C’est quoi, le jeu de société Les Druides d’Edora ?
Cette semaine, on vous présente un gros jeu de stratégie, un eurogame (héritier des jeux allemands des années 80-90) dont les règles, prises séparément, ne sont finalement pas si compliquées. Mais combinées, elles mettent à l’épreuve votre sens de la planification et de l’anticipation. Avec, en prime, une véritable salade de points de victoire en fin de partie, marque de fabrique de son auteur.
Les Druides d’Edora est un jeu de Stefan Feld, édité par Alea et illustré par Fred Gissubel.
🎲 Pour combien de joueurs ? De 2 à 4.
🧑🧑🧒🧒 À partir de quel âge ? Dès 14 ans.
⏳ Durée des parties ? Entre 60 et 90 minutes selon le nombre de joueurs.
Comment y joue-t-on ?
Étant donné la richesse et la complexité des règles des Druides d’Edora, il est impossible de toutes les détailler ici. Nous pouvons seulement vous offrir un aperçu des mécaniques principales.
Le grand plateau central représente la forêt que vos druides vont explorer. Elle est découpée en petites clairières, des sanctuaires, reliées entre elles par des chemins.

Au début de la partie, chaque joueur lance 13 dés à sa couleur, mais en garde seulement quatre dans sa réserve. On pourrait croire à un jeu de hasard, mais, en réalité, les faces des dés changent très peu pendant la partie.
À son tour, un joueur commence par déplacer son druide d’un sanctuaire à un autre en suivant les chemins qui les relient. Chaque déplacement coûte une ration de nourriture. Le joueur place ensuite un dé de sa réserve dans le sanctuaire d’arrivée pour réaliser l’action indiquée, en dépensant à nouveau des rations équivalentes à la valeur du dé.

Les actions sont nombreuses et variées : ajouter un dé à sa réserve, récupérer des rations de nourriture, récolter des herbes médicinales qui octroient des pouvoirs, couper du gui pour préparer des potions donnant des actions bonus, collecter des tablettes pour des points de victoire en fin de partie, avancer son marqueur de connaissance, ériger des menhirs et des stèles, compléter son amulette avec des gemmes… vous voyez l’idée.
Le choix du sanctuaire ne dépend pas seulement du trajet ou de l’action proposée : le premier joueur qui réussit à placer un dé sur chaque sanctuaire entourant un foyer peut y allumer un feu et bénéficier des bonus qui s’y trouvent. De même, placer un dé sur chaque sanctuaire reliant deux dolmens de même couleur, répartis tout autour du plateau, permet de remporter des points de victoire selon la distance qui les sépare.

Les tours se succèdent ainsi : déplacer son druide, placer un dé, effectuer l’action, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’un joueur ait placé son treizième et dernier dé. On passe alors au décompte final.
En plus des points accumulés pendant la partie, on en gagne en ayant récolté suffisamment d’herbes médicinales, si les conditions sont remplies sur les tablettes, selon les gemmes placées dans son amulette, et surtout selon la valeur et l’emplacement des dés dans les sanctuaires. En effet, le dé de plus forte valeur dans chaque sanctuaire rapporte des points à son propriétaire, en les multipliant par un facteur qui dépend des connaissances acquises.
Et, évidemment, le joueur avec le score le plus élevé remporte la partie.
Pourquoi jouer aux Druides d’Edora ?
Le terme qui vient immédiatement à l’esprit pour décrire Les Druides d’Edora ? « Salade de points » : un jeu où l’on marque des points de multiples manières, toutes différentes, sans objectif unique et clair. Quelques points ici et là pendant la partie, d’autres à la fin, certains dépendant de plusieurs facteurs à la fois.
L’auteur est reconnu depuis longtemps comme un maître de la discipline, avec une production prolifique. Si vous appréciez ses précédentes créations ou le genre des eurogames, Les Druides d’Edora vous séduira immédiatement. En revanche, si vous cherchez un jeu familial et sans prise de tête, passez votre chemin. On le déconseille aussi aux débutants, la richesse des mécaniques pouvant intimider.
Comme souvent avec ce type de jeu, le thème n’est qu’un prétexte, même si ici les mécaniques restent finalement assez cohérentes avec l’univers. Le matériel est de belle facture, avec notamment des pions en Re-Wood, un matériau entièrement biodégradable composé essentiellement de déchets de bois, offrant un toucher proche du bois et une finesse de gravure proche du plastique. On regrette cependant un plateau parfois un peu chargé et peu lisible, avec des icônes trop petites, et le fait que les effets des différentes actions et bonus soient dispersés sur deux fascicules de règles, rendant leur consultation en cours de partie pénible.
Comme expliqué en introduction, les actions prises individuellement ne sont pas difficiles à comprendre. Mais mises bout à bout, elles forment un véritable arbre de possibilités aux ramifications quasi infinies. Aucune partie ne ressemble à la précédente. Dès la mise en place, avec le placement aléatoire des éléments, chaque partie commence différemment.
Le hasard a très peu de place, et il faut faire preuve de stratégie, d’anticipation, de planification et d’opportunisme pour espérer l’emporter. On a naturellement envie de tout faire et d’exceller dans chaque domaine, mais c’est impossible : il faut faire des choix. Et impossible de se lancer dans une stratégie figée à l’avance, les placements des adversaires influençant constamment vos décisions. Même si l’interaction n’est pas directe, elle est forte, car Les Druides d’Edora est aussi une course, où chaque joueur tente de sécuriser les meilleurs emplacements avant les autres.

Oui, le jeu est dense, long et intense, mais il est surtout très plaisant si vous êtes le public visé. On peut toutefois se demander si certaines options n’auraient pas pu être mises de côté pour une éventuelle future extension. Enlever quelques éléments n’aurait sans doute pas dénaturé le jeu, tout en le rendant un peu plus léger. Même si nos parties ont été très agréables, certains aspects paraissent légèrement too much.
Pour les amateurs du genre, foncez : c’est malin, fluide et complet (peut-être un peu trop), et la courbe d’apprentissage est réelle. On apprend vraiment de ses erreurs et on a très envie de refaire des parties pour tester de nouvelles stratégies.
Vous aimerez Les Druides d’Edora si vous aimez…
- Les jeux à l’allemande (les eurogames)
- Les jeux de type « salade de points »
- Les Châteaux de Bourgogne (le chef-d’œuvre de l’auteur)
- Les précédents jeux de la gamme Aléa
En bref

Les Druides d’Edora
Voir la ficheOn a aimé
- Les nombreuses possibilités
- Une interaction forte, mais indirecte
- La potentielle montée en puissance au fur et à mesure de la partie
- Le renouvellement des parties
- Un chouette matériel…
On a moins aimé
- … sauf le plateau et les livrets de règles
- Un peu too much quand même
- Le manque d’interaction à deux joueurs
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