C’est une affaire hautement stratégique et géopolitique.
Pete Lau, PDG et cofondateur du fabricant chinois de smartphones OnePlus, fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par Taïwan. La justice taïwanaise le soupçonne d’avoir mis en place, depuis des années, un vaste système clandestin de recrutement d’ingénieurs taïwanais au profit de OnePlus.
Pour le parquet du district de Shilin, qui a délivré le mandat en novembre dernier mais dont l’existence n’a été rendue publique que le 13 janvier 2025, le dossier dépasse largement la simple « chasse aux talents » un peu agressive.
Les autorités estiment qu’il s’agit d’une violation directe de la loi encadrant les relations entre Taïwan et la Chine continentale, dans un secteur ultrastatégique où l’île cherche à protéger ses technologies et ses ingénieurs face aux appétits de Beijing.

Une méthode de contournement déjà documentée
Concrètement, les enquêteurs accusent Pete Lau et son entourage d’avoir débauché plus de 70 ingénieurs taïwanais en contournant le cadre légal imposé aux entreprises chinoises, qui n’ont pas le droit d’implanter des activités ni d’embaucher sur l’île sans autorisation officielle.
Pour y parvenir, OnePlus aurait eu recours à des sociétés écrans et à des structures intermédiaires basées à l’étranger, afin de masquer le véritable bénéficiaire de ces recrutements et d’échapper au contrôle direct des autorités taïwanaises.
Deux citoyens taïwanais ont par ailleurs été inculpés aux côtés de Pete Lau, soupçonnés d’avoir servi de relais dans ces opérations de chasse de têtes illégales.
Ces schémas de contournement ne sont pas nouveaux : certaines affaires avaient déjà fait les gros titres, notamment celle de SMIC, géant chinois des puces, accusé d’avoir utilisé une filiale déguisée en entité enregistrée aux Samoa pour recruter discrètement des ingénieurs taïwanais.
Les conséquences d’une course technologique
Ce mandat d’arrêt est le fruit de tensions à la fois politiques et technologiques. Taïwan dispose de certains des meilleurs ingénieurs et technologies au monde, tandis que la Chine cherche à combler au plus vite son retard dans plusieurs secteurs particulièrement sensibles.
En août 2025, les autorités taïwanaises avaient déjà annoncé enquêter sur 16 entreprises chinoises soupçonnées de débaucher des talents dans les semi-conducteurs et d’autres technologies de pointe.
OnePlus, dont le siège est situé à Shenzhen et qui est étroitement intégré à Oppo depuis 2021, fait partie de ces acteurs particulièrement surveillés par Taipei.
Reste à savoir si ce mandat d’arrêt aura une incidence réelle sur le dirigeant ou sur l’organisation interne de OnePlus. De son côté, l’entreprise a assuré que « les activités se poursuivent normalement »
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