (contre huit pour les deux premières saisons !) emmènera Kirito dans un tout nouveau monde virtuel : l’Underworld. Cette adaptation marquera un tournant puisque le réalisateur attitré de la série Tomohiko Itô laisse sa place à Manabu Ono (The Irregular at Magic High School). Souhaitons-lui autant de succès qu’à son prédécesseur. Réponse à venir dès le 6 octobre prochain.

Les deux saisons sont disponibles sur Wakanim (avec VF pour la première) et Netflix, ainsi que dans différents coffrets DVD/Blu-ray sur Anime-Store.

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