Déjà disponible dans de nombreux pays, Pokémon Go n'est pas encore déployé partout. Dans certains pays, il risque même de ne jamais sortir du tout, du fait de raisons politiques, religieuses ou sécuritaires.

Pokémon Go continue de se déverser sur toute la planète. Rien que ce week-end, le jeu en réalité augmentée est officiellement sorti dans quinze nouveaux pays, tous situés en Asie du Sud et en Océanie, comme Brunei ou le Laos. Mais des pays beaucoup plus peuplés, et qui représentent donc un marché potentiel bien plus séduisant pour l’application de Niantic, n’en bénéficient pas encore.

Le développeur a, certes, opté pour un déploiement progressif pour que se serveurs ne se retrouvent pas (trop) submergés par l’afflux des joueurs, mais, dans certains États, son jeu est confronté à l’hostilité des autorités ou à des problématiques sécuritaires. C’est le cas de la Chine, de la Corée du Sud, de l’Iran et de l’Arabie saoudite.

En Chine, une législation trop stricte

Nul doute que le pays le plus peuplé du monde intéresse grandement Niantic. Hélas, comme l’explique à Forbes son PDG, John Hanke, l’entreprise doit faire face à une législation locale stricte qui impose diverses restrictions. « Techniquement, c’est possible, mais il est difficile d’introduire le jeu en raison de nombreuses barrières, des réglementations que nous devons respecter pour atteindre les utilisateurs », explique-t-il.

Lesdites barrières sont de taille puisque Pokémon Go nécessite l’utilisation d’un compte Google. Or, les services du géant américain ne sont pas autorisés dans l’Empire du Milieu. Les Chinois ne verront donc probablement pas le jeu de Niantic. Cette situation n’est pas pour déplaire à des développeurs locaux, qui ont cloné l’application, à l’image de City Spirits Go.

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Pas de carte en Corée du Sud

Techniquement, la Corée du Sud est toujours en guerre avec son voisin du Nord depuis 1950. Aucun traité de paix n’a en effet été signé entre les deux pays et des escarmouches peuvent parfois survenir entre les deux armées. Dans ce contexte militaire tendu et à la demande de Séoul, les cartes de Google Maps ne marchent pas correctement pour éviter de livrer la moindre information à l’ennemi. Or, Pokémon Go fonctionne grâce à ce service et ne peut donc pas sortir en Corée du Sud.

Néanmoins, les Sud-Coréens ont trouvé un moyen pour pouvoir attraper quand même les Pokémon avec leur smartphone. Pour cela, ils doivent se déplacer jusqu’à Sokcho, une ville située dans le Nord du pays, près de la frontière. Pour une raison assez obscure, celle-ci a été répertoriée dans une zone autorisée.

D’après Associated Press, la ville a ainsi vu des milliers de personnes affluer pour jouer à Pokémon Go et ses réservations de chambres d »hôtel multipliées par quatre. Une aubaine pour la mairie de Sokcho qui a augmenté le nombre d’accès WiFi en libre accès et les stations de recharge pour smartphone. Le gouvernement doit se décider prochainement s’il autorise ou non l’utilisation des cartes Google Maps.

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La paranoïa iranienne

La géolocalisation fait peur au gouvernement iranien et c’est pour cette raison que Pokémon Go a été interdit dans le pays par le Haut conseil du cyberespace. Niantic étant une entreprise américaine, les autorités craignent qu’elle puisse servir d’outil d’espionnage au profit de Washington. « Parce que ce jeu mélange le monde virtuel et le monde réel, il peut poser beaucoup de problèmes au pays et aux gens en termes de sécurité », explique le procureur général adjoint, Abdolsamad Khoram-Abadi à l’agence Tasnim.

L’application « pourrait devenir un moyen pour diriger des missiles guidés et même causer des problèmes aux ambulances et aux pompiers », ajoute un analyste politique. Difficile de prendre cet argument au sérieux. En cas d’escalade des tensions entre les deux pays, les États-Unis disposent très certainement d’autres moyens d’espionnage plus puissants. En outre, plusieurs Iraniens contournent l’interdiction grâce à des VPN.

L’Arabie saoudite contre le blasphème

Au début des années 2000, l’Arabie Saoudite avait très mal perçu le succès grandissant des cartes Pokémon considérée comme un moyen d’inciter aux paris qui sont interdits par la religion musulmane. Le pays avait donc édicté une fatwa les interdisant. Celle-ci a été renouvelée lors de la sortie de Pokémon Go.

Les autorités reprochent également à la franchise de favoriser la théorie darwiniste qui s’oppose au créationnisme. On peut en effet lire dans la fatwa que « les enfants utilisent fréquemment le mot « évolution » à l’intérieur et à l’extérieur du jeu ». Les jeux Pokémon sont également accusés de propager une idéologie polythéiste ainsi que des « images de religions et d’organisations sournoises ».

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