Les faits, rapportés par Le Parisien, remontent à l’automne 2024 et concernent un ancien chef de projet de la DGSE.
Après six années passées au sein des services de renseignement français, l’homme de 35 ans aurait été recruté par une jeune entreprise franco-allemande implantée outre-Rhin.
Mais avant son départ, il aurait extrait des dizaines de milliers de fichiers internes, représentant un volume de plus de 16 Go de données sensibles. L’intéressé comparaît ce 15 janvier 2026 devant la justice pour « livraison d’information secret défense à une puissance étrangère ».

Un départ en catimini vers l’Allemagne
Concrètement, l’accusé aurait procédé à ce téléchargement massif, alors qu’il s’apprêtait à quitter son service.


Cet expert en télécommunications supervisait alors un projet sensible : un marché public de défense mené avec un industriel français, portant sur des équipements critiques pour des opérations de collecte de renseignement par interception de flux.
Il aurait, selon les informations rapportés par les agents de police, transféré les fichiers sur une clé USB sécurisée d’abord, puis vers son ordinateur personnel et une clé standard non protégée.
En janvier 2025, le trentenaire aurait loué un logement en Allemagne et s’y serait installé sans prévenir sa hiérarchie.
Deux mois plus tard, en mars, il officialisera sa démission pour intégrer une start-up franco-allemande spécialisée dans les futurs véhicules de ravitaillement pour stations spatiales privées.
Le procès devra statuer sur l’importance des données extraites
L’enquête révèle que les fichiers emportés ne se limitent pas à ses propres travaux. Certains documents concernent des domaines sur lesquels il n’intervenait pas directement, mais qui pourraient présenter un intérêt stratégique pour son nouvel employeur dans le spatial.
Interpellé et placé en garde à vue en janvier 2025, l’ingénieur a admis les faits. Mais selon lui, l’essentiel des fichiers copiés ne relèverait pas du secret défense. Une version qui contraste avec l’accusation de « livraison d’informations classifiées défense à une puissance étrangère ».
Au-delà du cas individuel, cette affaire interroge une nouvelle fois les dispositifs de sécurité au sein des institutions les plus sensibles de l’État. Elle survient alors que le ministère de l’Intérieur est encore empêtré dans un scandale lié aux accès frauduleux à ses systèmes informatiques internes.
Par ailleurs, le même jour, une autre audience est prévue au tribunal de Paris. Cette fois, c’est un ancien agent de la DGSI qui comparaît pour « soustraction et reproduction du secret défense ». Il aurait copié environ 2 300 documents issus du réseau informatique interne sur une clé USB non sécurisée.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !












