Spotify a présenté en Australie une application nommée Stations, entièrement gratuite. Cette dernière, qui s'approche de la radio, pourrait être un nouveau modèle pour le streaming gratuit.

En Australie, le géant du streaming musical Spotify essaie une nouvelle formule qui risque de froisser un certain nombre d’acteurs de l’industrie musicale : Stations. Cette application, gratuite et financée par la publicité, est une expérimentation pour la firme qui a son importance : plutôt que de mettre en avant des artistes et des albums, Spotify propose uniquement des playlists. L’entreprise écrit à propos de son app : « La façon la plus simple d’écouter la musique que vous aimez, totalement gratuitement  ».

« Feel Good »

Inutilisable en France pour des raisons de limitations sur le Google Play, Stations est strictement destiné au marché australien. Toutefois, elle éclaire une partie de la stratégie de Spotify face aux utilisateurs les plus rétifs face à l’abonnement payant. Alors qu’une majorité d’utilisateurs du service ne paient toujours pas la musique qu’ils consomment — seuls 70 des 140 millions d’utilisateurs sont abonnés –, l’entreprise développe des modèles adaptés à cette consommation.

Avec Stations, le service s’approche du modèle des radios musicales : tout est gratuit, supporté par la publicité, mais sans la liberté offerte par le streaming classique.

En effet, Stations est pensé pour être rapide et simple, au point que Spotify fait littéralement disparaître les artistes et les albums sous des labels de son invention : des playlists automatiques.

« Easy Listening »

Ainsi, impossible sur Stations d’écouter l’intégrale des sessions de Bitches Brew de Miles Davis ; au mieux, l’utilisateur trouvera une option nommée jazz. Vous souhaitiez écouter un album ? Spotify préfère que vous écoutiez « Easy listening », une playlist générée automatiquement pour contenter à la fois tout le monde et personne.

Les différentes playlists sont présentées élégamment dans un menu central et l’on y retrouve les classiques de Spotify : Discover Weekly, quelques genres comme jazz, pop, et beaucoup de moods  : workout, easy listening etc. Particularité de l’application : ici, il est impossible de passer une piste à l’instar de la radio. Le système rappelle pour les Américains le service Pandora qui proposait une offre relativement similaire.

Cette expérimentation de Spotify ne manquera pas de faire réagir l’industrie musicale déjà critique envers le géant. Le mouvement de l’entreprise pourrait contenter les majors s’il permettait d’en finir avec le streaming gratuit tel qu’il existe aujourd’hui sur Spotify pour être remplacé par cette solution.

Néanmoins, les artistes et labels indé qui sont déjà en ordre de bataille pour critiquer le système de rémunération et de mise en avant de la musique sur Spotify risquent de voir en ces stations une nouvelle preuve de la volonté de l’entreprise de court-circuiter les créateurs en les remplaçant, doucement, par des vagues idées comme chillout lounge et apéro dînatoire.

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