Jean-Christophe Cambadélis a prévenu sur Twitter qu'il allait porter plainte après la diffusion d'un faux tweet qui lui était attribué, emprunt d'une insulte islamophobe.

Jean-Christophe Cambadélis a annoncé mardi sur Twitter qu’une plainte était en cours de dépôt, après la diffusion sur Twitter d’un montage qui attribuait faussement au premier secrétaire du Parti socialiste un message insultant pour les Musulmans, transformant l’Aïd el-Fitr en « Aïdel-Foutre ». On ne sait pas très bien si le message se voulait humoristique, mais l’on peut en douter en découvrant la biographie de son auteur (ou en tout cas de l’internaute qui l’a relayé), @20rueducirque2, dont la biographie ne laisse aucune ambiguïté quant à l’islamophobie :

La République c’est comme le poisson, ça pourrit toujours par la tête…#hollandeDégage #dictaturesocialiste #teamRDN #StopIslam Collectionneur de crânes

L’affaire rappelle celle où Alain Juppé s’était pris les pieds dans le tapis le mois dernier, en annonçant qu’il allait porter plainte après la diffusion d’un faux tweet qui le faisait passer pour musulman, comme s’il s’agissait là d’une injure insoutenable. En annonçant porter plainte, le candidat à la primaire des Républicains donnait l’impression d’être du camp de ceux qui avaient réagi avec toute leur islamophobie.

Une plainte justifiée

À cette époque, nous avions rappelé que la loi permettait à un individu de porter plainte pour usurpation d’identité contre ce type de montage, mais uniquement à la condition qu’il soit fait « en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération ». Nous avions de gros doutes que le message religieux publié au nom d’Alain Juppé (« Un très bon Ramadan à tous mes frères et sœurs en islam. Que la paix d’Allah soit sur vous ») entre dans cette catégorie, et le maire de Bordeaux n’avait d’ailleurs pas été au bout de sa démarche judiciaire.

Mais dans le cas de Jean-Christophe Cambadélis, l’ambiguïté est bien moindre. Le message a très clairement vocation à porter atteinte à l’honneur ou à la considération du député de Paris, et même si l’on peut regretter l’effet Streisand que la plainte entraîne, il a très clairement raison de ne pas laisser faire un tel montage.

Il faut rappeler que Twitter accepte la caricature et les comptes parodiques, à la condition sine qua non que l’internaute puisse facilement identifier qu’il s’agit bien d’une parodie, et non d’un compte officiel. Or en l’espèce le montage prétend émaner du compte officiel de M. Cambadélis, sans aucune autre information que le message lui-même pour douter de sa provenance.

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