Si vous avez déjà brièvement feuilleté ma page autrice, vous aurez probablement repéré quelques constantes dans mes goûts vidéoludiques : les jeux cozy (Pokémon Pokopia, Animal Crossing, Tomodachi Life…) et un amour intemporel pour Dofus. Pendant la majeure partie de ma vie, j’ai surtout écumé les jeux Nintendo.
Vendue 79,99 euros sur le Nintendo eShop, la Tarnished Edition réunit le jeu de base, l’extension Shadow of the Erdtree, deux nouvelles classes, quatre armures et trois apparences pour Torrent.
L’édition physique nécessite de télécharger le jeu. L’extension n’est, elle, accessible qu’après avoir suffisamment progressé dans l’aventure.
Il m’est bien arrivé de m’aventurer sur Xbox Series et, plus récemment, sur PS5. Je sais donc un tant soit peu à quoi ressemble un « beau jeu » qui tourne bien. Mais ces quelques escapades restent anecdotiques face aux centaines d’heures que j’ai passées sur Switch.
Élu jeu de l’année en 2022, Elden Ring est initialement sorti sur PC, PS4, PS5, Xbox One et Xbox Series X|S. Son portage sur Switch 2 devait voir le jour en 2025, mais a été repoussé à 2026 afin de laisser davantage de temps aux développeurs pour procéder à des « ajustements de performances ».
Sa sortie est désormais fixée au 28 août, dans une édition baptisée Tarnished Edition. Une adaptation qui avait donc de quoi provoquer quelques sueurs froides : FromSoftware n’est pas vraiment connu pour être le roi de l’optimisation.
Oui, les joueurs Nintendo ont aussi droit à Elden Ring
Avant toute chose : si vous avez découvert Elden Ring sur PC, Xbox ou PlayStation, vous trouvez peut-être étrange d’adapter un tel titre à la dernière console de Nintendo. À cela, je n’ai honnêtement qu’un seul bon argument : celles et ceux dont c’est l’unique moyen de jouer, ou qui veulent jouer en portable, ont aussi droit au bonheur.

J’ai d’abord commencé une partie en choisissant la classe Confesseur. Le corps-à-corps m’a rapidement effrayée : je savais que le jeu était sombre, mais pas que le danger y rôdait de manière aussi agressive. J’ai donc préféré recommencer avec un Astrologue, pour attaquer à distance et me rassurer un peu. C’est une classe proposée par le jeu, alors ne me jugez pas.
Passé le choc du premier monstre qui nous tue, j’ai rapidement remarqué un manque de fluidité dans la grotte de départ. C’est immédiatement perceptible, même pour des joueurs Nintendo : les mouvements paraissaient parfois saccadés et certaines commandes ne me semblaient pas immédiatement réactives.
Il m’a également fallu quelques minutes pour m’habituer aux mouvements de caméra, que je trouvais un peu laborieux. Rien d’insurmontable, mais je me demandais sincèrement comment j’allais survivre à une telle terreur avec ce handicap supplémentaire.

Que vaut le mode portable ?
Pour ce test, j’ai principalement joué en mode docké, avec une manette Pro. Le mode portable m’a paru suffisamment inconfortable pour que je retourne rapidement devant mon téléviseur. Il reste tout à fait praticable et son interface demeure lisible, mais gérer autant d’éléments sur un petit écran m’a semblé un tantinet plus décourageant. Surtout, j’avais l’impression de beaucoup moins profiter de l’exploration et des paysages en portable, alors qu’il s’agit pour beaucoup de la meilleure partie du jeu.
Je vous recommanderais donc de prendre cet élément en compte si vous comptez jouer exclusivement en mode portable. La version Switch 2 reste jouable ainsi, mais ce n’est clairement pas dans cette configuration que j’en ai le plus profité.

Est-ce que ça tourne bien sur Switch 2
Contre toute attente, on finit plus ou moins par s’habituer au framerate proposé par la machine. Les mouvements parfois saccadés et l’aspect visuel peuvent secouer au début, puis l’aventure nous les fait progressivement oublier. Quand on a vraiment la tête dans Elden Ring, entre l’exploration, les monstres qui surgissent de nulle part et les boss qui nous humilient, on n’a rapidement plus beaucoup de temps pour penser aux performances.
Les temps de chargement sont tout de même un peu longs — ce qui se remarque forcément lorsqu’on meurt autant. Je n’ai, en revanche, rencontré aucun bug particulier, à l’exception d’un comportement un peu étrange pendant mon combat contre le dragon Agheel. Mais rien ne me permet d’affirmer que le problème venait vraiment de cette version.
En termes de gameplay, l’expérience reste donc largement praticable. J’ai volontairement attendu une dizaine d’heures avant de lancer le jeu sur PS5, afin de conserver autant que possible mon regard de joueuse Nintendo.
Sans grande surprise, Elden Ring est plus beau et plus fluide sur la console de Sony.
Les commandes m’ont aussi paru un peu plus réactives, notamment au niveau de la caméra. L’écart serait probablement encore plus visible face à un PC suffisamment puissant, mais la comparaison avec la PS5 ne m’a pas donné l’impression de découvrir un tout autre jeu.
Après une dizaine d’heures sur Switch 2, je m’étais finalement bien habituée à ses limites — au point que la version PS5 ne m’a pas soudainement fait regretter celle de Nintendo.

Que vaut Elden Ring quand on vient des jeux Nintendo ? (et qu’on est une âme sensible)
L’autre enjeu de ce test concerne évidemment celles et ceux qui, comme moi, sont très éloignés de cet univers vidéoludique. Premier constat : je pensais pouvoir gambader tranquillement et cueillir quelques baies. Je me suis trompée. Tout le monde est méchant dans ce jeu (même les petits sangliers). Si vous êtes vraiment un joueur ou une joueuse casual, vous risquez d’être sous le choc.
Après m’être fait lamentablement achever plusieurs fois par le premier boss Margit, j’ai, pour la première fois de ma vie, regardé des tutoriels sur YouTube pour apprendre à bien jouer ma classe. En vingt ans sur Dofus, je n’avais jamais atteint un tel niveau de désespoir.
Malgré toute la brutalité de son monde, Elden Ring se montre parfois étonnamment gentil. On meurt beaucoup, certes, mais le jeu nous permet souvent de réapparaître assez près de l’endroit où l’on s’est fait massacrer.
On peut également retourner récupérer ses runes, à condition de ne pas mourir une deuxième fois sur le chemin — ce qui m’est évidemment arrivé. Pour quelqu’un qui vient surtout des jeux Nintendo, ces petites attentions rendent l’expérience un peu moins terrifiante qu’elle n’en a l’air.

Là où mes amis et collègues risquent d’être surpris, c’est que, malgré mon appétence pour les créatures mignonnes, je sais farmer et m’accrocher. Mes 700 heures sur Animal Crossing: New Horizons peuvent en témoigner. Il était donc hors de question que j’abandonne Elden Ring aussi facilement.
Me voilà donc équipée d’un bâton météorique, d’une pano récupérée en Caelid (terrifiant), de Fronde et de la Trancheuse de Caria. Après cinq défaites face à Margit, l’objectif était clair : il fallait absolument augmenter mes statistiques et améliorer mon build pour laver cette humiliation.
J’ai passé trois bonnes heures à augmenter ma vigueur, chercher des graines dorées, parler à toutes sortes de PNJ — en gros, à theorycraft. Cela a fini par payer : au bout de 5 nouveaux essais, Margit n’était désormais plus qu’un mauvais souvenir. Ne venez donc pas me dire que cela est impossible sur Switch 2.
Reste que ce jeu n’est sûrement pas bon pour votre cortisol, ni pour le mien. Ça manque d’animaux attachants et de petites balades cozy, et j’ai mis plusieurs jours à oser jouer de nuit.

Elden Ring sur Switch 2 : notre conclusion
Est-ce que je recommanderais Elden Ring à une personne adepte des jeux mignons ? Cela dépend. Si vous êtes ouverts à l’idée d’avoir constamment peur — bonjour les PNJ qui peuvent vous attaquer même à la Table ronde, comme si ce n’était pas déjà assez compliqué –, de devoir regarder des tutoriels et d’accepter de tryhard pendant des heures, allez-y. Si vous n’avez pas vraiment de point de comparaison technique, le jeu vous paraîtra beau. Son monde ouvert et son univers restent, dans tous les cas, exceptionnels.
En revanche, si vous jouez uniquement pour vous détendre, je ne vous le recommanderais pas. L’expérience est époustouflante et le monde ouvert magnifique, mais certainement pas reposant : même à cheval, il faut constamment cavaler pour sauver sa peau.
Globalement, le portage d’Elden Ring sur Switch 2 est correct. Il ne s’agit clairement pas de la plus belle ni de la plus fluide des versions, mais ses défauts techniques finissent par s’effacer une fois que l’on est plongé dans l’aventure. Cela reste une très bonne nouvelle pour celles et ceux qui ne disposent que de la console de Nintendo : eux aussi peuvent désormais se faire humilier dans des conditions tout à fait acceptables.

Si vous possédez déjà une PS5, une Xbox Series ou un bon PC, difficile toutefois de vous conseiller cette version pour ses seules performances. Son principal argument reste la possibilité d’emporter Elden Ring partout — un avantage dont je n’ai, personnellement, pas vraiment réussi à profiter tant le mode docké m’a semblé plus confortable.
Ce portage ne règle pas non plus le problème actuel de la Switch 2 : les nouveautés véritablement pensées pour la console restent encore trop rares. Nous attendons toujours que Nintendo mise davantage sur des jeux inédits que sur des portages et des retours de ses anciens succès — même si, soyons honnêtes, le remake d’Ocarina of Time est très attendu.
- L’Entre-terre fait quasiment oublier les limites techniques de la Switch
- Une aventure magnifique et terriblement prenante
- Le jeu et son extension réunis
- Des mouvements parfois saccadés
- Un mode portable qui ne rend pas justice à l’exploration
- Des temps de chargement un peu longs
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