Le Conseil national du numérique, qui devait se relancer en cette fin d'année, vient de s'autodétruire. Après le départ de sa présidente, vingt-huit membres ont démissionné par solidarité. L'instance consultative n'est aujourd'hui composée plus qu'un membre.

La crise au Conseil national du numérique s’étend. Après le départ de Marie Ekeland, qui a démissionné de son poste de présidente parce qu’elle juge impossible de mener à bien sa mission après la controverse politique sur l’arrivée de deux personnalités controversées au sein de l’instance consultative, la quasi-totalité de ses collègues a choisi de partir en signe de solidarité.

« Nous avons rejoint le Conseil en tant que membres bénévoles à la demande de Marie Ekeland et par intérêt pour son projet novateur : ‘penser demain’ en réunissant des voix plurielles et fortes et en misant sur l’intelligence du débat », rappellent les démissionnaires. Mais les conditions d’un travail efficace n’étant plus réunies à leurs yeux, se maintenir dans l’institution n’a plus d’intérêt.

Outre les deux personnalités qui ont mécontenté le gouvernement, à savoir Rokhaya Diallo et Hicham Kochman, vingt-quatre départs sont recensés :

Godefroy Beauvallet, Amandine Brugière, Éric Carreel, Pascal Daloz, Frédérick Douzet, Dominique Dron, Xavier Duportet, Gaël Duval, Clémentine Gallet, Pierre-Yves Geoffard, Nadège Guiraud, Laurence Fontaine, Perrine Hervé-Gruyer, Rand Hindi, Aymeril Hoang, Françoise Mercadal-Delasalles, Jean-Marc Merriaux, Antoine Petit, Margault Phelip, Michèle Sebag, François Taddei, Claude Terosier, Benoit Thieulin, Nguyen Tran, Flore Vasseur et Célia Zolynski.

Un membre reste

Néanmoins, il apparaît qu’un membre n’a pas souhaité s’associer à cette démission collective : Jean-Philippe Delbonnel (entrepreneur) ne figure pas dans le message et reste pour l’heure au Conseil national du numérique.

L’affaire est un échec, à la fois pour le Conseil national du numérique, qui n’a pas pu entamer ses travaux et montré les limites de sa liberté d’action, et pour le gouvernement, qui voulait relancer une instance consultative laissée quelque peu à l’abandon et qui a au contraire rappelé l’emprise qu’il a sur une structure censée produire des avis et des recommandations de manière « indépendante ».

(mise à jour avec le départ de trois autres personnes depuis la publication de cet article)

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