Si, aujourd'hui, la région Île-de-France rassemble plus de 50 % des acteurs économiques du jeu vidéo, les autres régions ne sont pas pour autant en reste. Focus sur les activités de la région Ouest.

Les chiffres du baromètre annuel du SNJV parlent d’eux-mêmes. Le syndicat dénombre en effet plus de 360 acteurs économiques du jeu vidéo, uniquement en région Île-de-France, ce qui représente plus de 50 % des entreprises françaises du secteur. L’autre moitié est éparpillée dans le reste du territoire, avec notamment les régions Occitanie et Auvergne Rhône-Alpes dans le peloton de tête.

Viennent ensuite 3 autres régions : les Hauts-de-France, le Pays de la Loire et la Nouvelle Aquitaine. Le Grand Est, la Bretagne et la région PACA suivent le pas et commencent petit à petit à se développer, laissant sur le carreau les régions Normandie, Centre et Bourgogne Franche-Comté, ainsi que les DOM-TOM.

Mais fait-il seulement bon vivre en région parisienne quand on est développeur ? Il semblet que, malgré leur chiffres réduits par rapport à la capitale, le développement des autres régions soit au beau fixe depuis quelques années et en progression constante. Les entreprises, studios et acteurs unissent en effet leurs forces à l’aide de clusters régionaux. Sous la forme d’association, ces clusters permettent en effet de dynamiser les échanges et de créer des actions collectives pour accélérer la croissance et favoriser les innovations sur le marché.

Atlangames réunit les acteurs de l’Ouest

À l’occasion de la Nantes Game Expérience, événement organisé par Atlangames durant la Nantes Digital Week, nous avons rencontré Eddy Celestine, business manager de son état et membre permanent de l’association.

D’abord engagés en 2013 pour développer les activités du secteur jeux vidéo en Seine et Loire, Eddy Célestine et sa collègue et chef de projets, Elsa Charrier, se sont ouverts à tout l’Ouest. Accueillant aujourd’hui entre 50 et 60 adhérents, leur mission est de développer la filière en s’intéressant aux nombreuses branches qui la composent comme la production de serious games, la question de la gamification et du divertissement, la relation entre écoles et entreprises, sans oublier les événements grand public comme la Nantes Game Expérience de ce mois de septembre.

Atlangames et la ville de Nantes ont en effet ouvert les portes de la Cité des Congrès le temps d’un week-end pour faire découvrir à près de 8 000 visiteurs les innovations dans le monde du jeu vidéo, des tournois, des conférences ainsi que du rétrogaming, sans oublier la mise en avant des créateurs locaux, bien souvent des structures de petites tailles et fraîchement arrivées sur le marché.

Aider les studios à se structurer

« Notre principale mission est d’aider les studios à se structurer, explique Eddy Celestine, leur éviter de commettre des erreurs, notamment dans le marketing et la communication qui sont des pans du business que peu de développeurs maîtrisent. »

Au-delà de son aspect créatif et artistique, le jeu vidéo reste en effet un business, où les entreprises doivent générer des bénéfices. « Il faut parvenir à faire comprendre aux studios que le jeu qu’il crée doit avoir une certaine visibilité et se vendre, qu’il faut communiquer et parler aux gens, ajoute le business manager, l’organisation de ce genre d’événement local permet aux développeurs de rencontrer des personnes, faire tester leur jeu et le faire connaître auprès du public. »

Atlangames aide également les studios à compléter leur dossier en vue d’une aide du CNC et surtout à nourrir un réseau certes géographiquement restreint mais diablement dynamique entre toutes ces structures. L’association souhaite faire comprendre aux développeurs qu’ils ne sont pas seuls, mais surtout qu’ils traversent tous les mêmes difficultés. Favoriser un réseau est donc pour Atlangames le moyen de favoriser l’évolution des studios en partageant leur expérience.

Des studios encore précaires

Si, aujourd’hui, la situation tend à évoluer positivement pour le travail des développeurs, certains studios peinent souvent à sortir la tête de l’eau. Pour Eddy Célestine, les structures doivent prendre l’habitude de remplir des commandes pour mieux financer leur entreprise et terminer le projet qui leur tient à coeur.

« Faire des prestations n’est pas déshonorant, insiste Eddy Célestine, quand on est une entreprise, il faut comprendre que l’on doit faire des rentrées d’argent toute l’année pour maintenir la barque à flot et payer ses employés. La plupart des acteurs du jeu vidéo sont capables de trouver des solutions. Faire de la prestatation permet d’assurer les salaires de tout le monde et de faire des projets de jeu quand ils veulent. »

Faire des prestations n’est pas déshonorant

Le marché de l’emploi dans le secteur du jeu vidéo connaît lui aussi une intéressante dynamique. L’industrie fait face à une très grande demande d’emploi dans le secteur avec un nombre grandissant d’étudiants diplômés des écoles spécialisées. Eddy Célestine assure qu’une partie des stages et des contrats d’alternance finit en embauche. « Souvent, les studios choisissent méticuleusement leurs stagiaires en fonction de leur compétences et des aptitudes dont ils ont besoin. Si bien qu’une fois qu’ils ont trouvé ce qu’ils recherchaient, il arrive que la personne soit intégrée dans l’équipe à plus long terme une fois son stage terminé. »

Aujourd’hui, Atlangames est le 3ème cluster français à réunir autant d’adhérents et d’acteurs économiques en son sein, en regroupant à la fois la région du Pays de la Loire et la Bretagne.

Elle continue sa mission à l’échelle nationale et internationale en créant des délégations pour représenter le savoir-faire de l’Ouest dans les plus grands événements.

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