La première fois que j’ai touché à Vampire Survivors, c’était autant par curiosité que par une certaine fascination pour cet OVNI vidéoludique qui parvenait à convaincre autant de monde, alors qu’au premier abord… eh bien, ça n’avait pas l’air fou.
Je n’ai pas pour habitude de juger un livre à sa couverture, mais avec ses sprites grossiers, son gameplay très rudimentaire et l’absence totale d’histoire ou d’enjeux narratifs, le jeu du développeur Luca Galante, avec son studio Poncle, avait de quoi laisser dubitatif.
Il ne m’a fallu que quelques heures pour réaliser à quel point j’avais tort, et que Vampire Survivors était bien ce pour quoi il est si prisé : une expérience addictive, jouissive et profondément régressive. Ce n’est pas une suite, mais un spin-off que propose Poncle avec Vampire Crawlers: The Turbo Wildcard from Vampire Survivors, un jeu de deck-building avec des éléments roguelite, véritable kamoulox de l’addiction.
Points forts
- Un jeu de construction de deck solide et complet
- Beaucoup de contenu
- Une superbe ambiance
Points faibles
- Le côté brouillon durant les premières heures
- Un côté aléatoire qui peut agacer
- Un D.A radicale
Vampire, vous avez dit Vampire ?
Au studio Poncle, on n’a peut-être pas de jeux qui exploitent le ray tracing, mais on ne manque pas d’idées. Après le succès de Vampire Survivors, Luca Galante a pioché dans son chapeau à idées et est tombé sur le papier « jeux de cartes ». Ni une ni deux, le développeur s’est empressé de décliner son univers en spin-off, cette fois centré sur la construction de deck, et toujours sans le moindre vampire.

Les niveaux 2D du précédent jeu laissent ici place à une vue en 3D à la première personne, qui rappelle les premiers FPS du jeu vidéo, Doom en tête. Vous reconnaîtrez certains décors de Vampire Survivors, cette fois-ci plus détaillés et nettement plus immersifs.
On pourrait plaisanter sur la résolution volontairement simpliste des différents environnements, mais, en réalité, l’immersion est bien présente. La plupart des donjons sont magnifiques, à leur manière, et suffisamment travaillés pour qu’on s’y sente réellement bien. Une immersion qui passe aussi par les bruitages, pour la plupart repris tels quels de Vampire Survivors. Un habillage sonore fait de slat slat, shliiink, broouuim et autre cling cling, hautement satisfaisant.
Des cartes à ne plus savoir quoi en faire
Le jeu lancé, vous progressez dans les niveaux, case par case, avec la possibilité d’esquiver les combats visibles sur la carte ou, au contraire, de foncer tête baissée dans les ennuis. Une fois un ennemi rencontré, un combat s’enclenche. Devant vous, votre main, constituée de plusieurs cartes, chacune proposant une attaque, une défense ou des effets actifs ou passifs. Leur coût en mana est également indiqué, allant de 0 à 1, 2, 3, etc.

À partir de là, chaque carte jouée offre la possibilité de tenter un combo. Celui-ci se déclenche simplement en enchaînant les cartes selon la valeur croissante des coûts en mana. Lancer une carte de protection coûtant 0, puis une carte d’attaque coûtant 1 point de mana permet d’augmenter l’efficacité de cette dernière, et ainsi de suite.
L’idée est de réussir à placer des cartes jusqu’à la plus haute valeur de mana possible, et dans le bon ordre, si toutefois vous disposez de la ressource nécessaire. Plus le coût en mana augmente, plus les multiplicateurs s’accumulent, récompensant les enchaînements les plus ambitieux.
Globalement, une manche de Vampire Crawlers consiste à construire son deck en temps réel et à planifier ses combos, tout en surveillant leur coût en mana et leur impact maximal. Cartes en main, vous passez la majeure partie du tour à effectuer des calculs minutieux pour tirer le meilleur parti de votre deck.

Et si l’exécution est réussie, oh boy… Le jeu vous récompense par une explosion d’effets et de sons jouissifs, ainsi que par des gains d’expérience, de pièces — utiles pour acheter des améliorations et des personnages —, de bonus et de nouvelles cartes qui tombent littéralement du ciel. C’est follement grisant et terriblement addictif.
De la simplicité du chaos
Le système de deck-building est facile à appréhender, du moins après la première heure de jeu, une première heure qui vous plonge dans l’eau froide sans mouillage de nuque. Heureusement, tout devient plus limpide après un run complet, et, malgré l’accumulation de cartes et de nouveaux bonus, tout reste lisible et vous ne serez que très rarement perdu. Votre main demeure globalement gérable, à condition de bien connaître le rôle de chaque carte.

Le système de pictogrammes est clair et limpide, et il est aisé de reconnaître en un coup d’œil quelles cartes disposent de quels bonus, et quel est le meilleur moment pour les utiliser. Tout comme Vampire Survivors avant lui, Vampire Crawlers vous laisse devenir un dieu destructeur et indestructible grâce aux bonnes combinaisons de cartes. Votre goût du risque et de la curiosité est récompensé, et chaque partie, même si elle se conclut inévitablement par un échec, devient un terrain d’expérimentation.
En fonction du personnage choisi, des bonus sélectionnés dans le hub central ou des combinaisons cartes/bonus, chaque run est différent, et c’est là que le terme rogue-lite prend tout son sens. Des défaites, vous en aurez, surtout que la Faucheuse finit toujours par pointer le bout de son nez pour imprimer les mots Game Over sur votre rétine. Mais jamais la frustration ne prend le pas sur l’envie d’expérimenter davantage. Et ainsi, le besoin, presque physique, d’y retourner se fait de plus en plus fort.
Et lorsque tout se passe bien, vous pourrez goûter au plaisir de déchaîner toute votre main d’un coup sur un boss récalcitrant, en hurlant un « Alleeeeeeeez ! » aussi guttural que primitif.

On pourrait reprocher à Vampire Crawlers son hub central un peu déroutant, une interface parfois peu engageante, ou encore une certaine répétitivité dans sa structure. Mais la folie de sa boucle de gameplay, aussi maîtrisée que chaotique, et son aspect volontairement foutraque finissent par l’emporter.
Vampire Crawlers n’est pas qu’un jeu régressif terriblement fun, c’est aussi une addiction, comme pouvait l’être Vampire Survivors. Entre le jeu de construction de cartes et le trip sensoriel, le titre de Poncle est une redécouverte totale de la mécanique de combo, avec une infinité de possibilités. Vampire Crawlers, c’est comme un shoot de caféine avec le palpitant qui s’emballe, mais sans les tremblements. Que du bonheur.
Le verdict

Vampire Crawlers: The Turbo Wildcard from Vampire Survivors
Voir la ficheOn a aimé
- Un jeu de construction de deck solide et complet
- Beaucoup de contenu
- Une superbe ambiance
On a moins aimé
- Le côté brouillon durant les premières heures
- Un côté aléatoire qui peut agacer
- Un D.A radicale
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