Le remake de The Legend of Zelda: Ocarina of Time divise. D’un côté, il y a celles et ceux qui s’enthousiasment pour la direction choisie par Nintendo afin de redonner vie au jeu culte de 1998. De l’autre, de nombreux fans trouvent que Nintendo a poussé trop loin le curseur du réalisme, pour un résultat qui manque d’âme. Que l’on aime ou pas la direction artistique choisie pour cet Ocarina cru 2026, le visage de Link enfant n’est pas loin de l’uncanny valley, ce fameux malaise que l’on peut ressentir face à un personnage presque humain, mais dont certains traits paraissent étrangement artificiels.
Je dois avouer que, lorsque j’ai regardé la longue vidéo de présentation diffusée par Nintendo lors du Nintendo Direct de ce 8 septembre, j’ai immédiatement pensé à Dark Crystal. Le film de Jim Henson, sorti en 1982, mettait en scène de nombreuses marionnettes, à la fois fascinantes et effrayantes, dans un univers visuel dont ce nouveau Zelda est très proche, à la fois dans ses teintes, mais aussi dans le design de ses personnages. Et ce n’est finalement pas si étonnant lorsqu’on sait que Shigeru Miyamoto, le créateur de Zelda, est fan de marionnettes.
« En voyant ce modèle [de Link], j’ai eu le sentiment que l’amour de Shigeru Miyamoto pour les spectacles de marionnettes transparaît vraiment ici », a déclaré Takaya Imamura, collaborateur de Shigeru Miyamoto sur The Legend of Zelda: Majora’s Mask, dans un message publié sur X ce 8 septembre.
Le design de Link s’inspire de marionnettes japonaises
Takaya Imamura est également le créateur des personnages de Star Fox, et cela éclaire l’origine de cette direction artistique. Car la passion de Shigeru Miyamoto pour les marionnettes transparaît tout particulièrement dans Star Fox, un jeu dont la promotion reposait à l’époque sur des marionnettes représentant les différents personnages. Des modèles auxquels un soin tout particulier avait été apporté et qui sont depuis entrés dans la légende du marketing chez Nintendo.
Une influence qui ressurgit sans prévenir dans la réinterprétation moderne d’Ocarina of Time. Bien que très différent des marionnettes de Star Fox, le nouveau style de Link évoque davantage les marionnettes à fils, proches de celles du théâtre traditionnel japonais, le ningyōgeki. Et, effectivement, la comparaison entre les deux est évidente, comme le met en évidence cette publication sur Reddit du 9 septembre.

À cela s’ajoutent les costumes de Link, à l’aspect très tactile et rugueux, qui semblent directement confectionnés à partir d’éléments naturels : feuilles, fibres végétales, morceaux de bois et autres matériaux bruts. Un choix esthétique qui renforce encore cette impression de voir évoluer une véritable petite marionnette dans un monde de conte.
Si la direction artistique de ce remake de The Legend of Zelda: Ocarina of Time ne vous parle pas beaucoup, connaître sa principale inspiration vous aidera peut-être à l’accepter davantage. À la manière du style de diorama animé des épisodes Link’s Awakening et Echoes of Wisdom, ce remake a le mérite d’avoir une identité bien à lui, qui raconte également une histoire.
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