Avant la sortie de Resident Evil 7 en 2017, qui a relancé la série, beaucoup pensaient que la licence de Capcom était dans une sacrée impasse. Entre plusieurs épisodes mal accueillis et des films qui tenaient davantage du nanar que du chef-d’œuvre, tout ou presque donnait l’impression que la saga était en fin de vie.
Depuis, la série a retrouvé une seconde jeunesse et enchaîne les succès, jusqu’à Resident Evil Requiem, mais ce n’était pas gagné. Pour Miguel Corti, ancien responsable chez Capcom, la dérive a commencé dès Resident Evil Code: Veronica, le fameux épisode sur Dreamcast. Il l’a expliqué sur Bluesky, dans des messages relayés ce mardi 20 octobre par GamesRadar.
À sa sortie en 2000 sur la console de Sega, le jeu avait pourtant été encensé par la critique, avec une moyenne de 94/100 sur Metacritic. Les tests saluaient ses graphismes et l’audace de Capcom, qui abandonnait les décors en 2D précalculés des premiers épisodes au profit d’environnements modélisés en 3D. Pour autant, les déplacements rigides et les commandes peu précises étaient également critiqués, ainsi que l’ambiance édulcorée.
Dans une série de messages publiés sur Bluesky, puis supprimés, Miguel Corti a livré de nombreuses informations sur le développement de Resident Evil 7, et en a profité pour laisser entendre que Resident Evil 5 et 6, les épisodes les plus décriés de la licence, n’auraient jamais vu le jour sans Code: Veronica.
« Tout le monde évoque systématiquement les trois premiers jeux Resident Evil, mais on semble oublier Code Veronica », explique Miguel Corti dans l’un de ces messages. « Il existe un lien direct entre Code Veronica et les épisodes 5 et 6 ; c’est avec Code Veronica que la série a dérapé, en cherchant à entasser autant de lieux et d’intrigues que la capacité d’un disque Dreamcast le permettait. »
Pour Miguel Corti, Code: Veronica a ouvert la voie à trop d’action
Pour l’ancien responsable de Capcom, Code: Veronica n’est ni plus ni moins que la note d’intention de ce que deviendront Resident Evil 5 et 6 : des jeux boursouflés par une action omniprésente, qui délaissent peu à peu l’horreur. Pour appuyer son propos, il prend en exemple la scène d’introduction de Code: Veronica, qui est, selon lui, « un pur pastiche de Die Hard ou des films de John Woo, sans la moindre trace d’horreur ».
Resident Evil 4, sorti en 2005, avait pourtant déjà largement renforcé la dimension action de la série, avec des affrontements plus dynamiques et des séquences spectaculaires. Mais le jeu de Shinji Mikami conservait une atmosphère oppressante. Il avait trouvé entre action et horreur un équilibre que ses successeurs n’ont pas réussi à préserver.

« Je ne cherche pas à dénigrer les fans de Code Veronica, mais comme ce titre a eu une incidence directe et négative sur l’évolution de la franchise, j’ai un parti pris assez marqué à son encontre », termine Miguel Corti. Quant à savoir si c’est bien l’épisode Dreamcast qui a fait basculer la saga dans l’action débridée, le débat reste ouvert. C’est une évolution que Capcom aurait peut-être fini par adopter tôt ou tard, alors que le survival horror connaissait lui aussi un tournant au début des années 2000.
Ces critiques arrivent alors que Capcom prépare le retour du jeu. Annoncé au Summer Game Fest 2026, Resident Evil Veronica, remake de Code: Veronica, doit sortir en 2027 sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2 et PC.
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