En Belgique et aux Pays-Bas, les joueurs et joueuses de CS:GO ne pourront plus ouvrir de « coffres aux butins aléatoires ». C'est une mesure préventive prise par le studio Valve, après que les deux pays ont commencé à réguler ces objets virtuels accusés de nourrir l'addiction aux jeux.

« Les clients en Belgique et aux Pays-Bas n’auront plus le droit d’ouvrir des loot boxes », a prévenu le studio Valve dans sa dernière mise à jour du jeu Counter-Strike : Global Offensive (CS:GO), dans une note de blog du 11 juillet 2018.

Les loot boxes sont des « coffres » virtuels payants qui contiennent des bonus aléatoires. Cela signifie que lorsqu’un joueur ou une joueuse paie pour une de ces caisses, il ne sait pas ce qu’il y a à l’intérieur : un peu comme une loterie. Ce fonctionnement est de plus en plus critiqué dans l’industrie du jeu vidéo, car il pousserait les joueurs à acheter de nombreux coffres dans l’espoir d’obtenir un gain rare, ce qui constituerait une forme d’addiction.

Des joueurs « séduits et trompés »

Si en France, le gouvernement s’interroge depuis fin 2017 et a annoncé en février 2018 l’ouverture d’un « travail de réflexion » sur le sujet, les Pays-Bas et la Belgique sont allés plus loin. Le 26 avril dernier, la Commission des jeux de hasard belge s’est prononcée pour l’illégalité de ces « pochettes surprises ». Peter Naessens, directeur à la Commission, disait alors : « Les joueurs sont séduits et trompés et aucune mesure de protection en matière de jeux de hasard n’est appliquée. Maintenant qu’il est clair qu’en particulier les enfants et les personnes vulnérables sont ici exposés sans protection, les fabricants de jeux, mais aussi les parties concernées sont appelés à mettre fin à cette pratique.  »

Les loot boxes ne sont pas encore officiellement interdites en Belgique, mais Valve Corporation, qui édite le jeu CS:GO, a décidé d’agir à priori et empêcher les joueurs d’avoir accès à ces butins aléatoires. A l’inverse aux Pays-Bas, les jeux vidéo qui mettent en vente ces coffres virtuels risquent de lourdes amendes (jusqu’à 830 000 euros) depuis mi-juin 2018.

En Hollande, Valve avait aussi pris des mesures concernant le jeu Dota 2, également considéré par les autorités comme étant en violation du « Dutch Betting and Gaming Act ». Le studio était d’ailleurs allé plus loin en empêchant toutes les transactions dans sa plateforme Steam aux joueurs de Dota 2, car des joueurs revendaient contre de l’argent des objets obtenus dans les loot boxes. Depuis, cette interdiction a été levée : il n’y a plus que les loot boxes qui sont interdites.

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