Apple a fait appel au savoir-faire d'un universitaire pour diriger ses travaux dans le secteur de l'intelligence artificielle. Plus discrète que ses rivales, la firme de Cupertino est en train de consolider ses positions dans ce domaine.

Cet automne, plusieurs grandes entreprises américaines ont annoncé le lancement d’un organisme baptisé « Partnership On AI » afin de répondre aux problématiques éthiques soulevées par l’intelligence artificielle. Google, Microsoft, Facebook, IBM et Amazon sont membres de ce lobby mais pas Apple. La firme de Cupertino n’a-t-elle donc aucun intérêt pour ce nouveau terrain de jeu ?

Pas du tout. La compagnie dirigée par Tim Cook est aussi lancée dans la course à l’IA mais avec une bien moindre exposition médiatique, pour ne pas dire une quasi-absence. Tandis que ses concurrentes communiquent souvent sur le sujet, la société spécialisée dans l’électronique grand public adopte une posture pleine de discrétion, laissant un flou sur ses projets et ses ambitions.

Pourtant, le groupe américain consolide ses forces dans ce domaine. Cette semaine, nous avons par exemple appris que Ruslan Salakhutdinov, professeur associé en apprentissage automatique à l’université Carnegie-Mellon, a été recruté par l’entreprise pour diriger ses programmes d’intelligence artificielle. Il ne délaisse pas pour autant son précédent poste, qu’il continuera à occuper.

En matière d’intelligence, Carnegie-Mellon est un vivier dans lequel la Silicon Valley puise allègrement. De Google à Toyota, en passant par Uber, plusieurs sociétés ont tissé des liens voire des partenariats avec la faculté afin de profiter de son savoir-faire, notamment dans le domaine de l’apprentissage profond et des réseaux de neurones artificiels, qui sont les tendances du moment en matière d’intelligence artificielle.

intelligence-artificielle

Mais Ruslan Salakhutdinov a aussi une expérience à partager avec Apple dans un domaine encore très complexe, l’apprentissage non-supervisé. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une approche pour laquelle le système est en mesure d’apprendre sans l’assistance d’un humain, contrairement à toutes les autres méthodes actuellement employées qui, à un moment ou à un autre, requièrent une aide.

Comme l’expliquait Yann LeCun, responsable des projets d’intelligence artificielle chez Facebook, « la majeure partie de l’apprentissage effectué par les humains et les animaux n’est pas supervisée. Si l’intelligence était un gâteau, l’apprentissage non supervisé serait le gâteau, l’apprentissage supervisé serait le glaçage et l’apprentissage par renforcement serait la cerise sur le gâteau  ».

« Nous savons comment faire le glaçage et la cerise, mais nous ne savons pas comment faire le gâteau ».

Pour Apple, 2016 est une année de consolidation dans ce domaine. Outre l’embauche de Ruslan Salakhutdinov, l’entreprise a dépensé 200 millions de dollars pour prendre le contrôle de Turi. Il s’agit d’une startup spécialisée dans l’apprentissage automatique. Elle a aussi procédé en tout début d’année à l’achat d’Emotient, une startup dédiée à la détection et l’interprétation des émotions par IA.

À lire sur Numerama : Sur le chemin de l’intelligence artificielle, Apple veut connaître vos émotions

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés