Le président de Disney, Bob Iger, va ralentir la cadence des sorties des films Star Wars. Le long-métrage dédié à Solo a laissé des traces.

Depuis l’acquisition de Lucasfilm en 2012, pour un peu plus de 4 milliards de dollars, Disney n’a pas chômé avec la licence Star Wars. Côté cinéma, une nouvelle trilogie a été mise en chantier et des films dérivés ont été produits. Le rythme est soutenu : il y a un long-métrage qui sort chaque année depuis 2015. Et il est maintenant question d’une autre trilogie — la quatrième — et de spin-offs supplémentaires.

Rien qu’avec les métrages sortis depuis quatre ans, le géant du divertissement a très largement rentabilisé son investissement de départ. Mais un sérieux avertissement est venu gripper la machine : Solo : A Star Wars Story, un film dérivé qui s’intéresse à la jeunesse de Han Solo, a été une déception par rapport à ce qui avait été proposé jusqu’alors.

Solo et Chewbacca Star Wars
Yann Solo et Chiquetabbac // Source : Disney

Saturation et déception

Le public et la critique ont en effet accueilli fraichement le spectacle proposé. Certes, le film a connu des difficultés importantes lors de la production — les deux réalisateurs qui étaient initialement attachés au projet ont été virés et remplacés au pied levé par Ron Howard — mais les soucis de tournage n’expliquent pas tout. Le scénario, la mise en scène, la volonté de traiter un personnage iconique, le niveau de l’acteur pour le rôle principal, le rythme… nombre d’aspects sont discutables.

Résultat des courses, le deuxième film dérivé a rapporté moins d’argent que les trois autres. Il faut dire aussi que sa date de sortie n’était sans doute pas la plus judicieuse : six mois avant, les fans venaient tout juste de se remettre de Star Wars, Épisode VIII : Les Derniers Jedi, un film qui a profondément divisé les amateurs du genre, les uns criant au génie, les autres au scandale.

Bob Iger
Robert Iger, patron de Disney. // Source : glennia

Lever le pied

Alors, pour éviter l’overdose, Disney entend lever le pied. C’est ce qu’a confié Bob Iger, le grand patron du conglomérat américain, à The Hollywood Reporter. Il ne s’agit pas de renoncer à produire des films : il s’agit de mieux les étaler dans le temps, afin de laisser un temps de respiration au public entre deux projets — et surtout du temps à la production pour mener à bien chaque tournage.

« J’ai pris la décision de ce tempo et, en y repensant, je pense que l’erreur que j’ai commise — j’en prends la responsabilité — était de faire un peu trop et trop vite. Vous pouvez vous attendre à un certain ralentissement, mais cela ne veut pas dire que nous n’allons pas faire de films », a-t-il déclaré. Quelle sera la cadence à l’avenir ? Et quid des films déjà planifiés jusqu’en 2020 ? Vont-ils eux aussi changer de date ?

Cela paraît improbable, en particulier pour l’Épisode IX, qui doit arriver dans les salles obscures fin 2019. « On en est au point où on va commencer à prendre des décisions sur ce qui va arriver après celui de J.J. Abrams [le réalisateur pour cet épisode, ndlr] Mais je pense que nous allons faire un peu plus attention au volume et au timing », a-t-il ajouté. Il s’agirait de ne pas tuer la poule aux œufs d’or.

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