Pendant que la branche Planet Coaster empile les grands huit spectaculaires et que les parcs de Jurassic World Evolution misent tout sur l’évasion de T-Rex pour faire grimper l’adrénaline, Planet Zoo a toujours cultivé une identité à part. Plus cérébral, plus technique, mais aussi infiniment plus organique, le titre s’adresse à une catégorie de gestionnaires qui aiment autant scruter des tableaux Excel de rentabilité que passer trois heures à fignoler le rocher parfait pour leur couple de jaguars.
Avec cette suite, Planet Zoo 2, le studio britannique Frontier Developments pousse tous les curseurs au maximum, quitte à bousculer les habitudes et à imposer une rigueur quasi militaire aux néophytes.
Une claque zoologique et un émerveillement de chaque instant
La première claque de Planet Zoo 2 intervient au moment même où l’on pose le regard sur nos premiers pensionnaires. Si la direction artistique fait le choix assumé de conserver des décors aux accents légèrement « cartoon » à la Sims pour garder une clarté de lecture globale, la modélisation et les animations des animaux sont d’une grande finesse. Les textures de pelages sous la pluie, la démarche pataude des ours, la précision des regards et la variété des comportements sociaux transforment chaque enclos en un tableau vivant fascinant.
C’est là que réside le véritable coup de génie du titre : créer une reconnexion immédiate avec la beauté du vivant. Prenez les loutres de rivière, par exemple. Leur comportement aquatique est si merveilleusement retranscrit, entre plongeons synchronisés et roulades improvisées sur les berges, qu’on se surprend régulièrement à lâcher les manettes ou la souris pendant de longues minutes uniquement pour contempler leur bassin. Dans un milieu saturé d’objectifs et de notifications d’urgence, Planet Zoo 2 ménage des pauses où l’on oublie la rentabilité pour simplement regarder.
Côté innovations pures, l’arrivée tant réclamée des aquariums et des volières redéfinit en profondeur la manière de penser son parc. Contrairement aux modules préfabriqués rigides observés dans d’autres productions du genre, le système d’aquarium développé par Frontier offre une flexibilité architecturale absolue. Vous avez un contrôle total sur la forme, la profondeur, la transparence du verre et les dénivelés. Bâtir un tunnel en verre serpentant sous une réserve d’eau où nagent des dizaines d’espèces procure un vrai plaisir de bâtisseur.
Mais attention aux apprentis sorciers, car la simulation scientifique veille au grain. La gestion de l’eau ne se limite plus à poser une simple pompe : le jeu simule désormais la température, mais aussi la salinité des bassins. Vouloir faire cohabiter des animaux d’eau douce et des spécimens marins dans un même complexe architectural vous oblige à déployer deux réseaux de filtration et de tuyauterie rigoureusement étanches et séparés. Pour prolonger l’immersion, les bâtiments du parc disposent désormais d’intérieurs entièrement modélisés. Des salles de pause de vos employés aux cuisines centrales où les soigneurs préparent les rations alimentaires sur mesure, jusqu’aux restaurants et boutiques de souvenirs entièrement personnalisables où l’agencement exact des étagères et des tables influence directement le rendement financier.

Une économie sans pitié qui punit le moindre faux pas
Sur le terrain de la gestion pure, Planet Zoo 2 refuse catégoriquement la facilité et le pilotage automatique. C’est sans doute le point de rupture le plus marquant par rapport aux autres titres du studio. Là où il suffit souvent d’aligner trois stands de boissons et un manège pour voir les millions de dollars couler à flots sans le moindre effort, ce second volet impose un réalisme économique particulièrement exigeant.
La faillite vous guette à chaque tournant si vous manquez de méthode. Le jeu vous force à jongler en permanence avec six corps de métiers spécifiques, chacun possédant sa propre grille salariale et ses exigences de formation. Dans le même temps, les visiteurs se montrent intraitables : ils n’hésiteront pas à bouder des pans entiers de votre parc ou à réclamer des remboursements si le prix du billet leur semble disproportionné par rapport à la propreté des allées ou au manque de visibilité sur les animaux. Laisser dépérir le bien-être d’un enclos ou rogner sur la propreté des sanitaires transforme instantanément votre projet idyllique en un véritable fiasco financier.
La grande nouveauté structurelle réside dans le mode des réserves naturelles. En parallèle de la gestion quotidienne de votre zoo marchand, vous êtes amené à piloter d’immenses espaces naturels sauvages où le but n’est plus de faire payer des visiteurs, mais d’y « peindre » des biomes adaptés afin d’y réintroduire les animaux nés et élevés au sein de votre établissement. Une idée remarquable sur le plan de la narration écologique, qui donne une vraie portée morale aux programmes de reproduction.
Cette boucle de gameplay débloque les fameux Crédits de Conservation, l’autre devise vitale du titre, indispensable pour adopter les espèces les plus rares et menacées sur le marché mondial. Si jamais vos programmes de reproduction patinent et que vous n’avez aucun pensionnaire prêt pour la réinsertion, le jeu vous permet de réinjecter directement vos bénéfices financiers dans des fonds de recherche écologique globaux, créant une passerelle bienvenue entre succès commercial et préservation de la biodiversité.

Quelques ratés de chantier
Malheureusement, tout n’est pas parfait sous le soleil de la réserve naturelle : Planet Zoo 2 traîne une interface étouffante, des bugs d’IA et des limites techniques qui viennent gâcher la fête.
Même sur PC, la densité folle des menus demande une période d’apprentissage indéniable. À cette lourdeur s’ajoutent des dysfonctionnements de comportement parfois exaspérants chez le personnel et des contraintes techniques agaçantes :
Premièrement, l’IA des mécaniciens souffre d’incohérences regrettables. Il est fréquent de donner un ordre prioritaire à un technicien pour réparer en urgence un système de filtration d’eau tombé en panne et risquant d’asphyxier tout un bassin, pour le voir ignorer l’alerte absolue et partir réparer un vulgaire distributeur de boissons à l’autre bout de la carte, simplement parce qu’une portion d’allée n’était pas connectée de façon optimale selon la logique du jeu.
Deuxièmement, la gestion de l’eau reste rigide, avec ses paliers de hauteur. S’il est désormais facile de creuser des bassins profonds, créer une rivière fluide qui descend naturellement une colline relève toujours du casse-tête irréalisable sans tricher avec des blocs de décor artificiels.
Troisièmement, la technique montre ses limites quand la foule s’accumule. Dès que votre zoo commence à accueillir des milliers de visiteurs simultanés et des dizaines d’habitats saturés d’effets visuels, le framerate accuse de violentes chutes, y compris sur des machines puissantes. On pestera également contre des menus de sélection qui se bloquent inexplicablement, forçant parfois à recharger une sauvegarde précédente pour débloquer l’outil. Malgré tout, l’expérience est terriblement grisante.

Le verdict

Planet Zoo 2
Voir la ficheOn a aimé
- Une simulation animalière de toute beauté
- Un jeu ultra profond
- La gestion aquatique assez magistrale
- Un vrai désir de pousser à la conservation/protection des animaux
On a moins aimé
- Une certaine lourdeur dans les menus
- Des ralentissements quand le zoo devient plus gros
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !

