Prise en plein clash avec le couple West-Kardashian, l'artiste Taylor Swift explique qu'elle a une véritable paranoïa face à toutes les technologies qui pourraient permettre de l'écouter, de la voir et de l'enregistrer à son insu.

La célébrité en 2016 présente un paradoxe que Taylor Swift représente bien : malgré les milliers de secondes de sa vie qu’elle partage et diffuse de son propre chef sur les réseaux sociaux, la chanteuse américaine reste profondément terrifiée par son exposition au monde. Ainsi comme le rapporte Vanity Fair, quand elle emménagea dans son nouvel appartement new-yorkais en 2014, elle dépensa 5 millions de dollars pour créer un poste de sécurité dans son nouveau bien à 15 millions de dollars.

Dans la même interview, la chanteuse s’inquiète : « Ne me parlez même pas d’être sur écoute, ce n’est pas une bonne chose pour moi de parler des relations sociales, ça m’angoisse  ». Elle confie que la célébrité l’a rendu clairement paranoïaque sur le contrôle de son image et la surveillance. Un paradoxe pour une célébrité pourtant très connectée.

En réalité, Taylor Swift assume complètement sa paranoïa. Ainsi elle expliquait à Capital FM : « que quelqu’un puisse me filmer ou me mettre sur écoute, c’est une de mes paranoïas  ». Donc quand Kanye West enregistre l’intégralité de leur conversation concernant Famous, et que Kim Kardashian la diffuse sur le web, Taylor Swift est en train de vivre son pire cauchemar. Elle qui est plutôt du genre à mettre un post-it sur sa webcam, se retrouve là piégée par d’autres célébrités.

D’autant que le couple West-Kardashian, lui, vit bien différemment sa surexposition. Kim a connu la célébrité grâce à une sex-tape et une télé-réalité familiale, et West filme sa vie dans ses moindre détails pour la postérité. Autant dire que le couple vit sa célébrité dans une exposition calculée et profitable. On peut même dire que sans cette surexposition, Kim Kardashian n’existerait pas.

Or c’est forcément différent pour la jeune chanteuse, plus connue pour ses ballades country que pour une quelconque sex-tape. En réalité le clash Swift-Kardashian exprime assez bien cette réalité de la post-célébrité qui érige des affrontements entre ceux qui offrent tout de leur vie, et les autres. Taylor Swift, comme de nombreuses célébrités, tente de trouver un impossible équilibre entre l’appétit du monde pour sa vie intime, et sa propre liberté.

En réalité, elle risque d’être encore enregistrée longtemps à son insu. Dans une société où le moindre adolescent expose lui même sa vie, même anonyme, entre YouTube et Snapchat, le fait de devenir célèbre ne peut constituer qu’un pacte faustien où l’intimité est encore plus inexistante qu’hier, quand les paparazzis s’accaparaient déjà la vie privée des stars.

Par ailleurs, Mme. Swift est piégée par son époque et le confie elle même, sa méconnaissance des technologies qui l’entourent l’inquiète pour sa liberté : « Je dois m’arrêter moi même de penser à combien d’aspects de la technologie je ne maîtrise pas. Comme les hauts-parleurs, les hauts parleurs génèrent du son… Donc ils peuvent également en enregistrer ? [en montrant son téléphone] Ils peuvent également allumer ça à mon insu non ? Je dis ça comme ça, nous n’en savons rien  ». En somme, une petite culture technologique ne ferait pas de mal à Taylor Swift, mais on doit bien comprendre qu’elle a des raisons d’être paranoïaque.

Car si aujourd’hui, les célébrités sont les propres producteurs des épisodes de leur vie grâce aux réseaux sociaux — Instagram remplaçant les paparazzis, la demande du public n’a pas changé : priorité aux cadavres dans les placards.

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