La NSA annonce avoir fait le ménage sur des métadonnées téléphoniques accumulées depuis 2015 et qu'elle n'était pas censée avoir. L'agence affirme avoir ajusté la collecte pour qu'elle se trouve dans les clous de la loi.

La NSA ne fait pas qu’amasser des données informatiques et téléphoniques à ne plus savoir qu’en faire. Il lui arrive aussi d’en supprimer, lorsque celles-ci ne lui sont plus d’aucune utilité ou parce qu’elle s’est rendu compte qu’elle ne devait pas les détenir. Improbable ? C’est pourtant l’explication que la puissante agence de renseignement a donnée pour justifier sa récente décision.

Dans un communiqué fort inhabituel publié le jeudi 28 juin, l’Agence nationale de la sécurité a en effet annoncé avoir procédé à la suppression d’un nombre indéterminé de statistiques sur les appels téléphoniques qui avaient été collectées depuis 2015 sous le chapitre V de la loi FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act), une loi votée en 1978 et amenée en 2001 (Patriot Act) et en 2008 (FISAA).

Ce texte concerne « les procédures des surveillances physique et électronique, ainsi que la collecte d’information sur des puissances étrangères soit directement, soit par l’échange d’informations avec d’autres puissances étrangères ». Le chapitre V en question évoque « l’accès à certains enregistrements commerciaux à des fins de renseignement étranger ».

CC Fort George G. Meade Crédits : Public Affairs Office

Transferts irréguliers

La raison de cette suppression ?

Il y a plusieurs mois de cela, des analystes de l’agence ont relevé des irrégularités techniques dans certaines informations concernant des Américains envoyées par les fournisseurs de services de télécommunications. Or, parmi les statistiques, certaines n’auraient pas dû être transmises à la NSA. L’agence, observant qu’il était impossible d’identifier et d’isoler les données litigieuses, a donc préféré tout effacer.

La NSA précise que ces informations ne concernent que des métadonnées, par le contenu des appels eux-mêmes. En clair, quel est le numéro qui appelle, qui est contacté, à quelle date et quelle heure, combien de temps, par quel moyen (fixe, mobile…), depuis quel endroit, et ainsi de suite. Des informations qui peuvent s’avérer bien bavardes si elles sont mises bout à bout avec d’autres renseignements.

Des millions de métadonnées concernées

D’après le New York Times, cette collecte était massive puisque chaque année, en vertu de la loi américaine Freedom Act, votée pour permettre de prolonger des dispositions de la loi Patriot Act, y compris l’accumulation de métadonnées sur les appels téléphoniques de la population américaine, ce sont des millions de statistiques qui ont été acquises et transférées chaque année à la NSA

La NSA assure avoir suivi les procédures classiques dans ce cas de figure et une ribambelle d’autorités aux États-Unis a été alertée de l’incident. Des mesures correctrices ont été également été prises. Enfin, la NSA affirme avoir résolu le problème de l’acquisition des statistiques d’appel, de façon à pouvoir reprendre la réception des informations que lui transmettent les opérateurs.

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