Les sites pornographiques sont dans le collimateur des autorités britanniques. Outre le projet de filtrage au niveau des FAI, qui doit entrer en vigueur l'an prochain, le gouvernement veut également taper au niveau du porte-monnaie. L'exécutif compte en particulier impliquer les intermédiaires financiers, afin de mieux contrôler l'âge des internautes se rendant sur ces espaces.

Au Royaume-Uni, le gouvernement fait feu de tout bois contre les sites pornographiques. L'exécutif veut en particulier pousser les fournisseurs d'accès à Internet à s'engager résolument dans une politique de nettoyage du web. Ainsi, il est question d'un filtrage par défaut au niveau des opérateurs. Celui-ci devrait voir le jour l'an prochain et pourrait ensuite être étendu à d'autres contenus.

Mais les services de David Cameron n'ont pas que la carte du filtrage dans leur jeu. D'après le Guardian, ils ont un autre atout à abattre. Les autorités britanniques comptent en effet taper directement au niveau du porte-monnaie des sites pornographiques, en sanctionnant financièrement ceux dont les contenus sont trop facilement accessibles aux mineurs.

A priori, la mesure vise les sites qui n'affichent qu'une simple mise en garde indiquant à l'internaute qu'il s'apprête à accéder à des contenus pour adultes. Cet avertissement demande ensuite à l'usager de certifier qu'il est effectivement majeur en cliquant sur un bouton de validation. Sinon, il doit presser l'autre pour retourner sur un moteur de recherche quelconque.

Évidemment, cette vérification ne constitue pas un filtre crédible. Personne ne peut croire qu'elle va réellement dissuader l'adolescent d'aller voir ailleurs. D'où l'idée d'impliquer les intermédiaires financiers, afin de contrôler l'âge de l'internaute via sa carte bancaire. Aux yeux du gouvernement, il sera plus facile de vérifier la majorité de l'internaute en impliquant son établissement financier.

Si les sites pornographiques rechignent à coopérer, l'exécutif prévient : il poussera les intermédiaires financiers à assécher leurs finances. En fin de compte, il s'agit d'appliquer une tactique assez similaire de celle qui est envisagée pour les sites accusés d'infraction au droit d'auteur. Et le monde de la finance a tout intérêt à coopérer, car sinon les autorités n'hésiteront pas à passer par la voie législative.

À supposer que les banques et les établissements qui éditent des cartes bancaires se rallient au plan du gouvernement, il reste à mettre en place un tel dispositif. Or, nombreux sont les sites pornographiques à avoir bâti leur succès sur le libre-accès. Vont-ils renverser leur modèle d'affaires et passer au tout payant, au moins pour les adresses IP provenant du Royaume-Uni ? Cela reste à voir.

Comme toujours, l'intention est louable sur le papier. En principe, tout le monde désire protéger les mineurs en les tenant à distance des sites pornographiques. Comment, en effet, rejeter un tel projet sans être immédiatement taxé d'irresponsable ? Sur le plan politique, il est difficile de s'opposer à ce programme d'autant que les arguments avancés touchent naturellement l'opinion publique.

Mais le plan du gouvernement reste à mettre en pratique et son efficacité n'est pas encore démontrée. D'abord, à quoi bon imposer cette mesure aux sites pornographiques alors qu'un projet de filtrage au niveau des FAI est d'ores et déjà prévu ? Ensuite, rien n'indique que toutes ces plateformes vont modifier leur stratégie commerciale. Le web s'accommode mal en effet des frontières politiques.

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