Pour lancer la quatrième saison de son anthologie Monstre, consacrée à l’histoire sanglante de Lizzie Borden, après celles sur Jeffrey Dahmer, les frères Menendez et Ed Gein, Netflix a, pour certains fans et spectateurs, franchi la ligne rouge en matière de marketing.

Chez Netflix, la frontière entre le divertissement de masse et le voyeurisme malsain s’est définitivement effondrée. Pour annoncer le nouveau chapitre de la franchise créée par Ryan Murphy et Ian Brennan, le géant du streaming a jugé bon d’orchestrer un teasing visuel, diffusé ce 16 septembre 2026 sur X, comparant les grands criminels de l’Histoire à des personnages de jeu de combat débloquables en DLC. 

Des figures comme Jeffrey Dahmer, les frères Menendez, Ed Gein et désormais Lizzie Borden y sont présentées avec des visuels stylisés, des titres d’accroche épiques et des cartes-titres qui évoquent l’esthétique des blockbusters de super-héros et de la pop culture geek.

Une campagne de pub qui fait polémique

Les huit épisodes de la saison 4 de Monstre arrivent sur Netflix ce jeudi 17 septembre 2026, au moment même où la polémique enfle. La réponse du public a été immédiate et d’une violence rare. Sur X, des milliers d’utilisateurs ont exprimé leur dégoût face à ce qu’ils considèrent comme la fétichisation pure et simple de véritables monstres. En traitant des bouchers de la vie réelle comme s’il s’agissait de super-vilains du MCU, Netflix s’est une nouvelle fois mis à dos une grande partie de ses abonnés.

L’indignation qui déferle sur Netflix depuis 24 heures ne pointe pas seulement du doigt le mauvais goût évident de cette campagne, elle dénonce une dérive éthique profonde. Sur les plateformes numériques, les réactions d’écœurement s’accumulent.

Beaucoup de spectateurs accusent la plateforme de transformer des drames historiques et des traumatismes familiaux en vulgaires cartes à collectionner pour ados en quête de sensations fortes.

Plusieurs internautes rappellent que célébrer ces figures à travers un packaging aussi « cool » et esthétisé offre précisément aux tueurs la gloire et la notoriété qu’ils recherchaient, créant un appel d’air dangereux pour de futurs criminels.

La comparaison fait particulièrement mal : les fans regrettent ouvertement l’annulation de chefs-d’œuvre de subtilité comme Mindhunter, sacrifiés sur l’autel de cette exploitation voyeuriste et industrielle des faits divers.

Le cynisme absolu du modèle Ryan Murphy

Pour beaucoup, ce bad buzz sur mesure révèle surtout la mécanique bien huilée du mastodonte au N rouge. Pour eux, Netflix ne vise aucune analyse sociologique ou psychologique fine et cherche surtout à nourrir l’algorithme par le scandale. En érigeant la violence morbide en objet de mode pop-culturel, la plateforme sait pertinemment qu’elle va provoquer la colère, donc le clic, et donc l’audience.

En choisissant de fictionnaliser des affaires macabres avec l’enrobage visuel d’un blockbuster, Netflix montre qu’aucun drame humain n’échappe à sa logique de divertissement de masse.

Comparatif svod // Source : Montage Numerama

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